mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2103898 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | LARROQUE |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2103898 du 30 juin 2021, le tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. A.
Par une décision n°456078 du 31 mai 2022, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par M. A, a annulé le jugement du tribunal administratif n° 2103898 du 30 juin 2021 et a renvoyé l'affaire au tribunal administratif de Paris.
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 25 février 2021 et le 16 juin 2021, M. B A, représenté par Me Larroque, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2020 par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande d'échange de permis de conduire turc contre un titre de circulation français ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'échange de son permis de conduire dans le délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen ;
- ses demandes tendant à obtenir la communication de son entier dossier formulées les 11 et 22 janvier 2021 sont demeurées sans effet, ce qui traduit également un défaut d'examen particulier de sa demande d'échange ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 7 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union Européenne, ni à l'Espace économique européen, le caractère frauduleux de son permis de conduire n'étant pas établi ; deux types de permis de conduire sont en cours de validité en Turquie, il n'est pas précisé au regard de quel modèle l'administration a fondé son appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2021, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu
- la décision n°456078 du 31 mai 2022 du Conseil d'État ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'union européenne, ni à l'Espace économique européen,
- le code de justice administrative.
L'affaire, qui relève de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, a été renvoyée en formation collégiale par la magistrate désignée, en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc, a sollicité, le 18 juin 2018, l'échange de son permis de conduire turc, délivré le 2 février 2006, contre un permis de conduire français. Par une décision du 23 novembre 2020, le préfet de police a rejeté sa demande en raison d'un doute sur l'authenticité du permis en question. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision du préfet de police du 23 novembre 2020. Par un jugement n° 2103898 du 30 juin 2021, le tribunal administratif a rejeté la requête de M. A. Par une décision n°456078 du 31 mai 2022, le Conseil d'Etat a annulé ce jugement et renvoyé les parties devant le tribunal administratif de Paris.
Sur les conclusions à fin d'annulation et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :
2. Il résulte des dispositions de l'article R. 222-3 du code de la route que tout permis de conduire national en cours de validité délivré au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne ni à l'Espace économique européen peut, dans le délai d'un an suivant l'acquisition de la résidence normale en France de son titulaire, être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir aucun examen, lorsque sont remplies les conditions définies par l'arrêté susvisé du 12 janvier 2012. Aux termes de l'article 7 de cet arrêté : " A - Avant tout échange, l'autorité administrative compétente s'assure de l'authenticité du titre de conduite et, en cas de doute, de la validité des droits. / B. - Pour vérifier l'authenticité du titre de conduite, l'autorité administrative compétente sollicite, le cas échéant, l'aide d'un service spécialisé dans la détection de la fraude documentaire. (..) / D. - Néanmoins, quand bien même l'authenticité du titre de conduite est établie, l'autorité administrative compétente peut, avant de se prononcer sur la demande d'échange, en cas de doute selon les informations dont elle dispose, consulter l'autorité étrangère ayant délivré le titre afin de s'assurer des droits de conduite de son titulaire. La demande auprès des autorités étrangères est transmise, sous couvert du ministre chargé des affaires étrangères, service de la valise diplomatique, au consulat de France compétent qui la transmet aux autorités compétentes et avise l'autorité administrative compétente de la date de cette transmission. La demande peut être adressée également par courriel soit aux autorités consulaires françaises, soit lorsque les circonstances le permettent, directement aux autorités compétentes de l'Etat de délivrance. () E.-Si le caractère frauduleux du titre est établi, l'échange n'a pas lieu et le titre est retiré par l'autorité administrative compétente, qui saisit le procureur de la République en le lui transmettant. ". Au regard de ces dispositions, il appartient au préfet de refuser l'échange si l'authenticité du titre présenté n'est pas suffisamment établie. L'intéressé peut, lors de l'instruction de sa demande par l'administration comme à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision refusant l'échange pour défaut d'authenticité du titre, apporter la preuve de son authenticité par tout moyen présentant des garanties suffisantes.
3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a demandé à la division de l'expertise en fraude documentaire et à l'identité (DEFDI), en application des dispositions précitées de l'article 7 de l'arrêté du 12 janvier 2012, de procéder à un examen technique du permis de conduire turc dont M. A a demandé l'échange au motif qu'il n'apparaissait pas conforme aux modèles recensés. Le rapport établi par ce service, le 8 novembre 2019, mentionne que " l'examen minutieux de ce document permet de constater que le fond d'impression et les mentions pré-imprimées sont non conformes ", que " les caractéristiques anamorphiques sont également non conformes " et constate, en outre, plusieurs anomalies tenant à l'absence de film de sécurité au recto du document et au manque de visibilité du tampon sec au niveau de la photographie et conclut que " ce permis de conduire présente les caractéristique d'une contrefaçon ". Toutefois, M. A produit au soutien de ses dires, une attestation d'authenticité rédigée par le consulat général de Turquie de Paris le
31 janvier 2021 ainsi qu'une attestation émanant du ministère de l'intérieur de Turquie, du
11 mai 2018 revêtue d'une apostille, qui mentionne la date de délivrance du permis de conduire, le 2 juin 2006, son numéro : 465430, et qui appuie ainsi l'authenticité du document. Dans ces conditions, eu égard à l'ensemble des éléments produits par le requérant qui permettent d'attester avec suffisamment de vraisemblance de ce qu'un permis lui avait été effectivement délivré dans son pays d'origine, de nature à remettre en cause les conclusions du rapport du service spécialisé au vu duquel le préfet a refusé d'échanger le permis, c'est à tort que le préfet de police n'a pas procédé à l'échange de permis de conduire. Il s'ensuit que la décision du 23 novembre 2020 par laquelle le préfet de police a refusé l'échange du permis de conduire de M. A doit être annulée.
Sur l'injonction :
4. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet de police statue à nouveau sur la demande d'échange de permis de M. A en tenant compte de la pièce apostillée du 11 mai 2018 mentionnée au paragraphe 3. Par suite, il y a lieu, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 novembre 2020 par laquelle le préfet de police a refusé de procéder à l'échange du permis de conduire de M. A contre un titre de conduite français est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de procéder au réexamen de la demande d'échange du permis de conduire turc de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hermann Jager, présidente,
Mme Beugelmans-Lagane, première conseillère,
Mme Renvoise, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
La rapporteure,
T. C
La présidente
V. HERMANN JAGER
La greffière,
S. DICK
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026