vendredi 13 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2015832 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2020, Mme A C, représentée par Me David, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 12 juin 2020 par laquelle l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'annuler les décisions du 21 août 2020 par lesquelles le préfet de police l'a placée en fuite, a prolongé le délai de transfert de six mois à dix-huit mois et a refusé d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
4°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation prévue par les dispositions de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que le formulaire de demande d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre à l'OFII de lui verser les conditions matérielles d'accueil, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à son bénéfice, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en l'absence d'obtention du bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les décisions par lesquelles le préfet de police l'a placée en fuite et a prolongé le délai de transfert :
- elles lui font grief ;
- elles ont été prises par une autorité qui ne bénéficie pas d'une délégation de signature régulière ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article 9-2 du règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014, les autorités espagnoles n'ayant pas été informées de la prolongation du délai de transfert dans un délai de six mois ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n ° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ; compte tenu des motifs pour lesquels elle ne n'est pas présentée aux convocations, elle ne peut être regardée comme ayant été en fuite ; elle n'a pas changé d'adresse et le préfet ne justifie pas de diligences accomplies en vue de son transfert ;
En ce qui concerne la décision suspendant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil :
- elle la conteste dans le délai de recours contentieux ;
- elle a été prise par une autorité qui ne bénéficie pas d'une délégation de signature régulière ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle ne s'est pas soustraite intentionnellement et systématiquement aux exigences des autorités chargées de l'asile ;
- elle porte atteinte à son droit d'asile.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 janvier 2021 et le 13 décembre 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle il a refusé de délivrer une attestation de demande d'asile dès lors que postérieurement à l'introduction de la requête, le 18 novembre 2022, une telle attestation a été délivrée ;
- les conclusions tendant à l'annulation de la prolongation du délai de transfert sont irrecevables dès lors que celle-ci ne constitue pas une décision faisant grief ;
- en l'absence de décision de l'agent de police qui a reçu Mme C au guichet, les conclusions à fin d'annulation ne sont pas recevables ;
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er avril 2022 et 5 avril 2022, l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision suspendant à Mme C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ont été présentées postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux ;
- le moyen tiré de l'atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par une lettre du 9 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle concerne la période postérieure au 23 juin 2021 dès lors qu'à compter de cette date l'OFII a rétabli les conditions matérielles dont Mme N'Diaye bénéficiait.
Par une décision du 24 mars 2021, le bureau de l'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 ;
- le règlement UE n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Blusseau, conseiller,
- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A N'Diaye, ressortissante sénégalaise née le 30 novembre 1988, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 6 septembre 2019. Par une décision du 28 octobre 2019, le préfet de police a décidé de son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile puis, ayant estimé qu'elle était en fuite, a prolongé, le 18 février 2020, le délai de transfert jusqu'au 24 juin 2021. Par une décision du 12 juin 2020, l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'elle était en fuite. Le recours administratif qu'elle a formé le 30 juillet 2020 contre cette décision du 12 juin 2020 a été implicitement rejeté. Mme C a de nouveau formulé une demande d'asile le 21 août 2020 que le préfet de police a refusé d'enregistrer de sorte qu'elle n'a pas pu obtenir la délivrance d'une attestation de demande d'asile. Elle demande au tribunal d'annuler la décision du 12 juin 2020 par laquelle l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ainsi que les décisions par lesquelles le préfet de police l'a placée en fuite, a prolongé à dix-huit mois le délai de transfert et a refusé d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mars 2021 du bureau de l'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris. Il n'y a, par suite, plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur l'étendue du litige :
3. Il ressort des pièces du dossier qu'à compter du 23 juin 2021, soit postérieurement à l'introduction de la requête, l'OFII a rétabli les conditions matérielles d'accueil dont Mme N'Diaye bénéficiait. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle concerne la période postérieure au 23 juin 2021.
Sur la recevabilité :
4. Aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers : " 1. Le transfert du demandeur ou d'une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), de l'État membre requérant vers l'État membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'État membre requérant, après concertation entre les États membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre État membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27, paragraphe 3. () ; / 2. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté () à dix-huit-mois au maximum si la personne concernée prend la fuite. () ". Aux termes du paragraphe 2 de l'article 9 du règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003, dans sa version applicable au litige : " Il incombe à l'État membre qui, pour un des motifs visés à l'article 29, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 604/2013, ne peut procéder au transfert dans le délai normal de six mois à compter de la date de l'acceptation de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée, ou de la décision finale sur le recours ou le réexamen en cas d'effet suspensif, d'informer l'État responsable avant l'expiration de ce délai. À défaut, la responsabilité du traitement de la demande de protection internationale et les autres obligations découlant du règlement (UE) n° 604/2013 incombent à cet État membre conformément aux dispositions de l'article 29, paragraphe 2, dudit règlement ".
