jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2022560 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABANES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 décembre 2020 et 17 mai 2022, la société Verre et Metal, représentée par Me Marquet (SELARL Cabouche et Marquet) demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le titre de recettes n° 2012199 émis le 17 décembre 2020 par le port autonome de Paris, aux droits duquel le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine est venu, d'un montant de 1 354 290, 24 euros toutes taxes comprises ;
2°) de mettre à la charge du grand port fluvio-maritime de l'axe Seine la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire est illégal dès lors qu'il est fondé sur un décompte général qui n'était pas définitif lors de son émission ;
- il est illégal dès lors que la retenue effectuée au titre du marché de substitution d'un montant de 1 590 503 euros HT, majoré de la somme de 1 537, 81 euros HT relative à la révision du prix, n'est pas justifiée ; d'une part, la mise en régie des travaux n'était pas justifiée, d'autre part, le marché de substitution n'est pas identique au marché initial qu'elle a conclu et ne porte donc pas sur l'achèvement des prestations de ce marché ;
- la retenue relative aux pénalités de retard n'est pas justifiée dès lors que le retard du chantier est imputable à la requalification de l'amiante en matériau friable et au remplacement du maître d'œuvre à compter seulement du 13 avril 2011 lequel a modifié la méthodologie de traitement des produits contenant de l'amiante ;
- la retenue pratiquée au titre des surcoûts que représente l'exécution du marché de substitution n'est pas justifiée dès lors que ce marché n'est pas identique au marché initial et ne porte pas sur la même prestation que celle qui faisait l'objet de ce marché ;
- le remboursement des avances payées en contrepartie des prestations exécutées n'est pas non plus justifié.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2021, le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine, venant aux droits du port autonome de Paris, représenté par Me Cabanes (SELARL Cabinet Cabanes Avocats), conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Verre et Metal au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête sont infondés.
Par une ordonnance du 18 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 17 juin 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- l'ordonnance n° 2021-614 du 19 mai 2021 ;
- le décret n° 76-87 du 21 janvier 1976 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le décret n° 2021-618 du 19 mai 2021 ;
- l'arrêté du 22 août 2002 relatif aux consignes générales de sécurité du dossier technique amiante, au contenu de la fiche récapitulative et aux modalités d'établissement du repérage, pris pour l'application de l'article 10-3 du décret n° 96-97 du 7 février 1996 modifié ;
- l'arrêté du 22 février 2007 définissant les travaux de confinement et de retrait de matériaux non friables contenant de l'amiante présentant des risques particuliers en vue de la certification des entreprises chargées de ces travaux ;
- l'arrêté du 22 février 2007 définissant les conditions de certification des entreprises réalisant des travaux de retrait ou de confinement de matériaux contenant de l'amiante ;
- le jugement n° 2022559 du tribunal du 23 février 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Privet, rapporteure publique,
- les observations de Me Rivaille, représentant la société Verre et Metal et celles de Me Cabanes, représentant le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine.
Une note en délibéré, présentée pour le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine, a été enregistrée le 10 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement signé le 12 juillet 2007, le port autonome de Paris, établissement public de l'Etat aux droits duquel est venu le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine (ci-après " Haropa Port "), a attribué à la société Verre et Metal, qui était par ailleurs mandataire du groupement d'entreprises titulaires des deux autres lots du marché, le lot n°1, " réfection des façades ", d'un marché public de travaux portant sur la réhabilitation de son siège situé quai de Grenelle dans le 15ème arrondissement de Paris, pour un prix global et forfaitaire de 1 457 732 euros HT. Avant la réalisation des travaux, qui impliquaient notamment la dépose des vitrages des fenêtres de la façade, il a été constaté la présence d'amiante " compacte " dans les mastics des fenêtres, par un premier rapport établi par la société Bureau Veritas le 10 juillet 2006. Toutefois, un second rapport établi, après l'engagement des travaux, le 12 décembre 2007, par ce même diagnostiqueur, a constaté la désagrégation de l'amiante présente dans les mastics de vitrage lors des démontages de ceux-ci. Estimant que cette requalification des matériaux amiantés faisait obstacle à la poursuite du chantier dans les conditions prévues par le marché, la société Verre et Metal a interrompu les travaux. Informée de l'intention de l'administration de prononcer la mise en régie de ses travaux pour abandon de chantier, la société a ensuite saisi le juge des référés de ce tribunal d'une demande d'expertise au mois de janvier 2009. L'expert désigné par une ordonnance n° 0900373 du 20 avril 2009 a déposé son rapport le 3 avril 2011.
