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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2016615

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2016615

vendredi 13 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2016615
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 4e Chambre
Avocat requérantGONIDEC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Gonidec, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision par laquelle l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a implicitement refusé de faire droit à sa demande du 16 juin 2020 relative au rétablissement des conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile à titre rétroactif dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 250 euros par jours de retard, subsidiairement de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'entre dans aucun des motifs de refus que ce texte prévoit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2022, l'OFII conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction et au rejet du surplus de la requête.

Il soutient que les conditions matérielles d'accueil ont été rétablies par une décision du 1er octobre 2020 ayant rétroactivement pris effet.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris du 13 août 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Blusseau, conseiller,

- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant érythréen né le 5 février 1986, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 3 avril 2017. Le 16 juin 2020, il a demandé à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le rétablissement des conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait. Du silence de l'administration, une décision implicite de rejet est née. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris du 13 août 2021. Il n'y a, par suite, plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié des conditions matérielles d'accueil jusqu'au mois de mai 2020, date à laquelle l'OFII a mis fin à leur versement et que par un courrier du 16 juin 2020, il en a demandé le rétablissement. Il ressort également des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, l'OFII a octroyé à M. B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à partir du mois de mai 2020 à la fois par le versement exceptionnel de la somme de 3 048,45 euros le 10 novembre 2020 correspondant à l'allocation pour demandeur d'asile qui lui était due pour la période comprise entre mai 2020 et septembre 2020 et par le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 1er octobre 2020. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle l'OFII a refusé de faire droit à la demande de M. B sont devenues sans objet en cours d'instance ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

4. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Gonidec, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Gonidec la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de M. B.

Article 3 : L'OFII versera la somme de 1 200 euros à Me Gonidec, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et à Me Gonidec.

Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Aubert, présidente,

M. Blusseau, conseiller,

Mme Arnaud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2023.

Le rapporteur,

A. BLUSSEAU

La présidente,

S. AUBERT

La greffière,

A. LOUART

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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