mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2100626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement les 13 janvier, 9 février, les 4, 5 et 12 mars 2021, M. A B., représenté par Me Boudjellal, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2020 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que l'arrêté :
- est insuffisamment motivé ;
- est illégal en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;
- est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur de fait au regard de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien, dès lors qu'il se trouve en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2021, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 mars 2021, la clôture de l'instruction initialement fixée au
12 mars 2021, a été reportée au 30 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, né le 25 avril 1978 à Tigzirt, est entré en France le 15 juillet 2001 sous couvert d'un visa C. Il a demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 30 novembre 2020, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays d'éloignement. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. En l'espèce, l'arrêté contesté, après avoir visé les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, examine la situation du requérant et indique qu'il ne remplit pas les conditions prévues à l'article 6-1 de l'accord franco-algérien modifié pour se voir délivrer un titre de séjour. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police ne se serait pas livré à un examen approfondi de la situation de M. B.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ().
6. Le préfet de police soutient que M. B n'établit pas résider en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Pour l'année 2011, M. B ne présente qu'un relevé de chargement du pass navigo, un relevé de livret A comportant seulement un solde et des intérêts et quelques documents médicaux datant principalement du mois de juin 2011. Pour l'année 2012, il ne verse au dossier que quelques pièces médicales, ordonnances ou feuilles de soins. Pour l'année 2016, il ne produit qu'une carte d'admission à l'aide médicale d'Etat, un courrier de l'aide médicale d'Etat attestant de ses droits, une attestation de demande de passeport et un courrier de convocation à la préfecture, documents qui couvrent seulement les mois d'avril à juin. Pour l'année Pour l'année 2017, il ne produit qu'un compte-rendu de passage aux urgences, une radio effectuée à l'hôpital et deux ordonnances tous, datés du 16 mars et une ordonnance d'un centre dentaire du 3 avril. Enfin, pour l'année 2018, il ne produit qu'une demande d'aide médicale d'Etat, un courrier de l'assurance maladie de janvier 2018, une facturette d'achat d'un forfait navigo du 24 décembre 2018 et la convocation à l'audience de la cour administrative d'appel de Paris adressée à son avocat ainsi que la notification de l'arrêt de la même cour des 20 septembre et 18 octobre 2018 respectivement. Ces documents, peu nombreux et peu diversifiés, ne suffisent pas à établir que M. B résidait habituellement et de manière continue en France au titre de ces années. En outre, aucun document n'est produit pour l'année 2020. Dans ces conditions, l'intéressé n'apporte pas la preuve qu'il réside en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le préfet de police n'a commis ni erreur de droit, ni erreur manifeste d'appréciation et n'a pas méconnu l'article 6-1 de l'accord franco-algérien en refusant de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité au motif qu'il ne justifiait pas de sa présence en France depuis plus de dix ans.
7. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes des stipulations de l'article 6 nouveau de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Le certificat de résidence d' un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () "
8. Le requérant se borne à faire valoir l'existence de liens personnels et familiaux en France mais ne conteste pas être célibataire, sans charge de famille ni être démuni d'attaches familiales à l'étranger où résident sa mère et un frère. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions du séjour en France de l'intéressé, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme portant une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur la situation personnelle et familiale du requérant ne peuvent dès lors qu'être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Hermann Jager, présidente ;
- Mme Beugelmans-Lagane, première conseillère ;
- et Mme Renvoise, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
N. C
La présidente,
V. HERMANN JAGER
La greffière,
C. YAHIAOUI
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/3-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026