2. A la suite du dépôt de ce rapport d'expertise puis du remplacement du maître d'œuvre, en raison du décès du représentant de la société Peltier SA qui était jusqu'alors titulaire du marché de maîtrise d'œuvre, une nouvelle méthodologie propre au traitement de l'amiante dite friable a été préconisée par le maître d'œuvre. La société Verre et Metal, estimant que cette nouvelle méthodologie excédait les prévisions du marché, n'a pas repris le chantier. Le 12 décembre 2012, après avoir mis la société en demeure de reprendre l'exécution des travaux, le port autonome de Paris lui a notifié sa décision du 26 novembre 2012 de mise en régie, à ses frais et risques, des travaux nécessaires pour terminer le chantier. Le port autonome de Paris a ensuite conclu un marché de substitution avec la société S.E.T Environnement le 15 octobre 2013, dont les travaux ont été réceptionnés le 25 juillet 2014 et les réserves levées le 27 juillet 2015. Il a, dans le même temps, sollicité la désignation d'un expert aux fins de constater la dégradation des éléments de façade conservés puis livrés par la société Verre et Metal pendant l'interruption du chantier. L'expert désigné par une ordonnance n° 1214960 du juge des référés du tribunal du 22 octobre 2013 a remis son rapport le 24 janvier 2014.
3. Le 1er avril 2016, le port autonome de Paris a notifié à la société Verre et Metal, le décompte général du marché, faisant état d'un solde débiteur de 1 128 575, 20 euros (1 354 290, 24 euros TTC), après déduction, d'une part, du montant du marché de substitution (1 590 503 euros HT) majoré d'une révision de prix (1 537, 81 euros HT), d'autre part, des pénalités de retard (7 400 euros HT), enfin, du montant des acomptes déjà versés (986 866, 39 euros HT). Par un mémoire en réclamation remis le 17 mai 2016, la société Verre et Metal a contesté le décompte général du marché et sollicité le versement d'une indemnité de 410 104, 04 euros, au titre de la perte de marge sur son chiffre d'affaires du fait de la mise en régie, des frais de stockage des fournitures, des dépenses en moyens matériels et humains pendant l'arrêt du chantier et des frais de conseil et d'expertise qu'elle a exposés. Le port autonome de Paris n'a pas donné suite à cette réclamation mais a notifié à la société, le 22 décembre 2020, un titre de perception d'un montant de 1 354 290, 24 euros TTC correspondant au solde du marché.
4. Par la présente requête, la société Verre et Metal demande au tribunal d'annuler le titre de perception qui lui a été notifié le 22 décembre 2020.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du titre de perception :
5. Il résulte des règles générales applicables aux contrats administratifs que le maître d'ouvrage de travaux publics qui a vainement mis en demeure son cocontractant d'exécuter les prestations qu'il s'est engagé à réaliser conformément aux stipulations du contrat, dispose de la faculté de faire exécuter celles-ci, aux frais et risques de son cocontractant, par une entreprise tierce ou par lui-même. La mise en régie, destinée à surmonter l'inertie, les manquements ou la mauvaise foi du cocontractant lorsqu'ils entravent l'exécution d'un marché de travaux publics, peut être prononcée même en l'absence de toute stipulation du contrat le prévoyant expressément, en raison de l'intérêt général qui s'attache à l'achèvement d'un ouvrage public. La mise en œuvre de cette mesure coercitive, qui revêt un caractère provisoire, qui peut porter sur une partie seulement des prestations objet du contrat et qui n'a pas pour effet de rompre le lien contractuel existant entre le maître d'ouvrage et son cocontractant, ne saurait être subordonnée à une résiliation préalable du contrat par le maître d'ouvrage. Le cocontractant défaillant doit être mis à même de suivre l'exécution du marché de substitution ainsi conclu afin de lui permettre de veiller à la sauvegarde de ses intérêts, les montants découlant des surcoûts supportés par le maître d'ouvrage en raison de l'achèvement des travaux par un nouvel entrepreneur étant à sa charge.
