vendredi 3 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2021040 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | LE CORNO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 décembre 2020, le 29 décembre 2022 et le 16 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Le Corno, demande au tribunal :
1°) de déclarer inexistante la décision du 5 juillet 2012 par laquelle le commandant des sapeurs-pompiers de Paris a mis fin à sa mise à disposition de la base d'hélicoptères de la sécurité civile de Bordeaux et l'a affecté à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris ;
2°) d'annuler la décision en date du 14 octobre 2020 par laquelle le président de la commission des recours des militaires a constaté la forclusion de son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision précitée du 5 juillet 2012 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 5 juillet 2012, qui constitue l'aboutissement du harcèlement moral qu'il a subi et qui a été reconnu par le tribunal correctionnel de Bordeaux dans son jugement du 20 décembre 2019, doit être déclaré nul et de nul effet ;
- la décision du 14 octobre 2020 est par voie de conséquence illégale, les actes inexistants pouvant être contestés sans condition de délai ;
- à titre subsidiaire, l'intervention du jugement correctionnel du 20 décembre 2019 est constitutif de " circonstances particulières " permettant d'écarter l'application du délai raisonnable d'un an prévu par la jurisprudence du Conseil d'Etat du 13 juillet 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions en déclaration d'inexistence de la décision du 5 juillet 2012 sont tardives, cette décision ne pouvant être regardée comme un acte nul et de nul effet susceptible d'être déféré au juge de l'excès de pouvoir sans condition de délai, et les conclusions litigieuses ayant été enregistrées après l'expiration du délai raisonnable au-delà duquel il est impossible d'exercer un recours juridictionnel.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est entré en service en janvier 1986 à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) en qualité de sapeur-pompier. Il a été mis à disposition de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises au sein du ministère de l'intérieur par un arrêté du 2 décembre 1994 et a été affecté, le 1er décembre 2006, à la base d'hélicoptères de la sécurité civile de Bordeaux en qualité de mécanicien opérateur de bord. Par une lettre du 2 mai 2012, le ministre de l'intérieur a demandé au commandant de la BSPP de réintégrer M. B dans ses rangs à compter du 1er août 2012. Par une décision du 5 juillet 2012, le général commandant la BSPP a affecté M. B au bureau prévention de la BSPP à compter du 1er août 2012, ce qui a mis fin à sa mise à disposition au profit du ministère de l'intérieur. Le 2 octobre 2020, M. B a formé contre cette décision un recours administratif préalable devant la commission des recours des militaires. Par décision du 14 octobre 2020, le président de la commission des recours des militaires a constaté la forclusion de son recours et l'a informé que celui-ci ne pourrait être examiné par la commission. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de déclarer nul et de nul effet la décision précitée du 5 juillet 2012 et d'annuler la décision du 14 octobre 2020 constatant la forclusion de son recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 14 octobre 2020 :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 4125-1 du code de la défense : " I. - Tout recours contentieux formé par un militaire à l'encontre d'actes relatifs à sa situation personnelle est précédé d'un recours administratif préalable, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. / Ce recours administratif préalable est examiné par la commission des recours des militaires, placée auprès du ministre de la défense. () ". Aux termes de l'article R. 4125-2 du même code : " A compter de la notification ou de la publication de l'acte contesté, ou de l'intervention d'une décision implicite de rejet d'une demande, le militaire dispose d'un délai de deux mois pour saisir la commission par tout moyen conférant date certaine de réception de cette saisine au secrétariat permanent placé sous l'autorité du président de la commission. () / () / () / Lorsque le recours est formé après l'expiration du délai de recours mentionné au premier alinéa, le président de la commission constate la forclusion et en informe l'intéressé. () ".
3. D'autre part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a eu connaissance de la décision du 5 juillet 2012 prononçant son affectation au bureau prévention de la BSPP à compter du 1er août 2012 et mettant ainsi fin à sa mise à disposition de la base d'hélicoptères de la sécurité civile de Bordeaux, dépendant du ministère de l'intérieur, au plus tard le 7 octobre 2015, date à laquelle il a produit cette décision à l'appui d'un recours formé devant le tribunal administratif de Pau. Il est en outre constant que le recours administratif préalable obligatoire formé contre cette décision par M. B a été enregistré à la commission des recours des militaires le 7 octobre 2020, soit cinq ans plus tard.
5. Si M. B fait valoir que la fin de sa mise à disposition de la base d'hélicoptères de la sécurité civile de Bordeaux est intervenue en raison des difficultés importantes qu'il a rencontrées avec son chef de base et qui étaient imputables aux agissements de celui-ci, au titre desquels l'intéressé a été reconnu coupable de harcèlement moral par un jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux du 20 décembre 2019, l'intervention de ce jugement, dont il est au demeurant constant qu'il a été frappé d'appel, n'est pas de nature à établir que la décision litigieuse du 5 juillet 2012 serait entachée d'une irrégularité d'une gravité telle qu'elle doive être regardée comme nulle et de nul effet, et susceptible à ce titre d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir sans condition de délai. L'intervention de ce jugement correctionnel n'est pas davantage susceptible de constituer une circonstance particulière justifiant de proroger au-delà d'un an le délai raisonnable au-delà duquel il est impossible d'exercer un recours juridictionnel.
6. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que le président de la commission des recours des militaires a constaté, par sa décision du 14 octobre 2020, que le recours de M. B contre la décision du 5 juillet 2012 était atteint de forclusion. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 octobre 2020.
Sur les conclusions tendant à la déclaration d'inexistence de la décision du 5 juillet 2012 :
7. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, la décision du 5 juillet 2012 prononçant l'affectation de M. B au sein de la BSPP à compter du 1er août 2012 et mettant ainsi fin à sa mise à disposition de la base d'hélicoptères de la sécurité civile de Bordeaux ne peut être regardée comme entachée d'une irrégularité d'une gravité telle qu'elle doive être regardée comme nulle et de nul effet, et susceptible à ce titre d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir sans condition de délai. La requête de M. B n'a été enregistrée que le 10 décembre 2020, soit après l'expiration du délai raisonnable d'un an ayant commencé à courir au plus tard le 7 octobre 2015. Les conclusions du requérant tendant à la déclaration d'inexistence de la décision du 5 juillet 2012 ne peuvent dès lors, et en tout état de cause, qu'être rejetées comme tardives.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 20 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marino, président,
M. Le Broussois, premier conseiller,
M. Lautard-Mattioli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2023.
Le rapporteur,
N. C
Le président,
Y. Marino
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2021040/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026