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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2016713

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2016713

lundi 27 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2016713
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 2e Chambre
Avocat requérantRIOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 24 janvier 2022, le tribunal administratif, avant de statuer sur les conclusions de la requête de M. E tendant à l'annulation de la décision du 5 août 2020 par laquelle le directeur général de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) a estimé ses lésions guéries avec retour à l'état antérieur à compter du 7 juillet 2020 et a clos la prise en charge de ses arrêts et soins à compter de cette date, a ordonné une expertise en vue d'apprécier si les dommages aux genoux droit et gauche étaient en lien direct et certain, mais non nécessairement exclusif, avec les accidents de service du 25 octobre 2014 et du 28 septembre 2015, et distinguer la part de dommage imputable aux accidents de service de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, antérieure ou postérieure à ces accidents.

Le rapport de l'expert a été enregistré le 23 septembre 2022 et communiqué aux parties qui ont été invitées à présenter leurs observations.

Par deux mémoires, après expertise, enregistrés les 23 novembre 2022 et 28 février 2023, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris persiste dans ses conclusions initiales.

Par un mémoire, après expertise, enregistré le 21 février 2023, M. E persiste dans ses conclusions initiales.

Par une ordonnance en date du 6 octobre 2022, le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 2 725 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- le décret n°2020-566 du 13 mai 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sorin,

- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,

- les observations de Me Riou, représentant M. E, et les observations de Me Guardiola, représentant l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, aide-soignant titulaire qui exerçait les fonctions de brancardier au sein de l'hôpital Trousseau rattaché à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), a été victime d'un accident au genou gauche le 25 octobre 2014 reconnu imputable au service par une décision du 25 janvier 2017. M. E a également été victime d'un accident au genou droit le 28 septembre 2015, reconnu imputable au service par une décision du 5 août 2020. M. E a été placé en arrêt de travail pris en charge au titre de la législation sur les accidents de service jusqu'au 15 juin 2017, puis s'est vu proposer un poste à temps partiel thérapeutique à compter du 1er février 2018. Par la suite, M. E a été placé en arrêt de travail pris en charge au titre de la législation sur les accidents de service à compter du 29 août 2018, prolongé jusqu'au 7 juillet 2020. Par une décision du 5 août 2020, le directeur général de l'AP-HP a estimé que les lésions de M. E résultant de l'accident étaient guéries avec retour à l'état antérieur à compter du 7 juillet 2020 et clos la prise en charge de ses arrêts et soins à compter de cette date. Par la présente requête, M. E demande au tribunal d'annuler cette décision, d'enjoindre au directeur général de l'AP-HP de prendre en charge ses arrêts et soins au titre de la législation applicable aux accidents de service à compter du 7 juillet 2020, sous astreinte de 200 euros par jours de retard à compter du prononcer du jugement à venir et de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 10 000 euros en indemnisation de son préjudice moral et la somme de 7 110 euros en indemnisation de son préjudice financier. Par un jugement du 24 janvier 2022, le tribunal administratif, avant de statuer sur ces conclusions, a ordonné une expertise en vue d'apprécier si les dommages aux genoux droit et gauche étaient en lien direct et certain, mais non nécessairement exclusif, avec les accidents de service du 25 octobre 2014 et du 28 septembre 2015, et distinguer la part de dommage imputable aux accidents de service de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, antérieure ou postérieure à ces accidents.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision du 5 août 2020, par laquelle le directeur général de l'AP-HP a estimé ses lésions guéries avec retour à l'état antérieur à compter du 7 juillet 2020 et a clos la prise en charge de ses arrêts et soins à compter de cette date, a été signée par M. A D, chef du personnel de l'hôpital Trousseau, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature par arrêté du 22 juillet 2020. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision est par conséquent infondé.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. " Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. " La décision attaquée vise les textes qui en constituent le fondement. Elle précise par ailleurs les éléments de fait relatifs à la situation personnelle de M. E, indiquant notamment que " les lésions sont considérées comme guéries avec retour à l'état antérieur, par le médecin agréé de l'AP-HP, à compter du 7 juillet 2020 ". Ainsi, la décision du directeur général de l'AP-HP comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 13 du décret du 14 mars 1986, dans sa version en vigueur en date du 5 août 2020 : " La commission de réforme est consultée notamment sur : / 1. L'octroi du congé de maladie ou de longue maladie susceptible d'être accordé en application des dispositions du deuxième alinéa des 2° et 3° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ; / 2. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée dans les conditions prévues au titre VI bis ; / 3. L'octroi du congé susceptible d'être accordé aux fonctionnaires réformés de guerre en application de l'article 41 de la loi du 19 mars 1928 susvisée ; / 4. La reconnaissance et la détermination du taux de l'invalidité temporaire ouvrant droit au bénéfice de l'allocation d'invalidité temporaire prévue à l'article 8 bis du décret du 26 octobre 1947 modifié susvisé ; / 5. La réalité des infirmités résultant d'un accident de service ou d'une maladie professionnelle, la preuve de leur imputabilité au service et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, en vue de l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité instituée à l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ; / 6. L'application des dispositions du code des pensions civiles et militaires de retraite. / 7. L'application, s'il y a lieu, des dispositions réglementaires relatives à la mise en disponibilité d'office pour raison de santé. " Aux termes de l'article 7 du décret du 19 avril 1988 dans sa version en vigueur en date du 5 août 2020 : " Les comités médicaux sont chargés de donner un avis à l'autorité compétente sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois de la fonction publique hospitalière, de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée et de la réintégration à l'issue de ces congés. / Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne :/ 1. La prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs ; / 2. L'octroi des congés de longue maladie et de longue durée ; / 3. Le renouvellement des congés de longue maladie et de longue durée ; / 4. La réintégration après douze mois consécutifs de congés de maladie ou à l'issue d'un congé de longue maladie ou de longue durée ; / 5. L'aménagement des conditions de travail du fonctionnaire après un congé de maladie, de longue maladie ou de longue durée ; / 6. La mise en disponibilité d'office pour raisons de santé, son renouvellement et l'aménagement des conditions de travail après la fin de la mise en disponibilité ; / 7. Le reclassement dans un autre emploi à la suite d'une modification de l'état physique du fonctionnaire, ainsi que dans tous les autres cas prévus par des textes réglementaires. " Enfin, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 : " () si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".

