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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2018072

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2018072

vendredi 6 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2018072
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantGOLDNADEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 novembre 2020, et des mémoires récapitulatifs enregistrés les 3 mars et 13 juin 2022, M. B A, représenté par Me Goldnadel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision n° 406 du 4 août 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours administratif préalable formé le 28 janvier 2020 devant la commission des recours des militaires à l'encontre de la décision du 5 décembre 2019 portant inscription au tableau d'avancement pour l'année 2020 (armée active) en tant qu'il n'est pas inscrit sur ce tableau pour l'accès au grade de chef d'escadron de gendarmerie ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de l'inscrire au grade de chef d'escadron sur le tableau d'avancement établi au titre de l'année 2020 (pour prendre rang au 1er janvier de l'année 2020), de le rétablir dans ses droits et de procéder à la reconstitution de sa carrière, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense enregistrés les 22 avril 2022 et 1er juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation du tableau d'avancement pour l'année 2020 (armée active) en tant qu'il n'est pas inscrit sur ce tableau pour l'accès au grade de chef d'escadron de gendarmerie sont irrecevables ;

- au surplus, le délai de recours contentieux ayant trait à la décision explicite portant rejet du recours formé à l'encontre de ce tableau qui s'y est juridiquement substituée était expiré lors du l'enregistrement de la requête, le 2 novembre 2020 et, a fortiori, du mémoire récapitulatif du 3 mars 2022 ;

- à titre subsidiaire, elles sont mal fondées, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation en ce que le ministre de l'intérieur ne l'a pas inscrit au tableau d'avancement en litige n'étant lui-même pas fondé eu égard aux dispositions des articles L. 4136-1 et L. 4136-3 du code de la défense, des articles 30, 33 et 34 du décret n° 2008-946 du 12 septembre 2008 portant statut particulier du corps des officiers de la gendarmerie.

Par ordonnance du 1er juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la défense ;

- le décret n° 2008-946 du 12 septembre 2008 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,

- les conclusions de M. Schaeffer, rapporteur public,

- et les observations de Me Chemla substituant Me Goldnadel, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, capitaine de gendarmerie, demande l'annulation de la décision n° 406 du 4 août 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours administratif préalable formé le 28 janvier 2020 devant la commission des recours des militaires à l'encontre de la décision du 5 décembre 2019 portant inscription au tableau d'avancement pour l'année 2020 (armée active) en tant qu'il n'est pas inscrit sur ce tableau pour l'accès au grade de chef d'escadron de gendarmerie.

2. Aux termes de l'article 32-1 du décret du 12 septembre 2008 portant statut particulier du corps des officiers de gendarmerie : " I. - A l'exception des promotions dans les grades d'officiers généraux et de capitaine, le nombre maximum d'officiers de gendarmerie pouvant être promus au choix à l'un des grades supérieurs de ce corps est déterminé par application d'un taux de promotion à l'effectif des officiers remplissant les conditions statutaires d'avancement pour le grade supérieur. Cet effectif s'apprécie au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions. II. - Le taux de promotion mentionné au I est fixé par arrêté du ministre de l'intérieur ". Aux termes de l'article 33 du même décret : " Seuls peuvent être promus à un grade supérieur à celui qu'ils détiennent : 1° Les capitaines ayant au moins quatre ans de grade et qui, au 31 décembre de l'année précédant celle de leur promotion éventuelle, se trouvent à plus de deux ans de la limite d'âge du grade de chef d'escadron ; ". Aux termes de l'article 35 : " Les officiers de gendarmerie retenus pour une promotion au choix sont inscrits sur un tableau d'avancement établi par ordre de mérite. Les tableaux d'avancement sont arrêtés par le ministre de l'intérieur et publiés au Journal officiel de la République française ". Et aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 24 juillet 2018 fixant les taux de promotion dans les corps militaires de la gendarmerie nationale pour les années 2019 et 2020, publié au JORF

n° 0173 du 29 juillet 2018, " le taux de promotion permettant de déterminer le nombre maximum des avancements de grade pouvant être prononcés au choix dans le corps des officiers de gendarmerie au titre des années 2019 et 2020 est fixé, par grade, comme suit : " Chef d'escadron - taux applicable en 2020 : 20,46 % ".

3. Il résulte de ces dispositions que le tableau d'avancement contesté comportant un nombre maximum de fonctionnaires présente un caractère indivisible. Ce nombre maximum s'établissait en l'occurrence à 181, compte tenu du nombre d'officiers de gendarmerie du grade de capitaine promouvable au titre de l'année 2020 s'élevant à 886. Or, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que M. A aurait, dans le délai de recours contentieux, demandé l'annulation de la décision du 5 décembre 2019 portant inscription au tableau d'avancement pour l'année 2020 (armée active) au grade de chef d'escadron de gendarmerie autrement qu'en tant qu'il n'y est pas inscrit. Par suite, ses conclusions, enregistrées au greffe du tribunal le 2 novembre 2020, tendant à l'annulation de la décision n° 406 du 4 août 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours administratif préalable formé le 28 janvier 2020 devant la commission des recours des militaires à l'encontre de la décision du 5 décembre 2019 portant inscription au tableau d'avancement pour l'année 2020 (armée active) en tant qu'il n'y figure pas, laquelle s'est substituée à cette décision initiale, sont donc irrecevables. Elles ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Riou, présidente,

Mme Lambrecq, première conseillère,

Mme Kanté, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.

La rapporteure,

C. KantéLa présidente,

C. Riou

La greffière,

L. Sueur

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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