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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2102868

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2102868

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2102868
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET KCP KARBOWSKI CASANOVAS-VESCHEMBES DE PRITTWITZ (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 février 2021, M. D G, représenté par Me Karbowski, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2020 établissant le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux du 13 octobre 2020 ;

2°) d'annuler les arrêtés individuels de nomination des agents Ronan N, Pierre-Henri S, Mickael M, Christophe E, Joël V, Carlos K, Michael F, Stéphane Z, Rodolphe O, Camille C, Eric Q, Laurent T, Pascal L, Sébastien R, Eloïse AH, Mickaël AD au grade de brigadier de police ;

3°) ordonner son avancement au grade de brigadier à compter de 2020 avec les conséquences financières qui y sont attachées ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ; elle a été présentée dans les délais de recours contentieux ; et il a intérêt à agir ;

- l'arrêté du 30 juin 2020 est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses mérites par rapport à ceux de ses collègues et méconnait le principe d'égalité de traitement entre les fonctionnaires ; les décisions ne sont pas intervenues après un examen particulier de sa situation et ne sont pas fondées sur des critères objectifs.

Par un mémoire enregistré le 2 septembre 2022, Mme J AG fait valoir que sa nomination ne concerne pas le tableau d'avancement du grade de brigadier de police " au choix " ou " à l'ancienneté " et qu'elle a été nommée sur le tableau d'avancement en tant qu'officier de police judiciaire en 2021 et non en 2020.

Par un mémoire enregistré le 18 septembre 2022, M. A Q fait valoir que sa nomination au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020 est légitime et que la requête de M. G comporte plusieurs erreurs.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 avril 2013, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le jugement n° 2006545 en date du 10 novembre 2022 du tribunal administratif de Paris ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,

- et les conclusions de M. Thulard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. G, gardien de la paix, titularisé dans ce grade le 1er septembre 2001, demande, l'annulation de l'arrêté établissant le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le tableau d'avancement :

2. Par un jugement n° 2006545 du 10 novembre 2022, devenu définitif, et intervenu après l'enregistrement de la présente requête, le tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 30 juin 2020 portant tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020. Par suite, cet acte a disparu rétroactivement de l'ordonnancement juridique et les conclusions du présent recours, tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur établissant le tableau d'avancement sont, de ce fait, devenues sans objet dès lors que ce tableau n'a pas été remplacé en cours d'instance par une décision ayant la même portée. Il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer sur ces conclusions et sur celles tendant à l'annulation du rejet implicite du recours gracieux de M. G.

En ce qui concerne les nominations individuelles :

3. Le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020 ayant été annulé, l'ensemble des mesures individuelles de nomination intervenues en exécution de ce tableau et qui ne sont pas devenues définitives doivent être annulées par voie de conséquence, sans tenir compte de la valeur professionnelle des agents concernés. Il s'ensuit que la nomination de M. H N, M. AF S, M. Y M, M. AE E, M. B V, M. I K, M. X F, M. AB Z, M. AA O, M. U C, M. A Q, M. W T, M. P L, M. AC R, Mme J AH, M. Y AD au grade de brigadier de police, qui ont été contestées dans le délai de recours contentieux et ne sont dès lors pas devenues définitives, doivent être annulées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. "

5. En l'espèce, dès lors que la décision de non-lieu prononcée trouve sa cause dans l'annulation, par le tribunal, dans son jugement n° 2006545 du 10 novembre 2022, de l'arrêté du 30 juin 2020 portant tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder au réexamen de la candidature de M. G, ainsi qu'à celles des fonctionnaires dont les arrêtés de nominations sont annulés, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. G d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. G tendant à l'annulation de l'arrêté du ministre de l'intérieur du 30 juin 2020 relatif au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de 1'année 2020 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Article 2 : Les arrêtés de nomination de M. H N, M. AF S, M. Y M, M. AE E, M. B V, M. I K, M. X F, M. AB Z, M. AA O, M. U C, M. A Q, M. W T, M. P L, M. AC R, Mme J AH, M. Y AD au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020 sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder au réexamen de la candidature de M. D G, M. H N, M. AF S, M. Y M, M. AE E, M. B V, M. I K, M. X F, M. AB Z, M. AA O, M. U C, M. A Q, M. W T, M. P L, M. AC R, Mme J AH, M. Y AD dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera à M. G une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761­1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D G, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. H N, M. AF S, M. Y M, M. AE E, M. B V, M. I K, M. X F, M. AB Z, M. AA O, M. U C, M. A Q, M. W T, M. P L, M. AC R, Mme J AH, M. Y AD.

Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gros, président,

Mme Kanté, première conseillère,

M. Coz, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.

La rapporteure,

C. KantéLe président,

L. Gros

La greffière,

V. Lagrède

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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