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la présence d'amiante dans les mastics des vitrages des façades à déposer a été signalée avant le commencement des travaux, le rapport établi le 10 juillet 2006 par la société Bureau Veritas relevant des produits amiantés d'aspect " compact-marron " présents sur une surface " en bon état ". Compte tenu de ce diagnostic, les prévisions initiales du marché ont exclu toute manipulation spécifique relative au traitement des matériaux amiantés, à l'exception de celle relative au traitement et à l'évacuation des déchets dangereux. De même, les certifications propres aux travaux de confinement ou de retrait de matériaux friables contenant de l'amiante, alors prévues par l'article R. 231-59 du code du travail et par les arrêtés du 22 février 2007 susvisés, n'ont pas été exigées du titulaire du marché.
7. Or il résulte de l'instruction, en particulier du rapport établi par la société Bureau Veritas le 12 décembre 2007 et de la lettre rédigée le même jour par la société O.M.C présente lors du contrôle, qu'il a été constaté, dès le mois de décembre 2007, que les matériaux contenant de l'amiante étaient en réalité " dégradés localement " et que les " mastics de vitrage se désagrége[aient] lorsqu'on les sollicit[ait] mécaniquement (chocs et vibrations sur les vitrages) lors des démontages. Des morceaux et poussières de mastic ont pu être observés dans les polyanes des confinements mis en place lors des phases de démontages ". Face à ce constat, la société O.M.C a ainsi préconisé la requalification de l'opération en démantèlement de produit contenant de l'amiante nécessitant l'intervention d'une entreprise agréée et possédant la qualification requise, avec élaboration d'un programme et de prescriptions par un maître d'œuvre spécialisé. Le rapport d'expertise du 3 avril 2011 confirme que le " mastic est fendillé [de sorte] que lors du remplacement de vitre brisée, les sollicitations physiques-vibrations rendent le mastic friable " et que " sous la sollicitation des vibrations transmises lors du démontage des panneaux de façades il y a inévitablement des fibres dans l'air, tant pour la face extérieure, et dans ce cas c'est l'opérateur d'entreprise qui inhale les poussières émises, que pour les salariés de l'établissement pour la face intérieure ".
8. Il est vrai que l'expert a néanmoins relevé, dans son rapport remis au mois d'avril 2011, que, d'un point de vue technique, la méthodologie prévue par l'entreprise, consistant en la dépose des fenêtres sans démontage des vitres de leurs châssis, demeurait envisageable, sans qualification particulière, sous réserve de prévoir un " encapsulage " des joints pour conserver le matériau en place sans dissémination. Cependant, il résulte de l'instruction que, jusqu'au dépôt du rapport de l'expert et en dépit des constatations faites dès le mois de décembre 2007 remettant sérieusement en cause l'analyse initiale relative à la nature de l'amiante présente dans les mastics des vitrages, ni le maître d'œuvre ni le maître de l'ouvrage n'ont précisé leur analyse ou préconisé des mesures spécifiques pour éviter la dissémination de l'amiante lors du retrait des matériaux en cause. Dans ces conditions, il ne saurait être reproché à la société Verre et Metal de ne pas avoir d'elle-même eu recours à la solution d'encapsulage évoquée, pour la première fois, dans le rapport de l'expert judiciaire au mois d'avril 2011. Par suite, et compte tenu des obligations découlant de la requalification de l'amiante contenue dans les mastics des vitrages en raison du risque pour la santé des personnes présentes sur le chantier et dans le bâtiment en cause, il ne saurait être reproché à la société Verre et Metal d'avoir interrompu les travaux entre le mois de décembre 2007 et la remise du rapport de l'expert au mois d'avril 2011.
