jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2100162 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | HAKIKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 janvier 2021 et 15 décembre 2022, Mme A C, représentée par Me Hakiki, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de nomination de M. B E au poste de chef du bureau de actions de prévention et de protection sanitaire, au sein de la sous-direction de la protection sanitaire et de l'environnement, à la direction des transports et de la protection du public, prononcée par arrêté du préfet de police du 17 juillet 2020 et, par voie de conséquence, l'arrêté du ministre de l'intérieur du 31 août 2020 portant nomination et détachement de M. E dans le corps des conseillers d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer (CAIOM), ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 10 novembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
3°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens.
Elle soutient que :
- ses conclusions à fin d'annulation sont recevables ;
- la décision du 17 juillet 2020 est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la nouvelle publication d'un avis de vacance ;
- cette décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que la nomination de M. E est intervenue en dehors de la campagne de mobilité nationale organisée au cours du second semestre 2019, rompant ainsi l'égalité de traitement entre les agents publics ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit dès lors que le ministre ne pouvait procéder à la nomination de M. E dans un emploi de CAIOM, alors que l'intéressé ne remplissait pas toutes les conditions statutaires pour être détaché sur un tel emploi ;
- cette décision est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 septembre 2022 et 30 janvier 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de la requête dirigées contre l'arrêté du 31 août 2020 sont irrecevables ;
- les moyens invoqués par Mme C ne sont pas fondés.
La requête et le mémoire de Mme C ont été communiqués au ministre de l'intérieur qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État ;
- le décret n° 2007-1488 du 17 octobre 2007 ;
- l'arrêté du 29 novembre 2018 fixant le nombre des emplois de conseiller d'administration et le nombre de ces emplois et des emplois à forte responsabilité bénéficiant de la nouvelle bonification indiciaire au sein des services du ministère de l'intérieur ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pény, rapporteur,
- les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public,
- les observations de Mme C,
- et les observations de M. D, pour le préfet de police.
Une note en délibéré présentée par le préfet de police a été enregistrée le 14 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, attachée principale d'administration de l'État au sein de la préfecture de police, demande l'annulation de l'arrêté du 17 juillet 2020 par lequel M. B E a été nommé au poste de chef du bureau des actions de prévention et de protection sanitaire, au sein de la sous-direction de la protection sanitaire et de l'environnement (SDPSES), à la direction des transports et de la protection du public (DDPP) et, par voie de conséquence, la décision de nomination de l'intéressé en tant que conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer (CAIOM). Elle demande également l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 10 novembre 2020.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a sollicité, en vain, la communication de l'arrêté du 31 août 2020 auprès du ministre de l'intérieur, par un courrier du 27 novembre 2020. Mme C a ensuite saisi, le 17 décembre 2020, la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) afin d'obtenir la communication de cet arrêté. Il s'ensuit que la requérante établit suffisamment être dans l'impossibilité de produire cet acte, dont l'existence n'est pas contestée en défense, le préfet de police précisant dans ses écritures que M. E a été nommé et détaché dans l'emploi de conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer par arrêté du 31 août 2020, pour une durée de trois ans. La circonstance que Mme C n'ait pas soulevé de moyen dirigé contre cet arrêté n'est pas de nature à rendre irrecevable ses conclusions à fin d'annulation par voie de conséquence dirigées contre lui. Il s'ensuit que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du ministre de l'intérieur sont recevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. D'une part, aux termes de l'article 61 de la loi du 11 janvier 1984, dans sa version alors en vigueur : " Les autorités compétentes sont tenues de faire connaître au personnel, dès qu'elles ont lieu, les vacances de tous emplois, sans préjudice des obligations spéciales imposées en matière de publicité par la législation sur les emplois réservés. ". Et aux termes de l'article 4 du décret du 17 octobre 2007 : " Peuvent être nommés dans un emploi de conseiller d'administration les fonctionnaires appartenant à un corps ou à un cadre d'emplois de catégorie A ou de niveau équivalent dont l'indice brut terminal est au moins égal à l'indice brut 966 et justifiant d'au moins dix ans d'ancienneté dans un ou plusieurs corps, cadres d'emplois ou emplois de catégorie A ou de niveau équivalent, dont trois ans de services effectifs dans un grade d'avancement de ces corps ou cadres d'emplois. ".
