mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2106398 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL (SELAFA) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2021, Mme C D, représentée par le cabinet d'avocats Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 5731-2021 du 1er mars 2021 par lequel la région Ile-de-France l'a placée en congé de longue maladie du 28 janvier au 30 avril 2021, à demi-traitement ;
2°) d'enjoindre à la région Ile-de-France de la réintégrer à temps partiel thérapeutique à compter du 28 janvier 2021, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la région Ile-de-France une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est entaché d'un vice de forme en ce qu'il ne comporte ni la signature de son auteur, ni la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 34 bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- à titre subsidiaire, le refus de temps partiel aurait dû avoir pour conséquence son placement en congé de longue durée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, la région Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par Mme D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Mazeau, rapporteur public,
- et les observations de Mme B, représentant la région Ile-de-France.
Une note en délibéré, présentée par la région Ile-de-France, a été enregistrée le 15 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, adjointe technique territoriale de 1ère classe des établissements d'enseignement, affectée au lycée Charlemagne à Paris aux fonctions d'agente d'accueil, a été placée en congé de longue maladie du 28 janvier 2020 au 27 janvier 2021 par un arrêté du 29 juin 2020. Saisi d'une demande de l'intéressée le 4 novembre 2020, le comité médical a émis un avis favorable à sa reprise à temps partiel thérapeutique le 19 janvier 2021. Par un courrier du 29 janvier 2021, la région Ile-de-France a informé Mme D de sa décision de suivre cet avis. Par un arrêté signé le 3 mars 2021, la région Ile-de-France a prolongé le congé de longue maladie de l'intéressée jusqu'au 1er avril 2021. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dont le texte est identique à l'article 34 bis de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction applicable au présent litige : " 4° bis. Après un congé de maladie, un congé de longue maladie ou un congé de longue durée, les fonctionnaires peuvent être autorisés à accomplir un service à temps partiel pour raison thérapeutique, accordé pour une période de trois mois renouvelable dans la limite d'un an pour une même affection. () / La demande d'autorisation de travailler à temps partiel pour raison thérapeutique est présentée par le fonctionnaire accompagnée d'un certificat médical établi par son médecin traitant. Elle est accordée après avis favorable concordant du médecin agréé par l'administration. Lorsque les avis du médecin traitant et du médecin agréé ne sont pas concordants, le comité médical compétent ou la commission de réforme compétente est saisi. / () Les fonctionnaires autorisés à travailler à temps partiel pour raison thérapeutique perçoivent l'intégralité de leur traitement ; / Ce temps partiel thérapeutique ne peut, en aucun cas, être inférieur au mi-temps ". L'article 32 du décret pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction applicable dispose : " Si, au vu de l'avis du comité médical compétent et éventuellement de celui du comité médical supérieur, dans le cas où l'autorité territoriale ou l'intéressé jugent utile de le provoquer, le fonctionnaire est reconnu apte à exercer ses fonctions, il reprend celles-ci dans les conditions fixées à l'article 33 ci-dessous ". Aux termes de l'article 33 du même décret : " Le comité médical, consulté sur l'aptitude d'un fonctionnaire territorial mis en congé de longue maladie ou de longue durée à reprendre l'exercice de ses fonctions, peut formuler des recommandations sur les conditions d'emploi de l'intéressé sans qu'il puisse porter atteinte à sa situation administrative. / Le dossier soumis au comité médical comporte un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive. /Si l'intéressé bénéficie d'un aménagement des conditions de son travail, le comité médical, après avis du service de médecine préventive, est appelé de nouveau, à l'expiration de périodes successives d'une durée comprise entre trois et six mois, à formuler des recommandations auprès de l'autorité territoriale sur l'opportunité du maintien ou de la modification de ces aménagements ".
3. Si les décisions administratives ne peuvent légalement disposer que pour l'avenir, s'agissant des décisions relatives à la carrière des fonctionnaires, des militaires ou des magistrats, l'administration peut, en dérogation à cette règle, leur conférer une portée rétroactive dans la stricte mesure nécessaire pour assurer la continuité de la carrière de l'agent intéressé ou procéder à la régularisation de sa situation. Lorsqu'un agent public a, avant la fin d'un congé de maladie, formé une demande de réintégration et obtenu un avis favorable du comité médical, cet agent est, en cas d'inaction de l'administration, réputé être réintégré dès le lendemain du dernier jour de son congé de maladie.
4. En l'espèce, Mme D soutient qu'au vu de l'avis favorable du comité médical, elle avait droit à être réintégrée à temps partiel thérapeutique dès le lendemain de la fin de son congé de longue maladie, soit le 28 janvier 2021. La région Ile-de-France fait valoir en défense qu'elle n'a jamais entendu rejeter sa demande et qu'elle a d'ailleurs informé la requérante dès le 29 janvier 2021 de sa décision de suivre l'avis rendu par le comité médical. Il ressort toutefois des pièces du dossier que par l'arrêté contesté, signé le 3 mars 2021, soit plus d'un mois après la fin du congé de longue maladie de la requérante, la région Ile-de-France a rétroactivement maintenu Mme D en congé de longue maladie du 28 janvier 2021 au 30 avril 2021 et ne l'a ensuite réintégrée à mi-temps thérapeutique dans ses fonctions d'agente d'accueil qu'à compter du 1er avril 2021, par un arrêté du 22 mars 2022. Si l'administration soutient que cette réintégration est intervenue " dès que possible ", conformément à l'avis du comité médical et se prévaut notamment de la nécessité d'organiser cette reprise à mi-temps thérapeutique avec l'établissement scolaire, Mme D était réputée avoir été réintégrée le lendemain de l'expiration de son congé, soit le 28 janvier 2021, dès lors que le comité médical avait rendu un avis favorable à sa reprise, avec un mi-temps thérapeutique d'une durée de trois mois, et que la région n'avait pas contesté le sens de cet avis avant la fin de son congé de longue maladie. Par suite, l'arrêté contesté, qui la maintient en congé de longue maladie au-delà de cette date, est entaché d'erreur de droit et doit être annulé, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, il y a lieu d'enjoindre à la région Ile-de-France de réintégrer administrativement et rétroactivement Mme D en mi-temps thérapeutique du 28 janvier 2021 au 31 mars 2022, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la région Ile-de-France la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision datée du 1er mars 2021 et signée le 3 mars 2021 par laquelle la région Ile-de-France a maintenu Mme D en congé de longue maladie du 28 janvier 2021 au 30 avril 2021 est annulée.
Article 2 : Il y a lieu d'enjoindre à la région Ile-de-France de réintégrer administrativement et rétroactivement Mme D en mi-temps thérapeutique du 28 janvier 2021 au 31 mars 2022, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La région Ile-de-France versera à Mme D une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La requête est rejetée pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la Région Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
Mme de Saint-Chamas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
La rapporteure,
L. A
La présidente,
J. Evgénas La greffière,
B. Chahine
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026