jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2018147 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | DELARUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2020, M. C E, représenté par Me Delarue, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 juin 2020 par laquelle le ministre de l'économie et des finances a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 15 juillet 2019, ensemble la décision du 2 septembre 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'économie et des finances de réexaminer sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- la décision du 12 juin 2020 méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la qualité et la mention du poste occupé par Mme H ne sont pas précisées ;
- ces décisions sont entachées d'erreur de droit et d'erreur de fait dès lors que le délai de quinze jours mentionné à l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 pour transmettre à l'administration la déclaration d'accident du travail n'est pas opposable lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 de ce même décret est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2021, le ministre de l'économie et des finances conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- Le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C E, chef de projet informatique au secrétariat général du ministère de l'économie et des finances, a été placé en congé de maladie ordinaire, à compter du 15 juillet 2019, par son médecin traitant, à la suite d'un incident survenu avec sa supérieure hiérarchique. Par deux courriers des 30 avril et 4 mai 2020, M. E a adressé à l'administration une demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service. Par une décision du 12 juin 2020, le ministre a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi par l'intéressé en raison du caractère tardif de la demande. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de cette décision, ensemble la décision du 2 septembre 2020 rejetant son recours gracieux.
2. En premier lieu, M. E soutient que les décisions attaquées sont entachées d'incompétence. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme G H et Mme D B, qui ont signé respectivement les décisions des 12 juin et 2 septembre 2020, disposaient d'une délégation de signature en vertu de l'article 6 de l'arrêté du 20 mai 2020 portant délégation de signature (secrétariat général des ministères économiques et financiers), publié au Journal officiel n° 0128 du 27 mai 2020, et précisant que " Gaëlla B, attachée principale d'administration, adjointe au chef du bureau du conseil, de l'innovation et de l'animation, () [et] Vanessa H, attachée d'administration, responsable de la cellule accidents de service et maladies professionnelles au bureau du conseil, de l'innovation et de l'animation () [ont reçu] délégation à l'effet de signer, dans la limite de leurs attributions, au nom des ministres chargés de l'économie, des finances, de l'action et des comptes publics et de la fonction publique, tous actes, arrêtés, décisions ou conventions autres qu'internationales ". Il s'ensuit que le moyen doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".
4. Contrairement à ce que soutient M. E, la décision attaquée du 12 juin 2020 comporte le nom, le prénom et le grade de Mme H, signataire de l'acte, et permet d'identifier le service ayant traité sa demande. En l'absence de toute ambiguïté quant à l'identité du signataire de la décision en litige, le moyen doit être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service () ". L'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 précise que : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service () accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". Enfin, aux termes de l'article 47-3 du même décret : " I.- La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. () / IV.- Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire () justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. ".
6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que pour solliciter la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident et bénéficier du congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire en activité doit en faire la demande en adressant à son administration une déclaration d'accident de service. Cette déclaration doit, en principe, être adressée dans un délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. Toutefois, si un certificat médical relatif aux lésions résultant de l'accident a été établi dans un délai de deux ans à compter dudit accident, la déclaration d'accident de service doit être adressée dans un délai de quinze jours à compter de la date de ces constatations médicales. Les deux délais mentionnés précédemment ne sont néanmoins pas opposables aux fonctionnaires justifiant d'un cas de force majeur, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes.
7. M. E soutient que les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit et d'erreur de fait dès lors que le délai de quinze jours mentionné à l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 pour transmettre à l'administration la déclaration d'accident du travail n'est pas opposable lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 de ce même décret est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation résultant du certificat médical. Il précise que la constatation médicale du lien entre l'accident de service survenu le 15 juillet 2019 et la dégradation de son état de santé n'a pu être établie qu'à compter du 30 avril 2020, date à laquelle son médecin traitant a rédigé un certificat médical en ce sens. Il ressort des pièces du dossier que le Dr F, médecin traitant de M. E, a établi un avis d'arrêt de travail daté du 16 juillet 2019, plaçant le requérant en arrêt de travail du 15 juillet 2019 au 12 août 2019, pour des " troubles anxieux généralisés réactionnels ". M. E précise également que son médecin traitant a établi le 30 avril 2020 un certificat médical d'accident du travail, en le postdatant au 15 juillet 2019, ainsi qu'il est établi par les pièces versées au dossier. Toutefois, M. E n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le ministre lui a opposé le délai de quinze jours prévu à l'article 47-2 de ce même décret dès lors que le certificat médical transmis avec le courrier du 30 avril 2020 était daté du 15 juillet 2019, de sorte que l'administration avait connaissance de cette seule information temporelle relative à la constatation médicale des lésions résultant de l'accident de service. La circonstance que ce certificat médical ait été postdaté au 15 juillet 2019 est en l'espèce sans incidence sur la légalité des décisions attaquées, l'administration ayant fait courir le délai à compter de la date qui lui avait été indiquée par ce même certificat médical. Par suite les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée, y compris en ce qui concerne ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
A. A
La présidente,
F. VersolLa greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2018147/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026