LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2018320

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2018320

mercredi 14 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2018320
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC+
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET DE L'ORANGERIE (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2020, Mme B A divorcée C, représentée par Me Coffy, doit être regardée comme demandant au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme globale de

18 939,92 euros en droits et pénalités, réclamée au titre du paiement des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de contributions sociales et des pénalités s'y rapportant laissées à sa charge au titre de l'année 1999 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

-qu'elle n'a pas été destinataire d'un avis d'imposition sur les revenus de l'année 1999 corrigé, dont il n'est pas établi qu'il a été édité ;

-que le libellé de l'avis d'imposition est incertain ;

-que l'action en recouvrement est prescrite ;

-que l'administration n'a pas tenu compte de la décision de désolidarisation aux suppléments d'imposition pour 1999 prise en 2015 ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2020, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient à titre principal, que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire, qu'elle n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Merino, rapporteure,

- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. ou Mme C, alors mariés, ont été assujettis à des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales au titre des années 1999, 2000 et 2001 et aux pénalités correspondantes. Par un jugement n° 0709179 du 16 février 2010, le tribunal administratif de Versailles a partiellement fait droit à leur demande en décharge de ces suppléments d'imposition. Toutefois, par un arrêt du 15 novembre 2011, la Cour administrative d'appel de Versailles a rétabli partiellement M. et Mme C au rôle des suppléments d'impôt sur le revenu au titre de l'année 1999 antérieurement dégrevés en exécution du jugement du tribunal, soit la somme en droits de 26 796 euros. Par la suite, un nouveau rôle d'impôt sur le revenu a été mis en recouvrement le 31 mars 2012 au nom de M. ou Mme C. Le

12 mars 2020 puis le 9 juillet 2020, une mise en demeure de payer tenant lieu de commandement et trois saisies administratives ont été délivrées à l'encontre de Mme A, divorcée de

M. C, pour avoir paiement d'une somme de 18 939,92 euros, correspondant au solde de l'imposition due au titre l'année 1999, en droits et pénalités ainsi mis en recouvrement.

Mme A a formé oppositions contre ces actes de poursuite respectivement les 9 avril et

27 juillet 2020, lesquelles ont été rejetées par une décision du 31 août 2020. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme globale de 18 939,92 euros en droits et pénalités, restant due au titre du paiement des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de contributions sociales et des pénalités s'y rapportant laissées à sa charge au titre de l'année 1999.

Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :

2. Contrairement à ce que soutient l'administration en défense, quand bien même les trois saisies administratives délivrées respectivement le 12 mars 2020 auprès de la Société Générale et de Pôle Emploi, et le 9 juillet 2020 auprès de la Société Générale, se sont révélées infructueuses, Mme A, qui a également été destinataire d'une mise en demeure de payer datée du

12 mars 2020 pour un montant en droits et pénalités de 18 939,92 euros compte tenu des versements effectués, est recevable à demander la décharge de l'obligation de payer la dette fiscale se rapportant à cet acte de poursuite qu'elle a dûment contesté. Par conséquent, la fin de non-recevoir soulevée en défense ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions en décharge de l'obligation de payer :

3. D'une part, aux termes de l'article 1691 bis du code général des impôts : " I. - Les époux et les partenaires liés par un pacte civil de solidarité sont tenus solidairement au

paiement : 1° De l'impôt sur le revenu lorsqu'ils font l'objet d'une imposition commune ; () II. - 1. Les personnes divorcées ou séparées peuvent demander à être déchargées des obligations de paiement prévues au I ainsi qu'à l'article 1723 ter-00 B lorsque, à la date de la demande : a) le jugement de divorce ou de séparation de corps a été prononcé ; (). 2. La décharge de l'obligation de paiement est accordée en cas de disproportion marquée entre le montant de la dette fiscale, et, à la date de la demande, la situation financière et patrimoniale, nette de charges, du demandeur. () ". Aux termes de l'article 382 bis de l'annexe 2 à ce code : " La demande en décharge de responsabilité prévue par les dispositions du II de l'article 1691 bis du code général des impôts est adressée au directeur départemental des finances publiques du lieu d'établissement des impositions concernées ou, s'agissant d'impositions et de pénalités recouvrées par un service à compétence nationale, au directeur chargé de ce service. Elle est appuyée de toutes les justifications nécessaires à l'appréciation de la situation financière et patrimoniale, nette de charges, du demandeur. ". Aux termes de l'article 382 ter de cette même annexe : " Le directeur départemental des finances publiques ou le directeur chargé du service à compétence nationale se prononce dans un délai de six mois à compter de la date de sa réception sur la demande de décharge de responsabilité. () ". L'article 382 quater de la même annexe dispose : " Si aucune décision n'a été prise dans les délais prévus à l'article 382 ter ou lorsque la décision, notifiée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, ne lui donne pas satisfaction, le demandeur doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à compter : / a) Soit de la date d'expiration du délai mentionné au premier alinéa de l'article 382 ter ; / b) Soit de la date de notification de la décision prise sur la demande en décharge. / La procédure ne peut, à peine d'irrecevabilité, être engagée avant ces dates. / Le demandeur ne peut soumettre au juge des pièces justificatives autres que celles qu'il a déjà produites à l'appui de la demande de décharge de responsabilité qu'il a présentée au directeur départemental des finances publiques ou au directeur en charge du service à compétence nationale, ni invoquer des faits autres que ceux exposés dans cette demande ".