9. Quant au refus de la société Verre et Metal de reprendre les travaux à compter du mois d'avril 2011, il est constant qu'à la date à laquelle l'administration a exigé la reprise des travaux, le nouveau maître d'œuvre désigné avait défini une nouvelle méthodologie adaptée au retrait des produits amiantés exigeant une certification spécifique dont la société Verre et Metal était dépourvue. Si, comme Haropa Port le fait valoir, les travaux pouvaient néanmoins être confiés à un sous-traitant agréé, il résulte de l'instruction, notamment du mémoire adressé par la société Verre et Metal le 11 octobre 2012 en réponse à la mise en demeure préalable à la mise en régie, que celle-ci a proposé un sous-traitant, la société DBS, au maître de l'ouvrage au mois de décembre 2011, suivant un devis de 137 747 euros HT auquel il n'a pas été donné suite, alors au demeurant que ce devis est significativement inférieur au montant des travaux d'installation et de désamiantage prévus par le marché de substitution conclu par la suite par le maître de l'ouvrage à hauteur de la somme de 330 870 euros HT. Les allégations de l'administration selon lesquelles la société Verre et Metal aurait en réalité renoncé à soumettre un sous-traitant à son agrément ne sont étayées par aucune pièce alors qu'outre le mémoire du 11 octobre 2012 de la société, celui du 12 décembre 2012 contestant la mise en régie rappelle également la proposition de la société de confier les travaux en sous-traitance à la société DBS. Dans ces conditions, il n'est pas établi que la défaillance de la société Verre et Metal justifiait la mise en régie des travaux le 26 novembre 2012.
10. Il résulte de ce qui précède que la mesure de mise en régie n'étant pas fondée, aucun surcoût résultant de cette mesure ne peut être mis à la charge de la société Verre et Metal. Par suite, et comme le tribunal l'a jugé par un jugement n° 2022559 du 23 février 2023 arrêtant le solde du marché au bénéfice de la société Verre et Metal, celle-ci est fondée à soutenir qu'elle ne saurait être redevable du montant du marché de substitution conclu le 15 octobre 2013 par le port autonome de Paris avec la société S.E.T Environnement à hauteur de la somme de 1 590 503 euros HT et du montant de la révision de prix de 1 537, 81 euros HT.
11. En outre, il résulte de ce qui a été énoncé aux points 8 et 9 du présent jugement que le retard dans l'exécution des travaux n'est pas imputable à la société Verre et Metal. Par suite, et comme le tribunal l'a jugé par le jugement n° 2022559 du 23 février 2023 précité, la société requérante est également fondée à soutenir qu'elle ne saurait être redevable des pénalités de retard d'un montant de 7 400 euros HT qui ont été mises à sa charge par le titre de perception litigieux.
12. Enfin, il résulte de l'instruction que le décompte fait apparaître, au débit de la société, la somme de 986 866, 39 euros correspondant au montant des acomptes versés avant l'interruption du chantier au titre des prestations réalisées entre les mois d'août 2007 et juin 2008. Dès lors qu'aucun élément n'est apporté par le maître d'ouvrage pour établir que les prestations réalisées ne justifiaient en réalité pas les sommes versées et comme le tribunal l'a jugé par le jugement n° 2022559 du 23 février 2023 précité, la société Verre et Metal est fondée à soutenir que c'est à tort que la somme de 986 866, 39 euros a été mise à sa charge par le titre de perception litigieux.
13. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, la société Verre et Metal est fondée à demander l'annulation du titre de perception émis le 17 décembre 2020 par le port autonome de Paris, d'un montant de 1 354 290, 24 euros TTC.
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du grand port fluvio-maritime de l'axe Seine une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Verre et Metal et non compris dans les dépens.
15. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Verre et Metal, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de perception émis le 17 décembre 2020 par le port autonome de Paris, d'un montant de 1 354 290, 24 euros TTC, est annulé.
Article 2 : Le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine versera à la société Verre et Metal une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Verre et Metal et au grand port fluvio-maritime de l'axe Seine.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Amat, présidente,
Mme Armoët, première conseillère,
Mme Guglielmetti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe 23 février 2023.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
N. AMAT
La greffière,
P. TARDY-PANIT
La République mande et ordonne au ministre chargé des ports maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026