5. Il résulte de ces dispositions que pour constater la guérison à la suite d'un accident de service comme elle l'a fait par sa décision du 5 août 2020, l'AP-HP n'était tenue de saisir ni la commission de réforme, ni le comité médical. Par ailleurs, la circonstance que l'AP-HP a saisi le comité médical au sujet de l'opportunité d'octroyer à M. E un congé de longue maladie relève d'une procédure distincte et indépendante de celle contestée dans le cadre du présent litige, et la circonstance que le comité a émis, postérieurement à la décision attaquée, un avis défavorable à l'octroi d'un congé de longue maladie n'est pas de nature à entacher d'un vice de procédure la décision attaquée. Le moyen correspondant doit donc être écarté.

6. En quatrième lieu, les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée. Les accidents de service de M. E sont intervenus les 25 octobre 2014 et 28 septembre 2015. L'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 n'est entré en vigueur, en tant qu'il s'applique à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret du 13 mai 2020 par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique. Ses dispositions sont par conséquent inapplicables au présent litige. Dès lors, le moyen tiré d'une violation de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ne qu'être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière applicable au litige, dans sa version en vigueur à la date des accidents de service de M. E : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. () / Les dispositions des deuxième, troisième et quatrième alinéas du 2° du présent article sont applicables aux congés de longue maladie ; / 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. () / Si la maladie ouvrant droit à congé de longue durée a été contractée dans l'exercice des fonctions, les périodes fixées ci-dessus sont respectivement portées à cinq ans et trois ans. / Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie, le congé ne peut être attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée () ".

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, auquel renvoie l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 cité au point précédent : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladie contractées ou aggravées soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps () peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office () ". Les causes exceptionnelles prévues à cet article doivent s'entendre des accidents de service, des maladies contractées ou aggravées en service, des actes de dévouement accomplis dans un intérêt public ou de l'exposition de ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes. Il résulte en outre de l'article 71 de la loi du 9 janvier 1986 que " lorsque les fonctionnaires sont reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état physique. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps, s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. / Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé. " En vertu des dispositions des articles 30 et 36 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, tels les fonctionnaires soumis aux dispositions de la loi du 9 janvier 1986, le fonctionnaire qui se trouve dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison de l'une des causes mentionnées ci-dessus peut, à l'expiration des congés de maladie, des congés de longue maladie et des congés de longue durée dont il bénéficie en vertu des dispositions statutaires qui lui sont applicables, être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office.

