mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2021416 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | DUHAYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2020, M. A C, représenté par Me Duhayon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 novembre 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement et de lui faire bénéficier sans délai de l'allocation pour demandeur d'asile, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Duhayon, son avocate, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen ;
- elle méconnaît l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 20 point 1 de la directive n°2013/33/UE du 26 juin 2013 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 25 octobre 2022.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 9 février 2021, la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. C a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Ménéménis, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant afghan né le 6 juin 1995, est entré en France selon ses déclarations en juillet 2020. Il a déposé une demande d'asile le 27 juillet 2020 et placé en procédure dite Dublin. Le 28 juillet 2020, M. C a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par un arrêté du 8 septembre 2020, le préfet de police lui a notifié son transfert aux autorités allemandes. Il a formé un recours en annulation contre cet arrêté, rejeté par un jugement n° 2015176 du tribunal administratif de Paris le 13 octobre 2020. Par une décision du 27 octobre 2020 l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a notifié son intention de suspendre ses conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 30 novembre 2020, l'OFII lui a notifié la suspension de ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en ne se présentant pas aux autorités. Par la présente requête, M. C demande au tribunal l'annulation de la décision du 30 novembre 2020.
2. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables ainsi que la décision du Conseil d'Etat du 31 juillet 2019 et indique que la suspension des conditions matérielles d'accueil est justifiée par l'absence de présentation des requérants aux autorités. Elle comporte ainsi, avec suffisamment de précisions, les circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, de façon à permettre à son destinataire d'en comprendre les motifs à sa seule lecture. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. [] ".
5. Si M. C fait valoir que la décision attaquée aurait dû être précédée d'un entretien de vulnérabilité, il ne résulte pas des dispositions précitées qu'un second entretien de vulnérabilité aurait dû nécessairement être réalisé à l'occasion de la suspension de ses conditions matérielles d'accueil, même s'il était loisible à l'OFII de le faire. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure est inopérant et doit être écarté. En outre, les termes mêmes de la décision contestée indiquent que l'évaluation de la situation personnelle et familiale des requérants " ne fait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité () ni de besoins particuliers en matière d'accueil ". Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII aurait omis d'examiner sa situation et notamment de prendre en compte la vulnérabilité de l'intéressé.
6. En quatrième lieu, par des décisions n° 428530 et n° 428564 du 31 juillet 2019, le conseil d'Etat statuant au contentieux a jugé que dans l'attente de la modification des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, jugées partiellement incompatibles avec la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, il reste possible à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui a refusé le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation. Il lui est également possible, dans les mêmes conditions et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C ne s'est pas présenté aux convocations de la préfecture des 22 et 29 septembre 2020 et a en conséquence été déclaré en fuite le 5 octobre 2020. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en estimant qu'il s'était abstenu de se présenter aux autorités chargées de l'asile.
8. En cinquième lieu, si M. C invoque la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles: " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ", il n'apporte aucun élément de nature à établir la méconnaissance de ces stipulations. Le moyen doit donc être écarté.
9. En sixième lieu, le requérant ne saurait utilement se prévaloir, pour contester la décision litigieuse, d'une méconnaissance de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, laquelle a fait l'objet d'une transposition en droit interne et dont il ne critique pas les mesures de transposition. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'inconventionnalité de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 30 novembre 2020. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte doivent être rejetées. L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Duhayon.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Giraudon, présidente,
- Mme Marcus, première conseillère,
- Mme Castéra, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
La rapporteure,
A. B
La présidente,
M.-C. GiraudonLe greffier,
Y. Fadel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026