5. D'autre part, en raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale.
6. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.
7. Mme C soutient que la décision du 17 juillet 2020 est entachée d'un vice de procédure et d'un détournement de pouvoir, au motif que le préfet de police a méconnu les règles relatives à la procédure d'organisation de la campagne de mobilité de la filière administrative, la nomination de M. E étant intervenue en dehors de la campagne de mobilité nationale organisée au cours du second semestre 2019, et sans publication d'un nouvel avis de vacance de poste à l'issue de la publication du tableau des résultats des mobilités pour les conseillers d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer en mars 2020.
8. Il ressort des pièces du dossier, notamment des propres explications du préfet de police, que Mme C et M. E ont présenté une candidature au poste de chef de bureau des actions de prévention et de protection sanitaire dans le cadre de la campagne de mobilité nationale du second semestre 2019. Ils ont été reçus en entretien respectivement les 24 et 25 septembre 2019. A l'issue de la procédure de sélection, la candidature de M. E a été classée en première position tandis que celle de Mme C n'a pas été classée parmi les candidats retenus. L'administration ayant estimé que M. E ne remplissait pas la condition posée par l'article 4 du décret du 17 octobre 2007 imposant dix années de services effectifs dans un ou plusieurs corps, cadres d'emplois ou emplois de catégorie A, l'intéressé n'a pas été inscrit sur la liste du 1er mars 2020 portant résultats des mobilités sur les postes de conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer. M. E a été nommé, par arrêté du 17 juillet 2020, au poste de chef de bureau auquel il avait candidaté en septembre 2019, puis détaché dans les fonctions de conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer au 1er septembre 2020. Dans les circonstances particulières de l'espèce, en retenant une candidature qui ne satisfaisait pas à la condition d'ancienneté requise pour prétendre à un poste emportant détachement dans les fonctions de conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer dans le cadre de la campagne de mobilité pour 2019, avant de nommer M. E sur le poste de chef de bureau en juillet 2020 et de le détacher dans les fonctions de conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer au 1er septembre 2020, une fois cette condition d'ancienneté remplie, et sans qu'il soit établi qu'une nouvelle procédure de recrutement ait été initiée, Mme C est fondée à soutenir que le préfet de police a entaché la décision attaquée du 17 juillet 2020 d'un détournement de pouvoir.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision de nomination de M. E au poste de chef du bureau de actions de prévention et de protection sanitaire, au sein de la sous-direction de la protection sanitaire et de l'environnement, à la direction des transports et de la protection du public, prononcée par arrêté du préfet du 17 juillet 2020 doit être annulée. Par voie de conséquence, l'arrêté du ministre de l'intérieur du 31 août 2020 portant nomination et détachement de M E dans l'emploi de conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, qui a été pris en application de l'arrêté du 17 juillet 2020 dans la mesure où ce poste de chef de bureau était réservé pour un détachement sur un tel emploi, doit également être annulé. Il y a également lieu d'annuler la décision implicite de rejet du recours gracieux de Mme C.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme C d'une somme de 1 500 euros, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier que la présente instance ait occasionné des dépens. Par suite, ses conclusions en ce sens doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de nomination de M. B E au poste de chef du bureau de actions de prévention et de protection sanitaire, au sein de la sous-direction de la protection sanitaire et de l'environnement, à la direction des transports et de la protection du public, prononcée par arrêté du préfet du 17 juillet 2020 et, par voie de conséquence, l'arrêté du ministre de l'intérieur du 31 août 2020 portant nomination et détachement de l'intéressé dans l'emploi de conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux de Mme C née le 10 novembre 2020, sont annulés.
Article 2 : L'État versera à Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au préfet de police et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à M. B E.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
Le rapporteur,
A. Pény
La présidente,
F. Versol
La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026