jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2101342 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ALLEN & OVERY LLP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2021, M. C A, représenté par Me Loiré, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'Agence française de développement a rejeté sa demande de protection fonctionnelle du 20 mai 2019 ;
2°) d'enjoindre à l'État de lui délivrer un visa, ainsi qu'à son épouse et ses enfants, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre à l'État de mettre en œuvre les mesures propres à assurer sa sécurité et celle de sa famille, en finançant une location dans un quartier sécurisé de Kaboul, ou toute autre mesure qu'il estimera utile pour assurer sa sécurité, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) d'enjoindre à l'État, en cas d'impossibilité prouvée, de délivrer les visas à l'ambassade de France au Pakistan en prenant en charge matériellement et financièrement le voyage de sa famille au Pakistan et en assurant sa sécurité ;
5°) d'enjoindre à l'État de prendre en charge matériellement et financièrement le voyage de sa famille jusqu'en France ;
6°) d'enjoindre à l'État de mettre en œuvre toute mesure de nature à assurer de façon pérenne sa sécurité et celle de sa famille, en organisant matériellement l'accueil de sa famille en France, en leur délivrant un titre de séjour et en prenant en charge l'assistance juridique et les frais y afférents ;
7°) d'assortir ces injonctions d'une astreinte de 200 euros par jour de retard ;
8°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, Me Loiré, à la condition qu'il renonce à la part contributive de l'Etat en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il a été recruté par le directeur général de l'Agence française de développement en tant qu'agent de sécurité à compter du mois de mars 2010 et doit dès lors pouvoir bénéficier de la protection fonctionnelle, sur le fondement des articles 11 et 32 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits dès lors qu'il a été recruté comme agent public sous contrat et qu'il fait l'objet de menaces d'atteintes à sa vie du fait de la fonction qu'il a exercée, sans que l'on puisse lui opposer l'existence d'une faute personnelle ou d'un motif d'intérêt général, et qu'il avait, par conséquent, droit au bénéfice de la protection fonctionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2021, le directeur général de l'Agence française de développement, représenté par le cabinet Allen et Overy LLP, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, le juge administratif est incompétent pour connaître de cette requête dès lors que les litiges opposant un établissement public et commercial à ses agents relèvent de la compétence exclusive du juge judiciaire ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision
du 16 novembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code monétaire et financier ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public,
- les observations de Me Loiré, pour M. A,
- et les observations de Me Lazerges, pour l'Agence française de développement.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant afghan, a exercé entre le 1er mars 2010 et le 31 octobre 2017, sous couvert d'un contrat de droit local, les fonctions de gardien du bureau de l'Agence française de développement (AFD) à Kaboul et, ponctuellement, les fonctions de jardinier et de cuisinier. Par lettre avec accusé de réception du 20 mai 2019, M. A a demandé au directeur général de l'Agence française de développement le bénéfice de la protection fonctionnelle en application des dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, en raison des menaces dont il s'estime faire l'objet. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de décision implicite par laquelle le directeur général de l'Agence française de développement a rejeté sa demande de protection fonctionnelle du 11 juin 2019.
Sur l'exception d'incompétence opposée par l'Agence française de développement :
2. Aux termes de l'article L. 515-13 du code monétaire et financier : " I. - L'Agence française de développement exerce une mission permanente d'intérêt public au sens de l'article L. 511-104. / II. - L'agence est un établissement public de l'État à caractère industriel et commercial. () ". Et aux termes de l'article R. 515-6 du même code, l'Agence française de développement a " pour mission de réaliser des opérations financières de toute nature en vue de : / a) Contribuer à la mise en œuvre de la politique d'aide au développement de l'État à l'étranger ; () / A cette fin, elle finance des opérations de développement, dans le respect de l'environnement ; elle peut conduire d'autres activités et prestations de service se rattachant à sa mission. L'agence est en particulier chargée d'assurer, directement ou indirectement, des prestations d'expertise technique destinées aux bénéficiaires de ses concours. ".
3. Il résulte d'un principe général du droit que, lorsqu'un agent public est mis en cause par un tiers à raison de ses fonctions, il incombe à la collectivité dont il dépend de le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui, dans la mesure où une faute personnelle détachable du service ne lui est pas imputable, de lui accorder sa protection dans le cas où il fait l'objet de poursuites pénales, sauf s'il a commis une faute personnelle, et, à moins qu'un motif d'intérêt général ne s'y oppose, de le protéger contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont il est l'objet. Ce principe général du droit s'étend aux agents non-titulaires de l'État recrutés à l'étranger, alors même que leur contrat est soumis au droit local. La juridiction administrative est compétente pour connaître des recours contre les décisions des autorités de l'Etat refusant aux intéressés le bénéfice de cette protection.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a exercé les fonctions de gardien du bureau de l'Agence française de développement à Kaboul, entre le 1er mars 2010 et le 31 octobre 2017, sous couvert d'un contrat de droit local afghan et, plus ponctuellement, des missions d'entretien. En l'espèce, M. A n'est pas un agent public non-titulaire de l'État mais un agent non-titulaire recruté sous couvert d'un contrat de droit privé par l'Agence française de développement, établissement public à caractère industriel et commercial. Il s'ensuit que la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître de la requête de M. A tendant à ce que lui soit octroyé le bénéfice de la protection fonctionnelle.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur général de l'Agence française de développement.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
Le rapporteur,
A. B
La présidente,
F. Versol
La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en ce qui les concerne, où à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026