vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2017512 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | RABBE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2020, M. B A, représenté par Me Laurent Rabbé, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du recteur de la région académique Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, portant inscription au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 ;
2°) d'annuler les mesures individuelles de promotion au grade de la hors-classe des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 ;
3°) d'enjoindre au recteur de la région académique Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, de l'inscrire audit tableau et de le nommer au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive à compter du 1er septembre 2020 dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros pour jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté portant inscription au tableau d'avancement est entaché d'un vice de procédure faute pour le recteur de l'académie de Paris d'établir qu'il a recueilli l'avis de la commission administrative paritaire académique avant d'arrêter le tableau et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses mérites au regard de ses états de service exceptionnels sur l'ensemble de sa carrière et, en l'absence de rendez-vous de carrière, de ses dernières notations administrative et pédagogique avec lesquelles les avis " à consolider ", non motivés, émis par son chef d'établissement et l'inspecteur pédagogique régional apparaissent en totale contradiction, sauf pour le recteur de l'académie à produire les éléments de comparaison de nature à établir le caractère plus méritant de ses collègues qui ont été promus ;
- les mesures individuelles de nomination intervenues en exécution de ce tableau d'avancement sont, par voie d'exception, également illégales.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 3 octobre 2022, le recteur de la région académique Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de M. A tendant à l'annulation du tableau d'avancement en tant qu'il n'y figure pas sont irrecevables dès lors que ce tableau présente un caractère indivisible ;
- les conclusions tendant à l'annulation des décisions individuelles de promotion prises sur la base de ce tableau sont irrecevables dès lors que ces décisions ont acquis un caractère définitif ;
- subsidiairement, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 80-627 du 4 août 1980 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Julinet, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, professeur d'éducation physique et sportive depuis le 1er septembre 2002, affecté au collège-lycée François Villon de 2005 à 2016 puis au collège Jean Moulin depuis le 1er septembre 2016, a demandé son inscription au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020. Il n'a pas été inscrit au tableau. Par sa requête, il demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du recteur d'académie portant inscription au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 et des mesures individuelles de promotion prises pour son exécution.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. Il résulte clairement des termes mêmes de la requête que M. A a demandé l'annulation du tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 dans son ensemble. Dès lors, la fin de non-recevoir tirée du caractère indivisible de ce tableau doit être écartée.
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions individuelles de promotion au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 prises pour l'exécution de ce tableau ont été attaquées après l'expiration du délai de recours contentieux. Dès lors, la fin de non-recevoir tirée de leur caractère définitif doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le tableau d'avancement :
4. Aux termes de l'article 13 du décret du 4 août 1980 relatif au statut particulier des professeurs d'éducation physique et sportive, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées, issue de l'article 104 du décret n° 2017-786 du 5 mai 2017 : " Les professeurs d'éducation physique et sportive peuvent être promus professeurs d'éducation physique et sportive hors classe lorsqu'ils comptent, au 31 août de l'année au titre de laquelle le tableau d'avancement est établi, au moins 2 ans d'ancienneté dans le 9e échelon de la classe normale. / Selon des orientations définies par le ministre chargé de l'éducation nationale, le tableau d'avancement est arrêté chaque année par l'autorité compétente, après avis de la commission administrative paritaire compétente. / Le nombre maximum de professeurs d'éducation physique et sportive pouvant être promus chaque année à la hors-classe est déterminé conformément aux dispositions du décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 relatif à l'avancement de grade dans les corps des administrations de l'Etat ".
5. Le recteur de l'académie de Paris n'établit pas, en se bornant à produire un courriel daté du 22 avril 2020 invitant des personnes présentées comme membres de la commission administrative paritaire académique à participer à une réunion en visioconférence de la commission relative à l'examen du tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive le 4 mai 2020 à 14 heures que la commission s'est effectivement et régulièrement réunie à cette date ni a fortiori qu'elle a donné un avis sur l'établissement de ce tableau. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure est fondé.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du recteur de l'académie de Paris portant inscription au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020.
En ce qui concerne les mesures individuelles de nomination au grade de la hors classe :
7. Le tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 étant annulé, l'ensemble des mesures individuelles de nomination intervenues en exécution de ce tableau et qui ne sont pas devenues définitives doivent être annulées par voie de conséquence, sans tenir compte de la valeur professionnelle des agents concernés. Il s'ensuit que l'ensemble des mesures individuelles de nomination intervenues en exécution de ce tableau, dont le caractère définitif ne ressort pas des pièces du dossier, doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / () ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
9. L'annulation du tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 et de l'ensemble des mesures individuelles de nomination intervenues en exécution de ce tableau n'implique pas que M. A soit inscrit au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive et nommé à ce grade à compter du 1er septembre 2020 mais seulement que le recteur de l'académie de Paris réexamine la candidature de l'ensemble des professeurs d'éducation physique et sportive promouvables. Par suite, il y a seulement lieu d'enjoindre au recteur de l'académie de Paris de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du recteur de l'académie de Paris portant inscription au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 et l'ensemble des mesures individuelles de nomination intervenues en exécution de ce tableau sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Paris de procéder au réexamen de la demande de M. A tendant à son inscription au tableau d'avancement au grade de la horsclasse du corps des professeurs d'éducation physique et sportive pour l'année 2020.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Une copie en sera adressée au recteur de la région académique Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris.
Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
Le rapporteur,
S. JULINET
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026