mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2100300 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | SEZGIN-GUVEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 janvier et 19 mars 2021, la société Délices du Midi, représentée par Me Sezgin-Guven, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 10 novembre 2020 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge la contribution spéciale, pour un montant de 7 300 euros, et la contribution forfaitaire représentative de frais de réacheminement, pour un montant de 2 309 euros ;
2°) à titre subsidiaire, de réduire le montant des contributions mises à sa charge.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'en méconnaissance du principe général des droits de la défense, le procès-verbal du 28 août 2020, qui constitue pourtant un document administratif au sens de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, ne lui a pas été communiqué, alors qu'elle en a fait la demande ;
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle-même est de bonne foi, dès lors qu'elle n'a pas procédé à l'embauche de l'employé concerné, qu'elle a déclaré cet employé auprès des organismes sociaux, que ce dernier disposait d'une carte vitale et qu'elle a légitimement cru qu'il disposait d'un titre de séjour l'autorisation à travailler en France ;
- à titre subsidiaire, le montant total des deux contributions est disproportionné, compte tenu de sa situation financière, des six autres salariés qu'elle emploie, de l'absence de répétition de l'infraction et de ce qu'elle ne concerne qu'un salarié.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.
Une ordonnance de clôture d'instruction du 12 mars 2021 a fixé la clôture au 2 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Dubois, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 août 2020, les services de police ont constaté l'emploi, par la société Délices du Midi exploitant le commerce de restauration " Burak ", sis 81, avenue Parmentier à Paris (11ème arrondissement), d'un ressortissant étranger démuni de titre l'autorisant à travailler en France. Au vu du procès-verbal établi lors de ce contrôle, l'OFII a avisé la société Délices du Midi, par un courrier du 25 septembre 2020, en l'invitant à faire valoir ses observations, qu'elle pouvait se voir réclamer la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 10 novembre 2020, le directeur général de l'OFII a mis à sa charge ces contributions, à hauteur d'une somme totale de 9 609 euros. Par la présente requête, la société Délices du Midi demande, à titre principal, l'annulation de la décision du 10 novembre 2020 par laquelle le directeur de l'OFII a mis à sa charge ces contributions et, à titre subsidiaire, la réduction du montant de ces contributions.
2. S'agissant des mesures à caractère de sanction, le respect du principe général des droits de la défense suppose que la personne concernée soit informée, avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre et puisse avoir accès aux pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus, à tout le moins lorsqu'elle en fait la demande. L'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration, entré en vigueur le 1er janvier 2016, précise désormais que les sanctions " n'interviennent qu'après que la personne en cause a été informée des griefs formulés à son encontre et a été mise à même de demander la communication du dossier la concernant ".
3. Si les procès-verbaux constatant les infractions aux dispositions de l'article L 8251-1 du code du travail, qui relèvent de l'autorité judiciaire, ne constituent pas des documents administratifs au sens des dispositions des articles 1er et 2 de la loi du 17 juillet 1978 et si les dispositions législatives et réglementaires relatives à la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail et à la contribution forfaitaire mentionnée à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoient pas expressément que le procès-verbal transmis au directeur général de l'OFII en application de l'article L. 8271-17 du code du travail, constatant l'infraction aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à exercer une activité salariée en France, soit communiqué au contrevenant, le silence de ces dispositions sur ce point ne saurait faire obstacle à cette communication, en particulier lorsque la personne visée en fait la demande, afin d'assurer le respect de la procédure contradictoire préalable à la liquidation de ces contributions, qui revêtent le caractère de sanctions administratives. Il appartient seulement à l'administration, le cas échéant, d'occulter ou de disjoindre, préalablement à la communication du procès-verbal, celles de ses mentions qui seraient étrangères à la constatation de l'infraction sanctionnée par la liquidation des contributions spéciale et forfaitaire et susceptibles de donner lieu à des poursuites pénales.
4. Il résulte de l'instruction que, par une lettre du 25 septembre 2020, le directeur général de l'OFII a informé la société requérante qu'il envisageait de lui infliger la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail ainsi que la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et a indiqué à l'intéressée qu'elle disposait d'un délai de quinze jours, à partir de la notification dudit courrier, pour faire valoir ses éventuelles observations. La société Délices du Midi y a répondu par courrier recommandé du 9 octobre 2020 où elle a présenté des observations à titre conservatoire en précisant qu'elle sollicitait de l'OFII la communication de toutes les pièces qu'il avait en sa possession. L'Office ne conteste pas que le procès-verbal d'infraction du 25 septembre 2020 ne lui a pas été transmis. Ainsi, la société Délices du Midi n'a pas été informée avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable, en raison de l'absence de communication de ce procès-verbal, avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre et n'a pas eu accès aux pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus à son encontre. Dans ces conditions, la société requérante n'a pas pu présenter utilement ses observations sur les motifs fondant la décision de sanction, ce qui l'a privée d'une garantie. Par conséquent, elle est fondée à soutenir que la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société Délices du Midi est fondée à demander l'annulation de la décision du 10 novembre 2020 par laquelle le directeur de l'OFII a mis à sa charge la contribution spéciale, pour un montant de 7 300 euros, et la contribution forfaitaire représentative de frais de réacheminement, pour un montant de 2 309 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de l'OFII du 10 novembre 2020 est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Délices du Midi et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Hermann Jager, présidente,
Mme Beugelmans-Lagane, première conseillère,
Mme Renvoise, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
La rapporteure,
N. A
La présidente,
V. HERMANN JAGER
La greffière,
S. DICK
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026