vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2103961 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | MAUGIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés le 26 février 2021 et le 12 mars 2021, M. C B, représenté par Me Maugin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2020 en tant que le préfet de police a retiré ses cartes de séjour temporaires valables du 11 octobre 2013 au 10 octobre 2014, du 11 décembre 2014 au 10 décembre 2015 et du 11 décembre 2015 au 10 décembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que cet examen n'a pas été précédé de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dans la mesure où il n'a pas obtenu ses titres de séjour par fraude ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2021, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Un mémoire complémentaire, présenté par M. B, a été enregistré le 22 mars 2022, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et n'a pas donné lieu à communication.
Par une ordonnance du 10 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 mars 2022 à 12 heures.
M. B été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui se présente comme ressortissant malien né le 18 août 1978, déclare être entré en France le 15 janvier 2011. Sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il s'est vu délivrer trois cartes de séjour temporaires, valables du 11 octobre 2013 au 10 octobre 2014, du 11 décembre 2014 au 10 décembre 2015 et du 11 décembre 2015 au 10 décembre 2016. M. B demande l'annulation de l'arrêté préfectoral du 9 septembre 2020 en tant qu'il prononce le retrait, pour fraude, de ses titres de séjour.
2. En premier lieu, la décision attaquée, qui vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le code des relations entre le public et l'administration, mentionne avec suffisamment de précisions les raisons pour lesquelles le préfet de police a estimé que M. B avait obtenu ses titres de séjour de manière frauduleuse. Elle comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, alors même qu'elle ne fait pas état des situations personnelle et professionnelle de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police s'est livré à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé avant de décider de retirer ses titres de séjour.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier avec avis de réception en date du 12 mars 2020, le préfet de police a invité M. B à présenter ses observations écrites quant au retrait envisagé de ses titres de séjour et que ce courrier a été retourné par les services postaux avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, M. B, qui ne conteste pas l'exactitude de l'adresse à laquelle le pli a été adressé et s'est abstenu de le retirer dans les délais réglementaires, doit être regardé comme ayant été régulièrement mis à même de présenter des observations. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En quatrième lieu, d'une part, aux termes du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
6. D'autre part, un acte administratif obtenu par fraude ne crée pas de droits et, par suite, peut être retiré ou abrogé par l'autorité compétente pour le prendre, alors même que le délai de retrait de droit commun serait expiré. Toutefois, dès lors que les délais encadrant le retrait d'un acte individuel créateur de droit sont écoulés, il appartient à l'administration d'établir la preuve de la fraude, tant s'agissant de l'existence des faits matériels l'ayant déterminée à délivrer l'acte que de l'intention du demandeur de la tromper, pour procéder à ce retrait.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été admis au séjour en France en tant que ressortissant guinéen né le 18 août 1978 à Conakry et qu'il a obtenu, sous cette identité, trois cartes de séjour temporaires. Alors que la demande de renouvellement de son dernier titre de séjour était en cours d'instruction par les services de la préfecture de police, il a sollicité, le 17 janvier 2018, le changement de sa nationalité, du lieu et de son pays de naissance et produit, à cet effet, un passeport malien établi sous l'identité de M. C B, né le 18 août 1978 à Bamako. A cet égard, le requérant ne conteste pas avoir délibérément présenté, lors de l'examen de ses demandes de titres de séjour, des documents ne correspondant pas à sa véritable nationalité, ni à son lieu et pays de naissance. S'il fait valoir que sa nationalité n'a pas été un élément d'appréciation déterminant de son droit au séjour, cette circonstance, à la supposer établie, n'est pas de nature à remettre en cause le caractère frauduleux de l'obtention de ses cartes de séjour temporaires. Par suite, le préfet de police n'a pas commis d'erreur de droit en considérant que M. B avait obtenu ses titres de séjour frauduleusement et en procédant, pour ce motif, à leur retrait.
8. En cinquième lieu, la décision attaquée ne refuse la délivrance d'aucun titre de séjour au requérant et ne lui fait pas obligation de quitter le territoire français. L'arrêté du 9 septembre 2020, qui contient cette décision, précise même que la demande de titre de séjour de M. B sera examinée dans le cadre des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tant que ressortissant malien. Dans ces conditions, M. B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par la décision prononçant le retrait de ses titres de séjour.
9. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que, en procédant au retrait de des titres de séjour de M. B, le préfet de police aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 septembre 2020 par laquelle le préfet de police a retiré ses cartes de séjour temporaire valables du 11 octobre 2013 au 10 octobre 2014, du 11 décembre 2014 au 10 décembre 2015 et du 11 décembre 2015 au 10 décembre 2016. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de police et à Me Maugin.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Riou, présidente,
- Mme Laforêt, première conseillère,
- Mme Marchand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 juillet 2022.
La présidente-rapporteure,
C. AL'assesseure la plus ancienne,
L. Laforêt
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026