vendredi 19 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2101715 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CABINET MINAULT TERIITEHAU (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 janvier et 5 septembre 2021, Mme A B épouse C, représentée par Me Teriitehau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) du 12 octobre 2020 l'informant d'excédents de rémunération au titre des années 2017 et 2019 ;
2°) d'annuler la décision de la caisse des dépôts et consignations du 5 novembre 2020 fixant à 33 798,28 euros la somme dont elle est redevable ;
3°) à titre subsidiaire, de condamner la CNRACL à lui verser une indemnité de 387 000 euros en réparation de son préjudice ;
4°) de mettre à la charge solidaire de la CNRACL et de la caisse des dépôts et consignations le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- ayant été précédées d'une réclamation présentée le 22 juillet 2020, ses conclusions indemnitaires sont recevables ;
- la CNRACL ne l'a pas informée des conditions de cumul de sa pension de retraite avec un revenu d'activité, de l'existence d'un plafond de cumul des ressources à ne pas dépasser, de l'application d'un mécanisme d'écrêtement d'une partie de la pension en cas de dépassement du plafond et de l'impossibilité, après son admission à faire valoir ses droits à la retraite, de constituer de nouveaux droits à pension de retraite en continuant à cotiser ;
- la CNRACL a méconnu son obligation d'information prévue par les dispositions de l'article L. 161-17 du code de la sécurité sociale, préjudiciable à sa situation financière dès lors qu'elle n'a pas pu exercer un choix éclairé quant à son départ anticipé à la retraite ;
- elle évalue le préjudice financier actuel et futur résultant de la minoration de sa pension de retraite à la somme totale de 387 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2021, la caisse des dépôts et consignations, prise en sa qualité de gestionnaire de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation sont tardives ;
- les conclusions à fin d'indemnisation sont irrecevables, en l'absence de liaison du contentieux ;
-les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Aubert, magistrate désignée ;
- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B épouse C, ayant exercé l'activité d'infirmière à l'hôpital Ambroise-Paré, établissement relevant de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), a été admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er mars 2017, à l'âge de quarante-sept ans et a bénéficié à compter de cette date du versement de sa pension. Par deux courriers du 12 octobre 2020 et du 5 novembre 2020, la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) puis la Caisse des dépôts et consignations lui ont demandé le remboursement d'une partie de la pension de retraite perçue, en raison du cumul de celle-ci avec la poursuite d'une activité professionnelle lui procurant des revenues dépassant le plafond légal, d'un montant total de 33 798,28 euros au titre des années 2017 à 2019. Mme C demande au tribunal d'annuler les décisions du 12 octobre et du 5 novembre 2020 ou, à titre subsidiaire, de condamner la CNRACL à lui verser une indemnité de 387 000 euros en réparation des préjudices causés par le défaut d'information sur le régime applicable au cumul d'une pension avec une activité professionnelle au moment où elle a été admise à la retraite anticipée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 84 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Si, à compter de la mise en paiement d'une pension civile ou militaire, son titulaire perçoit des revenus d'activité de l'un des employeurs mentionnés à l'article L. 86-1, ou de tout autre employeur pour les fonctionnaires civils, il peut cumuler sa pension dans les conditions fixées aux articles L. 85, L. 86 et L. 86-1. ". Aux termes de l'article L. 85 du même code : " Le montant brut des revenus d'activité mentionnés au deuxième alinéa de l'article L. 84 ne peut, par année civile, excéder le tiers du montant brut de la pension pour l'année considérée. / Lorsqu'un excédent est constaté, il est déduit de la pension après application d'un abattement égal à la moitié du minimum fixé au a de l'article L. 17, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. ".
3. Aux termes de l'article L. 161-17 du code de sécurité sociale : " ()/II.- Dans l'année qui suit la première année au cours de laquelle il a validé une durée d'assurance d'au moins deux trimestres dans un des régimes de retraite légalement obligatoires, l'assuré bénéficie d'une information générale sur le système de retraite par répartition, (). / Les assurés, qu'ils résident en France ou à l'étranger, bénéficient à leur demande, à partir de quarante-cinq ans et dans des conditions fixées par décret, d'un entretien portant notamment sur les droits qu'ils se sont constitués dans les régimes de retraite légalement obligatoires, sur les perspectives d'évolution de ces droits, compte tenu des choix et des aléas de carrière éventuels, sur les possibilités de cumuler un emploi et une retraite, tels que des périodes d'étude ou de formation, de chômage, de travail pénible, d'emploi à temps partiel, de maladie, d'accident du travail ou de maladie professionnelle ou de congé maternité, ainsi que sur les dispositifs leur permettant d'améliorer le montant futur de leur pension de retraite. ".
4. Il ne résulte ni des dispositions de l'article L. 161-17 du code de la sécurité sociale, invoquées par Mme C, ni d'autres dispositions législatives ou réglementaires qu'en l'absence de demande en ce sens, la CNRACL était tenue de l'informer, avant sa décision de faire valoir ses droits à la retraite en qualité d'agent public à l'âge de quarante-sept ans, des règles applicables en matière de cumul emploi-retraite, notamment des conséquences sur le montant de sa pension de retraite de son projet de poursuivre ultérieurement une activité professionnelle. Ainsi, Mme C n'est pas fondée à soutenir, en tout état de cause, que, faute pour la CNRACL de l'avoir informée des règles applicables à ce projet, elle s'est trouvée privée de la possibilité d'effectuer un choix éclairé au moment de son départ à la retraite anticipée. Dès lors, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, elle n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions de la CNRACL des 12 octobre et 5 novembre 2020 mettant à sa charge le reversement de la somme totale de 33 789, 28 euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
5. Il résulte de ce qui vient d'être dit qu'en n'informant pas Mme C de l'incidence de la poursuite d'une activité professionnelle sur ses droits à retraite, la CNRACL n'a pas commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Dès lors, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'indemnisation de Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la CNRACL, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que Mme C demande au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse C et à la Caisse des dépôts et consignations.
Copie en sera adressée pour information à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités territoriales (CNRACL).
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mai 2023.
La magistrate désignée,
S. AUBERT
La greffière
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026