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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2106412

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2106412

mardi 6 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2106412
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMESUROLLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mars 2021, M. B A, représenté par Me Mesurolle, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a prolongé le délai d'exécution de la décision de son transfert aux autorités néerlandaises, révélée par le renouvellement de l'attestation de demande d'asile en procédure Dublin de l'intéressé le 1er mars 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale, de lui remettre le formulaire de saisine de l'OFPRA et de lui renouveler son attestation de demande d'asile, dans un délai de 48 h suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre, à défaut, au préfet de police de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer pour la durée de cet examen une autorisation provisoire de séjour, et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Mesurolle de la somme de

1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Mesurolle renonce le cas échéant à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2021, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer compte tenu de l'enregistrement, postérieurement à l'introduction de la requête, de la demande d'asile de M. A en procédure normale et de la délivrance à celui-ci d'une attestation de demande d'asile.

Par un mémoire, enregistré le 15 décembre 2021, le requérant a indiqué maintenir l'ensemble des conclusions de sa requête.

Par une décision du 27 septembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1.La demande d'aide juridictionnelle de M. A a été rejetée par une décision du 27 septembre 2021. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions du requérant tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de police a prolongé le délai d'exécution de la décision de son transfert aux autorités néerlandaises :

2.D'une part en vertu de l'article R. 221-1 du code de justice administrative les présidents de formations de jugement des tribunaux administratifs peuvent rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables.

3. D'autre part, aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du

26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers : " 1. Le transfert du demandeur ou d'une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), de l'État membre requérant vers l'État membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'État membre requérant, après concertation entre les États membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre État membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27, paragraphe 3. () ; / 2. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté () à dix-huit-mois au maximum si la personne concernée prend la fuite. () ". Aux termes du paragraphe 2 de l'article 9 du règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 : " Il incombe à l'État membre qui, pour un des motifs visés à l'article 29, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 604/2013, ne peut procéder au transfert dans le délai normal de six mois à compter de la date de l'acceptation de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée, ou de la décision finale sur le recours ou le réexamen en cas d'effet suspensif, d'informer l'État responsable avant l'expiration de ce délai. À défaut, la responsabilité du traitement de la demande de protection internationale et les autres obligations découlant du règlement (UE) n° 604/2013 incombent à cet État membre conformément aux dispositions de l'article 29, paragraphe 2, dudit règlement ".

4. II résulte des dispositions citées au point 1 du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement n° 604/2013, combinées avec celles du règlement n° 1560/2003 modifié qui en porte modalités d'application, que si l'Etat membre sur le territoire duquel séjourne le demandeur d'asile a informé l'Etat membre responsable de l'examen de la demande, avant l'expiration du délai de six mois dont il dispose pour procéder au transfert de ce demandeur, qu'il n'a pu y être procédé du fait de la fuite de l'intéressé, l'Etat membre requis reste responsable de l'instruction de la demande d'asile pendant un délai de dix-huit mois, courant à compter de l'acceptation de la reprise en charge, dont dispose l'Etat membre sur le territoire duquel séjourne le demandeur pour procéder à son transfert.

5. La prolongation du délai de transfert, qui résulte du seul constat de fuite du demandeur et qui ne donne lieu qu'à une information de l'Etat responsable de la demande d'asile par l'État membre qui ne peut procéder au transfert du fait de cette fuite, a pour effet de maintenir en vigueur la décision de transfert aux autorités de l'Etat responsable et ne suppose pas l'adoption d'une nouvelle décision. Cette prolongation n'est ainsi qu'une des modalités d'exécution de la décision initiale de transfert et ne peut être regardée comme révélant une décision susceptible de recours.

6. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents qu'à la suite de l'adoption de l'arrêté de transfert du 21 juillet 2020 par le préfet de police, qui indiquait explicitement que son délai d'exécution était de 18 mois en cas de fuite, aucune nouvelle décision de prolongation de délai de transfert n'a été adoptée dont le requérant serait recevable à demander l'annulation. Par suite, les conclusions de la requête à fin d'annulation sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées. Les conclusions à fin d'injonction ne peuvent également, par voie de conséquence, qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Mesurolle et au préfet de police.

Fait à Paris, le 6 septembre 2022.

La présidente de la 1ère chambre,

S. VIDAL

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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