jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2016207 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LUZELLANCE (ASSOCIATION) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 octobre 2020 et 11 octobre 2022, la société La Foncière Dieulafoy, représentée par Me Fournier Deville, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2020 par laquelle la maire de Paris l'a mise en demeure d'exécuter les mesures prévues par l'arrêté d'insalubrité du préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, du 3 juin 2020, portant sur le logement sis 29 rue de la Colonie à Paris (75013), ensemble la décision implicite par laquelle la maire de Paris a rejeté son recours administratif contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Paris une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que:
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure, en l'absence du procès-verbal constatant le non-respect des mesures prescrites par l'arrêté d'insalubrité ;
- l'arrêté du 4 février 2020 est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que la maire de Paris a implicitement fait peser sur elle l'obligation de reloger l'occupante sans droit ni titre, en méconnaissance des articles L. 1331-28 et L. 1331-29 du code de la santé publique et de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 4 février 2020 est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'elle a tout mis en œuvre pour récupérer l'accès à l'appartement et y effectuer les travaux nécessaires ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir, dès lors que la maire de Paris l'a contrainte à suppléer à la carence de l'Etat ;
- il est devenu sans objet, dès lors que le préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, a levé son arrêté d'insalubrité du 3 juin 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2020, la maire de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est mal dirigée, dès lors que n'est pas contestée la nécessité d'entreprendre les travaux de nature à remédier à l'insalubrité du logement prévus par son arrêté du 4 février 2020 et qu'elle n'est pas compétente pour traiter des problèmes rencontrés dans le recours au concours de la force publique ;
- les moyens soulevés par la société La Foncière Dieulafoy ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Foncière Dieulafoy est propriétaire d'un appartement sis 29 rue de la Colonie, à Paris (75013). Par un arrêté du 3 juin 2019, le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, a déclaré ce logement insalubre à titre remédiable. Par un arrêté du 4 février 2020, la maire de Paris a mis en demeure la société Foncière Dieulafoy d'exécuter les mesures prescrites par l'arrêté d'insalubrité du 3 juin 2019 dans un délai d'un mois, sous astreinte. Par un courrier du 26 février 2020, la Foncière Dieulafoy a formé un recours administratif auprès de la maire de Paris contre ce dernier arrêté. En l'absence de réponse, un rejet implicite de ce recours est né. La société Foncière Dieulafoy sollicite l'annulation de l'arrêté du 4 février 2020, ensemble le rejet implicite de son recours administratif.
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 1331-28 du code de la santé publique, applicable aux faits en litige : " II. - Lorsque la commission ou le haut conseil conclut à la possibilité de remédier à l'insalubrité, le représentant de l'Etat dans le département prescrit par arrêté les mesures adéquates ainsi que le délai imparti pour leur réalisation sur avis de la commission ou du haut conseil et prononce, s'il y a lieu, l'interdiction temporaire d'habiter et, le cas échéant, d'utiliser les lieux. () V. - L'arrêté d'insalubrité prévu au premier alinéa des I et II précise que, à l'expiration du délai fixé, en cas de non-exécution des mesures et travaux prescrits, le propriétaire est redevable du paiement d'une astreinte par jour de retard dans les conditions prévues à l'article L. 1331-29-1. " Aux termes de son article L. 1331-29 du même code, applicable aux faits en litige : " II. - Si les mesures prescrites par l'arrêté prévu au II de l'article L. 1331-28 pour remédier à l'insalubrité d'un immeuble n'ont pas été exécutées dans le délai imparti, elles peuvent être exécutées d'office, y compris sur des locaux devenus vacants, après mise en demeure infructueuse du propriétaire de les réaliser dans le délai d'un mois. Cette mise en demeure est notifiée dans les conditions prévues à l'article L. 1331-28-1. () V. - Le maire ou, le cas échéant, le président de l'établissement public de coopération intercommunale agissant au nom de l'Etat ou, à défaut, le représentant de l'Etat dans le département est l'autorité administrative compétente pour réaliser d'office les mesures prescrites dans les cas visés aux I, II, III et IV. Dans ce cas, la commune ou, le cas échéant, l'établissement public de coopération intercommunale assure l'avance des frais si le maire ou, le cas échéant, le président de l'établissement public de coopération intercommunale réalise d'office ces mesures. Les créances qui n'ont pu être recouvrées par la commune ou, le cas échéant, l'établissement public de coopération intercommunale sont mises à la charge de l'Etat ou d'une personne publique s'y substituant, alors subrogée dans les obligations et droits de celui-ci. " Aux termes de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour l'application du présent chapitre, l'occupant est le titulaire d'un droit réel conférant l'usage, le locataire, le sous-locataire ou l'occupant de bonne foi des locaux à usage d'habitation et de locaux d'hébergement constituant son habitation principale. Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1 dans les cas suivants : - lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une déclaration d'insalubrité, d'une mise en demeure ou d'une injonction prise en application des articles L. 1331-22, L. 1331-23, L. 1331-24, L. 1331-25, L. 1331-26-1 et L. 1331-28 du code de la santé publique, si elle est assortie d'une interdiction d'habiter temporaire ou définitive ou si les travaux nécessaires pour remédier à l'insalubrité rendent temporairement le logement inhabitable ".
3. L'exécution des travaux prescrits par l'arrêté de déclaration d'insalubrité remédiable du préfet de Paris, en date du 3 juin 2019, supposait que les lieux soient inhabités et donc le relogement de l'occupante. Par rapport du 9 décembre 2019, le service technique de l'habitat de la Ville de Paris a constaté que les mesures prescrites n'étaient pas réalisées dans le délai imparti. Par arrêté de la maire de Paris du 4 février 2020, la société La Foncière Dieulafoy a été mise en demeure de les réaliser dans le délai d'un mois, sous astreinte. Il résulte de l'instruction que l'arrêté d'insalubrité du 3 juin 2019 du préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, a été levé par un arrêté du 19 septembre 2022, du fait de l'exécution totale des travaux prescrits à la société La Foncière Dieulafoy. La société requérante n'allègue ni ne soutient que la ville de Paris aurait procédé à l'exécution d'office des travaux, ni qu'elle lui aurait appliqué l'astreinte prévue par l'arrêté du 4 février 2020. Par suite, l'arrêté attaqué étant devenu sans objet, il n'y a plus lieu de statuer sur la présente requête.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de la société La Foncière Dieulafoy.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société La Foncière Dieulafoy, à la ville de Paris et au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
R. A
La présidente,
F. Versol La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026