vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2103530 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | LOPEZ-LONGUEVILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 février 2021 et le 25 avril 2022, M. A B, représenté par Me Lopez-Longueville, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2020 par laquelle le ministre chargé de la jeunesse et des sports a retiré sa décision du 8 septembre 2020 et refusé de le recruter dans le corps des inspecteurs de la jeunesse et des sports et les décisions implicite et expresse rejetant son recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports de procéder à son recrutement dans le corps des inspecteurs de la jeunesse et des sports, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de le placer dans une position régulière au regard des règles statutaires applicables et de ses aptitudes professionnelles ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions du 22 septembre 2020 et du 31 décembre 2020 sont entachées d'incompétence ;
- la décision du 22 septembre 2020 est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision du 22 septembre 2020 n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article 27 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- n'étant pas fondée sur un changement des circonstances de droit ou de fait justifiant l'absence d'exécution d'un jugement devenu définitif, elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- refusant de procéder à son recrutement dans le corps des inspecteurs de la jeunesse et des sports dans un délai de deux mois alors que le jugement du tribunal administratif de Paris du 17 juillet 2020 a enjoint à la ministre de sports d'y procéder, elle méconnaît l'autorité de la chose jugée ;
- elle méconnaît le caractère rétroactif du jugement d'annulation devenu définitif ;
- les décisions attaquées sont entachées de détournement de pouvoir ; il a la qualité de lanceur d'alerte ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 permet de recruter un fonctionnaire en situation de handicap dans un corps ou un cadre d'emploi de niveau ou de catégorie supérieur par voie de détachement puis, le cas échéant, de l'intégrer dans le corps ou le cadre d'emploi concerné selon des modalités précisées par le décret n° 2020-569 du 13 mai 2020.
Par un mémoire enregistré le 23 mars 2022, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens tirés de l'absence d'exécution du jugement n° 1918019 du tribunal administratif de Paris du 17 juillet 2020, de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée et du caractère rétroactif de ce jugement sont inopérants dès lors qu'ils relèvent d'un litige distinct ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arnaud, conseillère ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lopez-Longueville, représentant M. B.
Une note en délibéré présentée par M. B a été enregistrée le 31 mars 2023 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B s'est porté candidat le 19 février 2019 afin d'intégrer le corps des inspecteurs de la jeunesse et des sports (IJS) en tant que bénéficiaire de l'obligation d'emploi. Le 30 juillet 2019, le ministère chargé de la jeunesse et des sports a refusé de procéder à son recrutement. Par un jugement n°1918019 du 17 juillet 2020, le tribunal administratif de Paris a annulé cette décision et a enjoint à la ministre des sports de procéder au recrutement de M. B dans le corps des IJS dans un délai de deux mois. Le 8 septembre 2020, le ministre chargé de la jeunesse et des sports a procédé à ce recrutement à compter du 1er octobre 2020, puis il a, par une décision du 22 septembre 2020, retiré la décision du 8 septembre 2020. Le 22 octobre 2020, M. B a exercé deux recours hiérarchiques en vue du retrait de la décision du 22 septembre 2020. Le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a rejeté sa demande par une décision du 31 décembre 2020. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 22 septembre 2020 et les décisions implicite et expresse rejetant son recours hiérarchique.
2. Aux termes du II de l'article 27 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 en vigueur à la date de la décision attaquée : " Les personnes mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail peuvent être recrutées en qualité d'agent contractuel dans les emplois de catégories A, B et C pendant une période correspondant à la durée de stage prévue par le statut particulier du corps dans lequel elles ont vocation à être titularisées. () / Ce mode de recrutement n'est pas ouvert aux personnes qui ont la qualité de fonctionnaire. "
3. A la suite de l'injonction qui lui a été délivrée par le tribunal, par une décision du 8 septembre 2020, le ministre chargé de la jeunesse et des sports a recruté M. B dans le corps des IJS par voie contractuelle de la filière de recrutement des travailleurs handicapés puis a retiré cette décision le 22 septembre 2020. Or, il ressort des pièces du dossier que M. B a été titularisé dans le corps des professeurs de lycée professionnel le 1er septembre 2020 et a ainsi acquis la qualité de fonctionnaire, ce dont il a informé les ministères sociaux le 10 septembre 2020. Par suite, l'administration, qui n'a pas commis d'erreur de droit en faisant application du dernier alinéa de l'article 27 de la loi du 11 janvier 1984 et en se plaçant à la date de sa décision du 8 septembre 2020, était tenue de retirer cette décision.
4. Si, par un jugement n° 1918019 du 17 juillet 2020, le tribunal administratif de Paris a enjoint à la ministre des sports de procéder au recrutement de M. B dans le corps des inspecteurs de la jeunesse et des sports, il ressort des motifs du jugement que cette injonction a été prononcée alors qu'il ne résultait pas de l'instruction que des circonstances nouvelles pouvant justifier un refus de recruter M. B étaient intervenues postérieurement à la décision attaquée. Or, la titularisation du requérant au 1er septembre 2020 dans le corps des enseignants en lycée professionnel constitue une circonstance nouvelle intervenue après la date de ce jugement mais antérieurement à l'expiration du délai accordé par le tribunal pour l'exécution de l'injonction. Par suite, l'autorité de la chose jugée ne fait pas obstacle à la situation de compétence liée dans laquelle la ministre des sports s'est trouvée, l'obligeant à retirer la décision du 8 septembre 2020. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée doit être écarté.
5. Du fait de la situation de compétence liée dans laquelle se trouve l'administration, les moyens tirés de l'incompétence des signataires des décisions attaquées, du défaut de motivation, de l'absence de procédure contradictoire préalable, de l'erreur manifeste d'appréciation, de la méconnaissance du caractère rétroactif du jugement d'annulation devenu définitif, de la méconnaissance de la loi du 6 août 2019 et du détournement de pouvoir doivent être écartés comme inopérants.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques.
Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Blusseau, conseiller,
Mme Arnaud, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La rapporteure,
B. Arnaud
La présidente,
S. AubertLa greffière,
A. Louart
La République mande et ordonne à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques, en ce qui la concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N° 2103530
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026