jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2105810 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | LEBRUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 mars 2021 et 30 août 2022,
Mme B A, représentée par Me Lebrun, demande au tribunal :
1°) d'annuler le compte rendu de son entretien professionnel établi au titre de l'année 2019 ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de procéder à un nouvel entretien d'évaluation professionnel dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteur du compte-rendu d'entretien professionnel initial était incompétent ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été convoquée au moins huit jours avant son entretien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2022, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 31 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
20 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rebellato, rapporteur,
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lebrun, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, attachée d'administration, exerce les fonctions de cheffe de projet au sein du service des ressources humaines du secrétariat général du ministère de la justice. Elle a été reçue par son supérieur hiérarchique le 11 juin 2020 pour effectuer son entretien d'évaluation professionnel au titre de l'année 2019. Le compte-rendu d'entretien lui a été notifié le 11 juin 2020. Par un courrier du 14 décembre 2020, elle a sollicité la révision de son compte-rendu d'évaluation professionnel par la commission administrative paritaire, qui a émis le 23 février 2021, un avis défavorable. Par un courrier du 5 mars 2021, l'administration lui a notifié la version définitive de son compte-rendu. Par la présente requête, elle demande l'annulation de ce compte-rendu.
2. Aux termes de l'article 2 du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. La date de cet entretien est fixée par le supérieur hiérarchique direct et communiquée au fonctionnaire au moins huit jours à l'avance. " Aux termes de l'article 3 du même décret : " L'entretien professionnel porte principalement sur : 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des perspectives d'évolution des conditions d'organisation et de fonctionnement du service ; 3° La manière de servir du fonctionnaire ; 4° Les acquis de son expérience professionnelle ; 5° Le cas échéant, la manière dont il exerce les fonctions d'encadrement qui lui ont été confiées ; 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ; 7° Ses perspectives d'évolution professionnelle en termes de carrière et de mobilité. Les arrêtés ou les décisions mentionnés à l'article 5 des ministres intéressés ou des autorités investies du pouvoir de gestion des corps concernés, pris après avis des comités techniques paritaires compétents, fixent, le cas échéant, les autres thèmes sur lesquels peut porter l'entretien professionnel, en fonction de la nature des tâches confiées aux fonctionnaires et du niveau de leurs responsabilités. " Aux termes de l'article 4 du même décret : " Le compte rendu de l'entretien professionnel est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct du fonctionnaire. Il comporte une appréciation générale exprimant la valeur professionnelle de ce dernier. Il est communiqué au fonctionnaire qui le complète, le cas échéant, de ses observations. Il est visé par l'autorité hiérarchique qui peut formuler, si elle l'estime utile, ses propres observations. Le compte rendu est notifié au fonctionnaire qui le signe pour attester qu'il en a pris connaissance puis le retourne à l'autorité hiérarchique qui le verse à son dossier. "
3. En premier lieu, il ressort des termes du compte-rendu litigieux que son auteur était le supérieur hiérarchique de la requérante, M. D C, directeur, qui était compétent pour établir le compte-rendu d'entretien professionnel conformément à l'article 4 du décret précité. Par ailleurs et contrairement à ce que soutient la requérante, M. C a signé le compte-rendu litigieux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur du compte rendu d'entretien professionnel doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le compte-rendu d'entretien professionnel n'étant pas au nombre des actes soumis à une obligation de motivation par les dispositions de l'article
L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, Mme A ne peut utilement faire valoir que son compte-rendu d'entretien professionnel serait insuffisamment motivé.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A a accepté dans un courriel du 12 mai 2020, la date de son entretien d'évaluation prévu pour le 25 mai. En raison d'un empêchement, cet entretien a été reporté. Par un courriel du 22 mai, Mme A a accepté que son entretien soit reporté au 2 ou 3 juin et indiqué qu'elle confirmerait l'une de ses deux dates. L'entretien s'est finalement tenu le 2 juin 2020. Dans ces conditions, le moyen selon lequel le délai de prévenance d'au moins huit jours fixé par l'article précité aurait été méconnu, manque en fait et doit être écarté.
