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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2018916

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2018916

vendredi 2 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2018916
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 4e Chambre
Avocat requérantCABINET MATUCHANSKY, POUPOT, VALDELIEVRE (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 novembre 2020 et 31 mars 2021, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté des Questeurs du 30 septembre 2020 en tant qu'il le classe au 8ème échelon de la grille des administrateurs et la décision du 4 novembre 2020 par laquelle la directrice des ressources humaines de l'Assemblée nationale a refusé de faire droit à sa demande du 25 octobre 2020 tendant au bénéfice du gain d'un échelon indiciaire ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit dès lors qu'il devait bénéficier des dispositions de l'arrêté des Questeurs du 5 juillet 2016 pour être reclassé au 9ème échelon de la grille des administrateurs.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mai 2021, l'Assemblée nationale, représentée par la SCP Matuchansky, Poupot et Valdelièvre, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le moyen soulevé par M. B n'est pas fondé.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le règlement intérieur sur l'organisation des services portant statut du personnel de l'Assemblée nationale ;

- l'arrêté des Questeurs n° 04-078 du 10 juin 2004 ;

- l'arrêté des Questeurs n°16-072 du 5 juillet 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Blusseau, conseiller,

- les conclusions de M. Degand, rapporteur public,

- les observations de Me Matuchansky, avocat de l'Assemblée nationale,

- et les observations de M. B.

Une note en délibéré présentée par M. B a été enregistrée le 19 novembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, agrégé d'économie et alors administrateur-adjoint de l'Assemblée nationale, a été titularisé dans le corps des administrateurs de l'Assemblée nationale à compter du 7 septembre 2020. Par un arrêté du 30 septembre 2020, il a été reclassé au 8ème échelon de la grille des administrateurs. Par un courrier du 4 novembre 2020, la directrice des ressources humaines de l'Assemblée nationale a refusé de faire droit à sa demande du 25 octobre 2020 tendant au bénéfice du gain d'un échelon indiciaire. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2020 en tant seulement qu'il le place au 8ème échelon de la classe des administrateurs et la décision du 4 novembre 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des dispositions de l'article 78 du règlement intérieur sur l'organisation des services portant statut du personnel de l'Assemblée nationale : " () lorsque, en raison de l'indice atteint dans leur ancien corps, ils [les fonctionnaires] ne peuvent plus être placés à l'échelon de base de leur nouveau corps, ils reçoivent le bénéfice d'un échelon d'avancement et font l'objet d'un reclassement dans leur nouvelle échelle de traitement () ".

3. Aux termes des dispositions de l'article 87 du règlement intérieur sur l'organisation des services portant statut du personnel de l'Assemblée nationale : " 1 Tout fonctionnaire du cadre ordinaire titulaire d'un diplôme de doctorat ou qui justifie d'un titre d'agrégé bénéficie d'une majoration de traitement égale à la valeur d'un échelon de son grade. 2 La majoration visée à l'alinéa ci-dessus ne modifie pas le rang d'ancienneté. ". Ces dispositions ont été abrogées à compter du 1er janvier 2017 par celles de l'article 1er de l'arrêté du bureau de l'Assemblée nationale n° 119/XIV du 15 juin 2016.

4. D'une part, aux termes des dispositions de l'article 1er de l'arrêté des Questeurs n° 04-078 du 10 juin 2004, en vigueur du 1er janvier 2005 au 1er janvier 2017, date à laquelle elles ont été abrogées : " Les modalités d'application des dispositions de l'article 87 du Règlement intérieur susvisés sont fixées ainsi qu'il suit : - les fonctionnaires du cadre ordinaire titulaire d'un diplôme de doctorat ou justifiant d'un titre d'agrégé sont placés à l'échelon de leur classe ou de leur grade immédiatement supérieur à celui auquel ils seraient placés en l'absence des dispositions ; / - à compter du jour où ils comptent plus de deux ans d'ancienneté dans l'échelon terminal de leur classe ou de leur grade, ils bénéficient d'une bonification indiciaire de 60 points d'indice majoré. () ".

5. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article 1er de l'arrêté des Questeurs n° 16-072 du 5 juillet 2016, en vigueur à partir du 1er janvier 2017 : " Les fonctionnaires du cadre ordinaire qui, à la date d'entrée en vigueur de l'arrêté du Bureau n° 119/XIV du 15 juin 2016, ont bénéficié du gain d'échelon indiciaire, en application du deuxième alinéa de l'article premier de l'arrêté des Questeurs n° 04-078 du 10 juin 2004, conservent l'avantage individuellement acquis à ce titre ".

6. Il ressort des pièces du dossier que pour reclasser M. B dans le corps des administrateurs au 8ème échelon en septembre 2020, l'administration a estimé qu'elle devait uniquement faire application des dispositions précitées de l'article 78 du règlement intérieur sur l'organisation des services portant statut du personnel de l'Assemblée nationale pour se fonder sur l'échelon indiciaire qu'il avait atteint dans le corps des administrateurs-adjoints au moment de son reclassement et que la situation de l'intéressé prenait déjà en compte le gain obtenu par les dispositions précitées de l'article 87 du règlement intérieur sur l'organisation des services portant statut du personnel de l'Assemblée nationale.

7. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des dispositions précitées de l'article 1er de l'arrêté du 5 juillet 2016 qu'elles se bornent à expliciter pour les situations en cours le maintien des avantages acquis antérieurement au 1er janvier 2017 au titre de l'article 87 précité et de l'arrêté d'application du 10 juin 2004. Ces dispositions de l'arrêté du 5 juillet 2016 ne prévoient nullement que, postérieurement au 1er janvier 2017, les fonctionnaires peuvent encore bénéficier d'un gain d'échelon supplémentaire.

8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'à partir 1er janvier 2005, pendant qu'il était administrateur-adjoint, M. B a bénéficié des dispositions précitées de l'article 87 en étant placé à l'échelon de sa classe ou de son grade immédiatement supérieur à celui auquel il aurait été placé en l'absence de ces dispositions et qu'en avril 2017, il a atteint le 7ème échelon de son grade qui est l'échelon terminal. Dans ces conditions, c'est à bon droit qu'en septembre 2020, pour reclasser M. B dans le corps des administrateurs au 8ème échelon, l'administration a uniquement fait application des dispositions de l'article 78 citées au point 2 du présent jugement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions en litige sont entachées d'une erreur de droit. Il s'ensuit que le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

11. D'autre part, et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'Assemblée nationale sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. B la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par l'Assemblée nationale et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera à l'Assemblée nationale une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Assemblée nationale.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Riou, présidente,

M. Julinet, premier conseiller,

M. Blusseau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.

Le rapporteur,

A. BLUSSEAU

La présidente,

C. RIOU

La greffière,

A. LOUART

La République mande et ordonne à la présidente de l'Assemblée nationale, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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