mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2015079 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ABEL |
Vu la procédure antérieure :
Par un arrêt n° 22PA01342 du 10 janvier 2023, la cour administrative d'appel de Paris a annulé l'ordonnance n° 2015079 du 6 janvier 2022 par laquelle le tribunal administratif de Paris avait rejeté la requête de M. B A et l'a renvoyée devant le même tribunal.
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire ampliatif enregistrés les 18 septembre 2020 et 2 octobre 2020, M. B A, représenté par Me Abel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2020 par lequel le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle et professionnelle, quant à la menace à l'ordre public estimée, et quant aux conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Sorin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien né le 15 mai 1971 à Bamako, est entré en France en 2007 selon ses déclarations. Il a sollicité son admission au séjour dans le cadre des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 10 juillet 2020 notifié le 20 juillet 2020, le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. C, directeur de cabinet à la direction de la police générale de la préfecture de police, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature du préfet de police en vertu d'un arrêté n° 75-2020-06-16-002 du 16 juin 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 312-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors en vigueur : " () L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. () ".
4. En l'espèce, si M. A se prévaut d'une durée de présence en France supérieure à dix ans, il ne l'établit pas par les pièces qu'il produit. En effet, il se borne à produire, au titre des années 2008 à 2013, des documents peu nombreux et à la valeur probante limitée, dont aucun ne permet d'établir une résidence habituelle en France au titre de ces années, à savoir des avis d'impôt sur le revenu ne mentionnant aucun impôt, des factures commerciales, des avis d'échéance de loyer ne portant que sur une partie de l'année, des courriers n'impliquant pas sa présence, ou encore une liste de mouvements sur son compte bancaire faisant état d'opérations pour le seul mois de janvier 2011. Au vu de ces pièces, dont la valeur probante est limitée et dont certaines sont espacées entre elles de plus de six mois, voire près d'un an entre le mois de septembre 2011 et le mois de juin 2012, le requérant ne justifiant pas résider en France habituellement depuis plus de dix ans, le préfet de police n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de statuer sur sa demande de titre de séjour. Le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour doit donc être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits comme sa récente insertion professionnelle n'étant pas de nature à établir que tel n'aurait pas été le cas.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 313-3, dans sa version applicable au litige : " La carte de séjour temporaire ou la carte de séjour pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusée ou retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné le 24 décembre 2002 à six mois d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Paris pour vol à l'aide d'une escalade, à deux mois d'emprisonnement le 6 janvier 2004 par le tribunal correctionnel de Paris pour dégradation ou détérioration grave d'un bien appartenant à autrui et pénétration non autorisée sur le territoire national après interdiction, à quatre mois d'emprisonnement le 27 juillet 2006 par le tribunal correctionnel de Nanterre pour vol à l'aide d'une escalade (récidive de tentative), à deux ans et trois mois d'emprisonnement le 12 décembre 2007 par la chambre des appels correctionnels de Paris pour vol à l'aide d'une escalade (récidive et récidive de tentative), escroquerie (récidive), vol (récidive), recel de bien provenant d'un vol (récidive), soustraction à l'exécution d'une mesure de reconduite à la frontière, détention frauduleuse de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité et évasion par violence, à un an d'emprisonnement le 12 septembre 2008 par le tribunal correctionnel de Meaux pour recel de bien provenant d'un vol, à deux mois d'emprisonnement le 13 novembre 2015 par le tribunal correctionnel de Nanterre et à trois mois d'emprisonnement et 250 euros d'amende pour fourniture d'identité imaginaire et conduite d'un véhicule à moteur malgré injonction de restituer le permis de conduire résultant d'un retrait de la totalité des points. Ces multiples condamnations et signalements sont de nature à caractériser la menace à l'ordre public que constitue la présence du requérant sur le territoire national.
8. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle du requérant et de ce qu'il ne présenterait pas une menace pour l'ordre public doivent être écartés.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
10. Si le requérant soutient que la conformité de la mesure de refus de titre de séjour à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'a pas été examinée par le préfet, il ressort des pièces du dossier que l'article en question est mentionné dans les visas de la décision attaquée et qu'en l'espèce, M. A est célibataire, sans charges de famille, qu'il n'établit pas avoir fixé le centre de ses intérêts personnels en France et qu'il ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales à l'étranger. Par suite, et alors que l'arrêté attaqué ne prévoit pas de mesure d'éloignement, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 10 juillet 2020. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sont rejetées, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 15 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
Mme de Saint-Chamas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le président-rapporteur,
J. SORINL'assesseur le plus ancien,
A. ERRERALa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026