9. Il résulte de la combinaison des articles 41 et 71 de la loi du 9 janvier 1986 et de l'article 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite (CPCMR) que le fonctionnaire dont les blessures ou la maladie proviennent d'un accident de service, d'une maladie contractée ou aggravée en service ou de l'une des autres causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du CPCMR, et qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions au terme d'un délai de douze mois à compter de sa mise en congé de maladie, sans pouvoir bénéficier d'un congé de longue maladie ou d'un congé de longue durée, doit bénéficier de l'adaptation de son poste de travail ou, si celle-ci n'est pas possible, être mis en mesure de demander son reclassement dans un emploi d'un autre corps ou cadre d'emplois, s'il a été déclaré en mesure d'occuper les fonctions correspondantes. S'il ne demande pas son reclassement ou si celui-ci n'est pas possible, il peut être mis d'office à la retraite par anticipation. L'administration a l'obligation de maintenir l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre le service ou jusqu'à sa mise à la retraite.

10. Pour estimer que les lésions de M. E résultant des accidents de service dont il a été victime le 25 octobre 2014 et le 28 septembre 2015 étaient guéries avec retour à l'état antérieur à compter du 7 juillet 2020 et clore la prise en charge de ses arrêts et soins à compter de cette date, l'administration s'est fondée sur le rapport d'un expert rhumatologue en date du 7 juillet 2020 et sur l'avis du médecin statutaire en date du 4 août 2020, qui concluent à la guérison des lésions du requérant avec retour à l'état antérieur. Dans le cadre d'une expertise avant-dire-droit ordonnée par le tribunal de céans par un jugement du 24 janvier 2022, dont le rapport est en date du 20 septembre 2022, un nouvel expert a examiné M. E et a conclu à la consolidation de l'état de santé du requérant avec retour à l'état antérieur à compter du 7 juillet 2020.

11. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport d'expertise du 20 septembre 2022, que M. E présente une pathologie dégénérative débutante des genoux sur un état antérieur favorisant de genu varum bilatéral, ayant un lien direct et certain mais non exclusif avec les accidents de service des 25 octobre 2014 et 28 septembre 2015, mais que " les multiples examens pratiqués n'expliquent pas, au plan somatique, sa non-reprise du travail ", cette conclusion rejoignant celle du rapport de l'expert rhumatologue du 7 juillet 2020 précité. La date de consolidation par retour à l'état antérieur a été fixée par l'expert au 7 juillet 2020, en précisant que la pathologie dont souffre M. E doit être regardée comme étant en lien avec un état antérieur " devenu symptomatique et qui évolue pour son propre compte ". Si cette nouvelle expertise conclut qu'une guérison ne peut être évoquée, elle conclut également qu'à la date de l'examen, " M. E est apte à travailler et exercer ses fonctions dans un emploi adapté au plan somatique ". Le requérant n'apporte aucune pièce médicale de nature à infirmer ces conclusions.

12. Il ressort des pièces du dossier que l'AP-HP n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que les soins et arrêts postérieurs au 7 juillet 2020, dépourvus de lien avec les accidents de service de 2014 et 2015, et l'état somatique de M. E ne pouvaient être pris en charge au titre de la législation sur les accidents de service en application des dispositions du 2° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

13. En sixième lieu, les détournements de procédure et de pouvoir invoqués ne sont pas établis et doivent par suite être écartés.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

14. Il résulte de tout ce qui précède que, la décision du 5 août 2020 n'étant pas illégale, la responsabilité de l'AP-HP ne peut être engagée. Par suite, les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

15. Le présent jugement n'appelant l'adoption d'aucune mesure d'exécution particulière, les conclusions en injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'expertise :

16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal administratif à la charge de l'AP-HP.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'AP-HP, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des frais non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E la somme demandée par l'AP-HP au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Les frais d'expertise sont mis à la charge de l'AP-HP.

Article 3 : Les conclusions présentées par l'AP-HP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Délibéré après l'audience du 13 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Errera, premier conseiller,

M. Huin-Moralès, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023.

Le président-rapporteur,

J. SorinL'assesseur le plus ancien,

A. ERRERALa greffière,

B. CHAHINE

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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