jeudi 5 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2022240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BAKER & MCKENZIE A.A.R.P.I. |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 décembre 2020 et 25 avril 2021, M. G H F demande l'annulation de la décision du 2 novembre 2020 par laquelle la directrice des ressources humaines de la direction des infrastructures de la société Orange (DIF) a prononcé un avertissement à son encontre.
Il soutient que :
- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;
- cette décision est entachée d'une erreur matérielle, l'orthographe de son prénom étant erronée ;
- le principe du contradictoire a été méconnu dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de se défendre ;
- la sanction prononcée à son encontre n'est pas proportionnée aux faits qui lui sont reprochés dès lors qu'il n'a pas tenu de propos injurieux vis-à-vis de son manager mais a uniquement entendu alerter sa hiérarchie quant au mode de management employé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 25 mars et 2 juin 2021, le président de la société Orange, représenté par l'AARPI Baker et McKenzie, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. F une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 ;
- le décret n°2004-980 du 17 septembre 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public,
- et les observations de Me Perche, pour la société Orange.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. G F, fonctionnaire de grade IV.1, occupant le poste de chargé d'études et de prospective au sein du domaine " data center " de la direction des infrastructures de la société Orange, demande l'annulation de la décision du 2 novembre 2020 par laquelle la directrice des ressources humaines de la direction des infrastructures de la société Orange a prononcé un avertissement à son encontre.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme E A, directrice des ressources humaines de la direction des infrastructures de la société Orange, disposait d'une délégation de signature, par décision du 4 mai 2020 prise par Mme D C, directrice des ressources humaines de la direction technique et du système d'information, laquelle avait elle-même reçu délégation à effet de signer toutes les décisions de sanction, à l'exception de la révocation et de mise à la retraite d'office prises par le ministre chargé des télécommunications, pour les fonctionnaires d'Orange de grade I.1 à IV.2. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la circonstance que la décision en litige soit entachée d'une erreur matérielle tenant à ce que le prénom de M. F a été incorrectement orthographié est sans incidence sur sa légalité. Le moyen doit donc être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 2 juillet 1990 : " Les personnels () de France Télécom sont régis par des statuts particuliers, pris en application de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État, qui comportent des dispositions spécifiques dans les conditions prévues aux alinéas ci-après, ainsi qu'à l'article 29-1. ". Et aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version alors en vigueur : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. () / Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'État, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. () ".
5. M. F soutient que le principe du contradictoire a été méconnu dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de se défendre préalablement au prononcé de la sanction prise à son encontre et qu'il n'a pas été averti des griefs articulés contre lui. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par un courriel du 23 septembre 2020, M. F a été convoqué par son supérieur hiérarchique direct pour s'expliquer de vive voix sur les propos tenus dans un courriel du 4 septembre 2020, lors d'un entretien prévu pour le 2 octobre suivant. M. F ne conteste pas ne pas s'être présenté à ce rendez-vous. Il a ensuite été averti par un courrier du 21 octobre 2020 qu'une sanction du premier groupe était susceptible d'être prise à son encontre et qu'il pouvait venir consulter son dossier, en obtenir copie et se faire assister par un ou plusieurs défendeurs, lesquels pouvaient également prendre connaissance des pièces du dossier. M. F a demandé copie de son dossier le 26 octobre 2020, lequel comprenait les échanges de courriels litigieux. A cet égard, la circonstance que le dossier disciplinaire de M. F ne contenait que les échanges litigieux n'est pas de nature à établir que celui-ci aurait été incomplet dès lors que la sanction qui a été prise à son encontre reposait exclusivement sur la teneur du message adressé par le requérant à son supérieur hiérarchique. Il s'ensuit que M. F a été suffisamment averti de la teneur des griefs articulés à son encontre et qu'il a pu présenter ses observations en temps utile, préalablement à l'édiction de la sanction en cause, laquelle n'impliquait pas la réunion du conseil de discipline s'agissant d'une sanction du premier groupe.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 28 de la loi du 13 juillet 1983, dans sa version alors en vigueur : " Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. Il n'est dégagé d'aucune des responsabilités qui lui incombent par la responsabilité propre de ses subordonnés. ". L'article 29 de cette loi, dans sa version alors en vigueur, dispose que : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Enfin, aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984, dans sa version alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. / Premier groupe : l'avertissement ; le blâme () ".
7. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
8. M. F soutient que la sanction d'avertissement qui lui a été infligée n'est pas proportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés. Il ressort des pièces du dossier que, par un courriel du 4 septembre 2020 adressé à son supérieur hiérarchique direct en réponse à un message du 31 août 2020 lui indiquant que les journées en télétravail complet seraient limitées à deux jours par semaine, à compter du 1er septembre 2020, M. F a précisé que sa demande de télétravail pour trois jours par semaine ayant été précédemment validée, il entendait qu'elle " soit honorée ", avant d'ajouter que " mis à part la création des sections spéciales par P. Pétain, aucune loi en France n'a d'effet rétroactif ! ", puis que " Ton argument maintes fois énoncé :"j'obéis aux ordres" ressemble dangereusement à la défense d'A. Eichmann ". Ces propos, qui revêtent une particulière gravité, étaient de nature à justifier une sanction d'avertissement, laquelle apparaît proportionnée aux faits reprochés au requérant. Le moyen doit, par suite, être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. F doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas a lieu de condamner M. F à verser la somme demandée par la société Orange sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Orange sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G H F et au président de la société Orange.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2023.
Le rapporteur,
A. B
La présidente,
F. Versol Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026