6. En quatrième lieu, concernant l'item " piloter et animer le réseau des référents LSO des directions ", le compte-rendu litigieux indique : " objectif atteint de janvier à juin 2019, après demande de l'intéressée de ne plus assurer la totalité des missions dévolues au chef de projet LSO, notamment l'organisation des ateliers et des réunions inter directionnelle ". Il est également indiqué au bas de cet item au titre des évènements survenues au cours de la période écoulée qu' " au regard des dysfonctionnements du module LSO et des besoins urgents des directions, le projet LSO a été attribué à l'assistance maîtrise d'ouvrage en l'absence de Mme A. Par ailleurs cette dernière a manifesté le souhait de ne plus assurer le pilotage du projet ". D'une part, si Mme A soutient qu'elle n'a jamais souhaité ne plus assurer la totalité desdites missions, elle n'a émis aucune réserve dans ses observations et ne démontre par aucune pièce au dossier qu'elle n'aurait pas émis ce souhait lors de son entretien. D'autre part, Mme A soutient que le compte-rendu est entaché d'une erreur de droit en établissant un lien entre ses absences et son état de santé. Toutefois et contrairement à ce qu'elle soutient, l'évaluateur n'a pas fait mention de ses absences résultant de son congé bonifié du 27 juin au 30 août 2019 puis de son congé maladie du 2 septembre au 1er décembre 2019. Ainsi, le compte-rendu litigieux ne fait référence ni à une absence ni à son état de santé. Il en résulte que les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit en faisant référence à son état de santé doivent être écartés.
7. En cinquième lieu, Mme A soutient que le compte-rendu d'évaluation attaqué comporte des erreurs de fait. Il ressort du compte-rendu d'évaluation que Mme A n'a pas suivi de formation au cours de l'année 2019 et que concernant l'item " capacité à mobiliser les collaborateurs ", l'évaluateur a coché la case " non concerné ". Si Mme A fait valoir que ces mentions sont erronées, elle n'apporte aucune précision ni aucune pièce et elle n'allègue pas avoir participé à une formation. Par ailleurs, le compte-rendu qui indique qu'elle souhaite effectuer une mobilité n'avait pas à indiquer que cette mobilité allait être demandée en Outre-Mer. Si elle soutient également que le compte-rendu ne fait pas mention de ses besoins en formation ou de son avancement cette circonstance n'est pas de nature à entacher le compte-rendu d'erreur de fait. Enfin, si elle fait valoir que les objectifs qui ont été fixés pour l'année 2020 ne sont pas assez nombreux compte-tenu de ses missions qui comprennent aussi la conception, le pilotage et la coordination et que ses compétences pour la maîtrise d'ouvrage SIRII n'ont pas été suffisamment mises en valeur compte-tenu de ses acquis, elle ne le démontre pas. Dans conditions, les erreurs de fait invoquées par Mme A doivent être écartées.
8. En cinquième lieu, il ressort du compte-rendu contesté que les objectifs tenant d'une part à l'accompagnement du déploiement du module LSO au SG et à la DSJ et d'autre part à la dématérialisation de la procédure d'inscription aux formations et de refonte de l'ergonomie du portail LSO n'a pas été atteint pour le premier et n'a été que partiellement atteint pour le second. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ressort des pièces du dossier que ces deux objectifs avaient été fixés lors de son évaluation professionnelle de 2018. Dès lors, le moyen doit être écarté.
9. En dernier lieu, concernant l'objectif relatif à l'item " accompagner le déploiement du module ISO au SG et à la DSL ", Mme A soutient que l'évaluateur ne pouvait sans commettre d'erreur manifeste considéré cet objectif comme non atteint. Toutefois, il est constant que le déploiement du module au sein du SG a été suspendu et qu'il y a eu des dysfonctionnements lors du déploiement au sein de la DSJ. Quand bien même ces retards ne seraient pas imputables à la requérante, il ne ressort pas des pièces du dossier que le compte-rendu d'évaluation serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur ce motif.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de
Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 9 février 2023.
Le rapporteur,
J. REBELLATO
Le président,
L. GROS
La greffière,
S. PORRINAS
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026