5. II résulte des dispositions citées au point 1 du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement n° 604/2013, combinées avec celles du règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 qui en porte modalités d'application, que si l'Etat membre sur le territoire duquel séjourne le demandeur d'asile a informé l'Etat membre responsable de l'examen de la demande, avant l'expiration du délai de six mois dont il dispose pour procéder au transfert de ce demandeur, qu'il n'a pu y être procédé du fait de la fuite de l'intéressé, l'Etat membre requis reste responsable de l'instruction de la demande d'asile pendant un délai de dix-huit mois, courant à compter de l'acceptation de la reprise en charge, dont dispose l'Etat membre sur le territoire duquel séjourne le demandeur pour procéder à son transfert.
6. La prolongation du délai de transfert, qui résulte du seul constat de fuite du demandeur et qui ne donne lieu qu'à une information de l'Etat responsable de la demande d'asile par l'Etat membre qui ne peut procéder au transfert du fait de cette fuite, a pour effet de maintenir en vigueur la décision de transfert aux autorités de l'Etat responsable et ne suppose pas l'adoption d'une nouvelle décision. Cette prolongation n'est ainsi qu'une des modalités d'exécution de la décision initiale de transfert et ne peut être regardée comme révélant une décision susceptible de recours. Il en va de même s'agissant du placement en fuite. Par suite, ainsi que le fait valoir le préfet de police en défense, les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la prolongation du délai de transfert et du placement en fuite, qui sont dépourvues d'objet, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
7. Aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " 1. Les Etats membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : a) abandonne le lieu de résidence fixé par l'autorité compétente sans en avoir informé ladite autorité ou, si une autorisation est nécessaire à cet effet, sans l'avoir obtenue ; ou b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national ; ou c) a introduit une demande ultérieure telle que définie à l'article 2, point q), de la directive 2013/32/UE. En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites (). 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les Etats membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs. 6. Les Etats membres veillent à ce que les conditions matérielles d'accueil ne soient pas retirées ou réduites avant qu'une décision soit prise conformément au paragraphe 5 ".
8. Dans sa décision du 31 juillet 2019, association La CIMADE et autres, n° 428530, 428564, le Conseil d'Etat a jugé que les termes précités de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ne s'opposent pas à ce que les demandeurs d'asile ne bénéficient des conditions matérielles d'accueil que sous réserve de respecter les exigences des autorités chargées de l'asile. Il a également jugé qu'en créant des cas de refus et de retrait de plein droit des conditions matérielles d'accueil sans appréciation des circonstances particulières et en excluant, en cas de retrait, toute possibilité de rétablissement de ces conditions, les articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction résultant de la loi du 10 septembre 2018, s'avèrent incompatibles avec les objectifs de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013. Compte tenu des motifs d'incompatibilité retenus dans cet arrêt, il reste notamment possible à l'OFII, comme l'a précisé le Conseil d'Etat dans sa décision du 24 février 2022 n° 451437, de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui, après les avoir acceptées, n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes.
9. En premier lieu, par une décision du 13 février 2017 régulièrement publiée, le directeur général de l'OFII a donné délégation de signature à Mme D B, directrice territoriale de l'OFII à Paris, à l'effet de signer notamment les décisions relatives aux conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, lesquelles relèvent des missions dévolues à la direction de Paris telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 portant organisation générale de l'Office qui prévoit, en son article 8, que " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII " et, en son article 12, que " les directions territoriales de l'office et les délégations qui leurs sont rattachées sont : /()/ 23° la direction de Paris, compétente pour les activités de l'OFII dans les départements de Paris". Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de compétence doit être écarté.
10. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle est insuffisamment motivée doit être écarté.
11. En troisième lieu, pour suspendre les conditions matérielles d'accueil dont Mme C bénéficiait, l'OFII s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressée n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités de sorte qu'elle a été considérée en fuite le 18 février 2020.
12. La requérante se borne à faire valoir qu'elle était alors enceinte, qu'elle a accouché de son fils le 23 mars 2020 et qu'en raison du confinement elle n'a pas pu se rendre aux convocations et elle produit des documents médicaux indiquant, l'un, qu'elle a été hospitalisée du 23 au 26 mars 2020 et l'autre qu'elle n'a pas pu se présenter aux rendez-vous des 3 avril et 10 avril 2020 en raison du confinement. Toutefois ces éléments qui ne font pas état d'une contre-indication de déplacement liée à sa grossesse et qui sont tous postérieurs aux dates de convocations de l'intéressée aux autorités chargées de l'asile les 5 et 12 février 2020 et à son placement en fuite le 18 février 2020 ne permettent pas de justifier le non-respect de l'obligation de présentation. En outre et contrairement à ce que soutient Mme C, les services préfectoraux n'étaient pas tenus d'organiser son préacheminement jusqu'à l'aéroport pour assurer l'exécution de l'arrêté de transfert. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 12 du présent jugement, Mme C ne remplit pas les conditions pour déposer une demande d'asile en France. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porte atteinte à son droit à l'asile doit être écarté comme inopérant.
14. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation de Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 12 juin 2020 en tant qu'elle concerne la période postérieure au 23 juin 2021.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me David, à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et à au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Blusseau, conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2023.
Le rapporteur,
A. BLUSSEAU
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026