vendredi 24 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2105679 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | RIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 15 mars, le 13 septembre 2021 et le 23 mai 2022, Mme E, représentée par Me Riou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur émise pour la Ville de Paris le 18 janvier 2021 en vue du recouvrement des titres émis pour l'occupation sans droit ni titre du logement situé 21 rue de la Prévoyance dans le 19ème arrondissement de Paris pour les mois de juin 2018 à juillet 2019 pour un montant de 26 367,60 euros ;
2°) de fixer le montant de la créance de la Ville de Paris à 9 543,80 euros ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'indemnité demandée est excessive et devait correspondre au montant de l'avantage en nature mentionné sur ses fiches de paie ;
- elle devait prendre en compte l'état de l'appartement et non seulement la valeur locative théorique ;
- l'indemnité d'occupation demandée n'est pas en adéquation avec l'arrêté du 7 juin 2021 portant encadrement des loyers ;
Par un mémoire enregistré le 14 mars 2022, la caisse des dépôts et consignations demande sa mise hors de cause.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 juillet 2021 et le 6 mai 2022, la maire de la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par une lettre du 2 février 2023, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R .611-7 du code de justice administrative, qu'il était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître du contentieux de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 18 janvier 2021 qui constitue un acte de recouvrement de créances non fiscales des collectivités territoriales relevant du juge de l'exécution.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriale ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique,
- et les observations de Me Riou, avocat de Mme E et de M. D, représentant la Ville de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E a disposé d'un logement de fonction par nécessité absolue de service, en qualité de directrice de la crèche municipale située 21 rue de la Prévoyance dans le 19ème arrondissement de Paris, par arrêté du 23 novembre 1999. Elle a été admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er novembre 2017. La Ville de Paris lui a adressé un courrier le 7 septembre 2017 pour lui rappeler son obligation de quitter son logement de fonction à cette date. Par un courrier du 8 janvier 2018, la Ville de Paris l'a autorisée à continuer d'occuper ce logement pendant une durée de quatre mois à compter du 1er novembre 2017, soit jusqu'au 1er mars 2018. Par un courrier du 20 avril 2018, la Ville de Paris a informé Mme E qu'elle engageait une procédure d'expulsion et qu'elle allait prendre un arrêté de versement d'indemnité d'occupation. Par un arrêté du 1er juin 2018, la Ville de Paris a fixé une redevance d'occupation à 1 883,40 euros à compter du 1er juin 2018. La Ville de Paris a émis quatorze titres exécutoires d'un montant de 1 883,40 euros chacun. Une saisie administrative à tiers détenteur a été émise par la direction régionale des finances publique pour la Ville de Paris le 18 janvier 2021 en vue du recouvrement des titres émis pour l'occupation sans droit ni titre du logement situé 21 rue de la Prévoyance dans le 19ème arrondissement de Paris pour les mois de juin 2018 à juillet 2019. Mme E demande l'annulation de cette saisie à tiers détenteur.
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. () L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () "
3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales relève de la compétence du juge de l'exécution, soit du juge judiciaire en application de l'article 199 du livre des procédures fiscales, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances relève de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. Mme E, qui n'a attaqué ni l'arrêté du 1er juin 2018 par lequel la Ville de Paris a fixé le montant de la redevance d'occupation à 1 883,40 euros, ni aucun des titres exécutoires du même montant chacun émis pour la Ville de Paris et n'a ainsi pas utilement remis en cause le bien-fondé de la créance, demande d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 18 janvier 2021 en vue du recouvrement des titres émis pour la Ville de Paris pour l'occupation sans droit ni titre du logement situé 21 rue de la Prévoyance dans le 19ème arrondissement de Paris pour les mois de juin 2018 à juillet 2019 pour un montant total de 26 367,60 euros. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents qu'il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire de connaître de telles conclusions. Par suite, ces conclusions se rapportent à un litige qui ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative. Dès lors, les conclusions de la requérante relatives à l'avis de saisie administrative à tiers détenteur doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
6. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la Ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais qu'elle a exposés à l'occasion de l'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2: Les conclusions présentées par Mme E en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et à la maire de Paris.
Délibéré après l'audience du 10 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Simonnot, président,
Mme Voillemot, première conseillère,
M. Paret, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.
La rapporteure,
C. C Le président,
J-F. SIMONNOT
La greffière,
S. RAHMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026