jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2105614 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARENTS, TRENNEC (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 17 mars 2021, le 12 octobre 2022 et le
10 novembre 2022, Mme AV AL, représentée par Me Arents, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mars 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a rejeté sa demande de mutation à la Réunion ;
2°) d'annuler les décisions de mutation à la Réunion des agents concurrents ;
3°) d'enjoindre à l'administration de procéder à sa mutation à la Réunion dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions en litiges sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation individuelle, dès lors que cette dernière ressort d'un traitement algorithmique ;
- elles sont illégales en raison de l'illégalité des lignes directrices de gestion du
13 novembre 2020 relatives à la mobilité des personnels du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, ces dernières ayant été adoptées irrégulièrement (Conseil d'Etat, décision du 5 juillet 2022, n°448711) ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit, dès lors qu'elles se fondent sur un barème illégal et non en fonction des besoins et de l'intérêt du service ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article 60 de la loi n° 84-16 du
11 janvier 1984, Mme AL ayant le centre de ses intérêts matériels et moraux dans le département de la Réunion alors qu'il n'est pas démontré que tel est le cas des agents mutés dans ce département ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 31 août 2022 et le 28 octobre 2022, le ministre de l'éducation nationale, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à M. I, à Mme CG, à Mme AO, à Mme AH, à Mme Z, à Mme W, à Mme AA, à Mme AC, à Mme BX, à Mme BE, à M. P, à Mme BC, à Mme X, à M. AF, à Mme AF, à Mme BV, à Mme CC, à Mme BE, à Mme F, à Mme O, à Mme K, à M. BH, à Mme BN, à Mme AR, à Mme CH, à M. CE, à Mme AN, à Mme BY, à M. BL, à Mme D, à Mme BI, à Mme G, à Mme C, à M. AZ, à Mme AI, à Mme BM, à Mme M, à Mme BN, à M. Y, à M. BD, à Mme AS, à Mme BR, à Mme BJ, à Mme BS, à Mme N, à Mme J, à Mme AD, à Mme H, à Mme AY, à M. BF, à Mme Q, à Mme BP, à Mme BW, à M. AX, à M. BA, à M. AB, à Mme BU, à Mme AQ, à Mme T, à Mme AU, à M. S, à Mme B, à Mme AK, à Mme U, à Mme E, à Mme L, à Mme BB, à Mme AW, à Mme AT, à Mme CA, à Mme BZ, à Mme AM, à Mme BG, à M. BK, à Mme CD, à Mme BT, à M. R, à Mme CF, à M. A, à Mme BQ, à Mme AG, à Mme K, à Mme AJ, à Mme AP, à Mme BO, à Mme AE et à M. CB.
Par une ordonnance du 13 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
30 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2019-1265 du 29 novembre 2019 ;
- la décision du 5 juillet 2022, N° 448711, du Conseil d'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hélard,
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique ;
- et les observations de Mme V, dûment mandatée, représentant le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Une note en délibéré, pour le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, a été enregistrée le 29 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme AL, professeure des écoles, affectée dans l'académie de Versailles, a sollicité, en novembre 2020, au cours du mouvement interdépartemental d'affectation du premier degré pour la rentrée scolaire de l'année 2021/2022, sa mutation dans le département de la Réunion. Le 2 mars 2021, par l'intermédiaire de l'application I-Prof, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme AL demande l'annulation de cette décision et des arrêtés individuels de nomination des agents concurrents mutés dans le département de la Réunion.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 18 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction applicable au litige issue de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, dans sa rédaction applicable au litige, depuis lors codifié aux articles L. 413-1 à L. 413-5 du code général de la fonction publique : " L'autorité compétente édicte des lignes directrices de gestion, après avis du comité social d'administration. Les lignes directrices de gestion déterminent la stratégie pluriannuelle de pilotage des ressources humaines dans chaque administration et établissement public, notamment en matière de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Les lignes directrices de gestion fixent, d'une part, dans chaque administration, les orientations générales en matière de mobilité et, d'autre part, dans chaque administration et établissement public, les orientations générales en matière de promotion et de valorisation des parcours, sans préjudice du pouvoir d'appréciation de cette autorité en fonction des situations individuelles, des circonstances ou d'un motif d'intérêt général. Les lignes directrices de gestion en matière de mobilité respectent les priorités énumérées au II de l'article 60. Ces deux catégories de lignes directrices de gestion sont communiquées aux agents. "
3. Aux termes du I de l'article 2 du décret du 29 novembre 2019 relatif aux lignes directrices de gestion et à l'évolution des attributions des commissions administratives paritaires : " Les lignes directrices de gestion sont établies par le ministre pour le département ministériel dont il est chargé. / Elles peuvent comporter des orientations qui sont propres à certains services, ensemble de services, missions, ensemble de corps ou types d'emplois. / Tout projet de lignes directrices de gestion relevant du présent I est transmis pour accord au ministre chargé de la fonction publique (direction générale de l'administration et de la fonction publique) avant saisine du comité social ministériel. A défaut de réponse formalisée dans un délai d'un mois à compter de la réception du projet, un accord est réputé avoir été donné ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " Les lignes directrices de gestion sont établies pour une durée pluriannuelle qui ne peut excéder cinq années. Elles peuvent faire l'objet, en tout ou partie, d'une révision en cours de période selon la même procédure ". Aux termes du premier alinéa de son article 4 : " Le comité social d'administration ministériel est consulté sur les projets de lignes directrices de gestion mentionnées au I de l'article 2 ainsi que sur leur révision ". Aux termes de son article 39 : " I. - Jusqu'au renouvellement général des instances de la fonction publique et par dérogation à l'article 4, les lignes directrices de gestion doivent avoir été soumises pour avis, avant leur adoption ou leur révision, au comité technique ministériel pour celles prévues au I de l'article 2 et, pour celles prévues aux II, III et IV du même article, respectivement au comité technique de réseau, au comité technique de proximité et au comité technique d'établissement public. () "
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de lignes directrices de gestion ministérielles ait été transmis pour accord au ministre chargé de la fonction publique préalablement à leur édiction. L'inobservation de cette formalité exigée par les dispositions de l'article 2 du décret du 29 novembre 2019, qui a pour effet d'affecter la compétence de leur auteur, constitue une irrégularité de nature à entacher d'illégalité les lignes directrices de gestion ministérielles relatives à la mobilité des personnels du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 13 novembre 2020.
5. Le moyen, soulevé par la voie de l'exception, tiré de l'illégalité des lignes directrices de gestion du 13 novembre 2020, en application desquelles ont été prises la décision de rejet de la demande de mutation de Mme AL et les arrêtés de mutation à la Réunion des professeurs des écoles pour la rentrée 2021/2022, doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés par la requérante, que Mme AL est fondée à demander l'annulation de la décision du 2 mars 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a rejeté sa demande de mutation à la Réunion et les arrêtés individuels mutant les professeurs des écoles dans le département de la Réunion pour la rentrée scolaire 2021/2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le motif d'annulation retenu n'impliquant pas d'enjoindre au ministre de muter
Mme AL dans le département de la Réunion, il lui est enjoint de réexaminer la demande de Mme AL dans le délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin de prononcer une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 500 euros à verser à Mme AL en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 mars 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a rejeté la demande de mutation de Mme AL à la Réunion est annulée.
Article 2 : Les arrêtés individuels par lesquels le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a muté M. I, Mme CG, Mme AO, Mme AH, Mme Z, Mme W, Mme AA, Mme AC, Mme BX, Mme BE, M. P, Mme BC, Mme X, M. AF, Mme AF, Mme BV, Mme CC, Mme BE, Mme F, Mme O, Mme K, M. BH, Mme BN, Mme AR, Mme CH, M. CE, Mme AN, Mme BY, M. BL, Mme D, Mme BI, Mme G, Mme C, M. AZ, Mme AI, Mme BM, Mme M, Mme BN, M. Y, M. BD, Mme AS, Mme BR, Mme BJ, Mme BS, Mme N, Mme J, Mme AD, Mme H, Mme AY, M. BF, Mme Q, Mme BP, Mme BW, M. AX, M. BA, M. AB, Mme BU, Mme AQ, Mme T, Mme AU, M. S, Mme B, Mme AK, Mme U, Mme E, Mme L, Mme BB, Mme AW, Mme AT, Mme CA, Mme BZ, Mme AM, Mme BG, M. BK, Mme CD, Mme BT, M. R, Mme CF, M. A, Mme BQ, Mme AG, Mme K, Mme AJ, Mme AP, Mme BO, Mme AE et M. CB dans le département de la Réunion sont annulés.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse de réexaminer la demande de Mme AL dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme AL au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. AV AL, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à M. I, à Mme CG, à Mme AO, à Mme AH, à Mme Z, à Mme W, à Mme AA, à Mme AC, à Mme BX, à Mme BE, à M. P, à Mme BC, à Mme X, à M. AF, à Mme AF, à Mme BV, à Mme CC, à Mme BE, à Mme F, à Mme O, à Mme K, à M. BH, à Mme BN, à Mme AR, à Mme CH, à M. CE, à Mme AN, à Mme BY, à M. BL, à Mme D, à Mme BI, à Mme G, à Mme C, à M. AZ, à Mme AI, à Mme BM, à Mme M, à Mme BN, à M. Y, à M. BD, à Mme AS, à Mme BR, à Mme BJ, à Mme BS, à Mme N, à Mme J, à Mme AD, à Mme H, à Mme AY, à M. BF, à Mme Q, à Mme BP, à Mme BW, à M. AX, à M. BA, à M. AB, à Mme BU, à Mme AQ, à Mme T, à Mme AU, à M. S, à Mme B, à Mme AK, à Mme U, à Mme E, à Mme L, à Mme BB, à Mme AW, à Mme AT, à Mme CA, à Mme BZ, à Mme AM, à Mme BG, à M. BK, à Mme CD, à Mme BT, à M. R, à Mme CF, à M. A, à Mme BQ, à Mme AG, à Mme K, à Mme AJ, à Mme AP, à Mme BO, à Mme AE et à M. CB.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Rebellato, premier conseiller,
M. Hélard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.
Le rapporteur,
R. HELARD
Le président,
L. GROSLe greffier,
S. PORRINAS
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026