4. D'autre part, une décision administrative accordant un avantage financier crée des droits au profit de son bénéficiaire alors même que l'administration avait l'obligation de refuser cet avantage. Sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires, et hors les hypothèses d'inexistence de la décision en cause, de son obtention par fraude, ou de demande de son bénéficiaire, l'administration ne peut retirer une décision individuelle créatrice de droits, si elle est illégale, que dans le délai de quatre mois suivant son édiction.

5. Il résulte de l'instruction que le recouvrement des suppléments d'imposition à l'impôt sur le revenu qui ont été rétablis au rôle de M. et Mme C au titre de l'année 1999 en exécution de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles a été pris en charge par le pôle de recouvrement spécialisé de la direction nationale des vérifications de situations fiscales qui a édité la mise en demeure de payer du 29 mai 2018 adressée à la contribuable. Il résulte également de l'instruction que par un courrier du 16 mai 2014, Mme A a demandé au directeur départemental des finances publiques des Yvelines, département dans lequel elle réside, de la décharger de la responsabilité solidaire applicable aux époux pour le paiement de différentes impositions, dont une dette fiscale restant due de 92 366,43 euros au titre de l'impôt sur le revenu de l'année 1999 et de 17 729,43 euros au titre des contributions sociales de cette même année 1999. Cette demande, qui a été adressée à tort au directeur de la direction départementale des finances publiques des Yvelines doit être réputée avoir été réorientée vers le directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales en application des dispositions combinées des articles 382 bis de l'annexe 2 au code général des impôts et L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration s'agissant de suppléments d'imposition recouvrés par ce service à compétence nationale. Il suit de là que le directeur de la direction nationale des vérifications de situation fiscale est réputé avoir pris une décision implicite de refus qui doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme intervenue au plus tôt le

16 novembre 2014, soit à l'expiration du délai de six mois suivant la date à laquelle Mme A a adressé sa demande au directeur départemental des finances publiques des Yvelines, conformément à ce que prévoit l'article 382 ter de l'annexe 2 au code général des impôts.

6. Toutefois, par une décision du 9 juin 2015, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines, statuant explicitement sur la demande de Mme A et constatant une disproportion marquée entre le montant de la dette fiscale restant due et la situation financière de la contribuable, a accordé à cette dernière la décharge de responsabilité pour la totalité de la dette fiscale relative à l'impôt sur le revenu du au titre de l'année 1999, soit 92 366,43 euros, et il n'est pas établi que les suppléments d'imposition visés par l'acte de poursuite tels que rétablis par la cour administrative d'appel de Versailles dans son arrêt du 15 novembre 2011 ne seraient pas compris dans ce montant. Cette décision, qui statue une nouvelle fois sur la demande de

Mme A et accorde à cette dernière un avantage financier créateur de droits à son profit doit être regardée comme retirant implicitement mais nécessairement la décision implicite de refus née le 16 novembre 2014 du silence gardé par le directeur national des vérifications de situations fiscales sur sa demande. Il suit de là, quand bien même le directeur départemental des finances publiques des Yvelines n'était pas compétent pour prendre cette décision, que Mme A ne pouvait pas légalement être poursuivie en paiement solidaire des suppléments d'imposition en litige sans que ses droits acquis n'aient été méconnus. Mme A est dès lors fondée à demander la décharge de l'obligation de payer qui lui a été notifiée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 1 500 euros à verser à Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est déchargée de l'obligation de payer la somme globale de

18 939,92 euros en droits et pénalités, qui lui est réclamée pour avoir paiement des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de contributions sociales et des pénalités s'y rapportant laissées à sa charge au titre de l'année 1999.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au directeur départemental des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris et au directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales.

Copie en sera adressée pour information au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 31 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Vidal, présidente,

Mme Merino, première conseillère,

M. Baudat, conseiller.

Rendu public par sa mise à disposition au greffe le 14 juin 2023.

La rapporteure,

M. MERINO

La présidente,

S. VIDAL

La greffière,

S. RUBIRALTA

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires publics à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

2/1-1

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions