vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2106500 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | SALON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 mars 2021 et le 12 janvier 2022, la société JC Decaux, représentée par Me Salon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2020 par lequel la maire de Paris l'a mise en demeure de déposer sous cinq jours les écrans numériques placés derrières deux vitrines du magasin Monoprix au 1, rue de la Boétie/45-47 boulevard Malesherbes, dans le 8ème arrondissement de Paris, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il vise des dispositions du code de l'environnement qui ne sont plus en vigueur ;
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- par voie d'exception, le b de l'article E 2.2.1.1 est illégal et les articles E 2.1.2.6 et P 4.1.1 du règlement local de publicité sont inapplicables en l'espèce dès lors qu'il ressort de l'article L. 581-2 du code de l'environnement que ces dispositions du règlement sont inapplicables aux publicités et enseignes situées à l'intérieur d'un local, sauf si l'utilisation de celui-ci est principalement celle d'un support de publicité, la circulaire interministérielle du 25 mars 2014 relative à la réglementation nationale des publicités, des enseignes et des pré-enseignes le prévoyant également.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2021, la maire de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 13 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que les dispositions des articles E 2.1.6 et P 4.1.1 de l'arrêté municipal du 7 juillet 2011 portant règlement local de la publicité, des enseignes et des pré-enseignes ne sont pas applicables à la publicité, enseignes et pré-enseignes situées à l'intérieur d'un local, sauf si son utilisation est principalement celle d'un support de publicité.
Par un mémoire enregistré le 16 mars 2023, la société JC Decaux a répondu au moyen soulevé d'office.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté municipal du 7 juillet 2011 portant règlement local de la publicité, des enseignes et des pré-enseignes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique,
- et les observations de Me Salon, représentant la société JC Decaux.
Considérant ce qui suit :
1. La société JC Decaux a implanté derrière la vitrine du magasin Monoprix situé au 1, rue de la Boétie/45-47 boulevard Malesherbes, dans le 8ème arrondissement de Paris des écrans numériques visibles depuis l'extérieur, diffusant des images assurant la promotion de cette enseigne et d'autres marques. Estimant que cette installation méconnaissait les dispositions du b) de l'article E.2.2.1.1, de l'article E.2.1.6 et de l'article P.4.1.1 de l'arrêté du 7 juillet 2011 portant règlement local de publicité, des enseignes et des préenseignes, la maire de Paris a, par un arrêté du 30 septembre 2020, mis en demeure la société JC Decaux de déposer ces écrans sous 5 jours, sous astreinte de 212,82 euros par jour de retard et par objet maintenu. La société JC Decaux demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision attaquée est fondée sur le fait que le dispositif lumineux mis en place l'a été en infraction au b de l'article E 2.2.1.1 et de l'article E 2.1.6 de l'arrêté municipal du 7 juillet 2011 portant règlement local de la publicité, des enseignes et des pré-enseignes, pour son exploitation à usage d'enseigne, et en infraction à l'article P. 4.1.1 du même règlement, pour son exploitation à usage publicitaire.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 581-2 du code de l'environnement : " Afin d'assurer la protection du cadre de vie, le présent chapitre fixe les règles applicables à la publicité, aux enseignes et aux préenseignes, visibles de toute voie ouverte à la circulation publique, au sens précisé par décret en Conseil d'État. Ses dispositions ne s'appliquent pas à la publicité, aux enseignes et aux préenseignes situées à l'intérieur d'un local, sauf si l'utilisation de celui-ci est principalement celle d'un support de publicité. ". Aux termes de l'article L. 581-3 du même code : " Au sens du présent chapitre :/ 1° Constitue une publicité, à l'exclusion des enseignes et des préenseignes, toute inscription, forme ou image, destinée à informer le public ou à attirer son attention, les dispositifs dont le principal objet est de recevoir lesdites inscriptions, formes ou images étant assimilées à des publicités; / 2° Constitue une enseigne toute inscription, forme ou image apposée sur un immeuble et relative à une activité qui s'y exerce; / 3° Constitue une préenseigne toute inscription, forme ou image indiquant la proximité d'un immeuble où s'exerce une activité déterminée. ".
4. D'autre part, aux termes du b de l'article E 2.2.1.1 de l'arrêté municipal du 7 juillet 2011 portant règlement local de la publicité, des enseignes et des pré-enseignes : " Les enseignes parallèles sont interdites, quel que soit le procédé utilisé : () b) sur, devant ou immédiatement derrière une baie, sauf si la configuration des lieux ne permet pas de les poser sur des éléments externes à la devanture ; () ".
5. Enfin, aux termes de l'article E 2.1.6 du même arrêté : " Les enseignes à écran sont interdites en façade ". Aux termes de l'article P 4.1.1 du même arrêté : " La publicité lumineuse, notamment les écrans, est interdite à l'exception des dispositifs publicitaires installés sur les toitures-terrasses. La publicité clignotante, défilante, animée ou à luminosité variable est interdite ".
6. Les dispositions de l'article L. 581-2 du code de l'environnement ne s'appliquent pas à la publicité, aux enseignes et aux préenseignes situées à l'intérieur d'un local, sauf si l'utilisation de celui-ci est principalement celle d'un support de publicité. Il s'ensuit que la société requérante est fondée à soutenir que les dispositions du b l'article E 2.2.1.1 de l'arrêté municipal du 7 juillet 2011 portant règlement local de la publicité, des enseignes et des pré-enseignes sont illégales en ce qu'elles interdisent de manière générale les enseignes parallèles situées immédiatement derrière une baie. Par suite, elle est fondée à exciper de son illégalité au soutien de leurs conclusions à fin d'annulation. Si les dispositions de l'article E 2.1.6 du même règlement sur lesquelles l'interdiction de l'installation à usage d'enseigne est complémentairement fondée et celles de l'article P. 4.1.1 sur lesquelles son interdiction à usage de publicité est notamment fondée ne sont pas, par elles-mêmes, contraires aux dispositions législatives du code de l'environnement, elles ne sont pas applicables à la publicité, aux enseignes et aux préenseignes situées à l'intérieur d'un local, sauf si l'utilisation de celui-ci est principalement celle d'un support de publicité.
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'infraction du 22 septembre 2020 et de la décision attaquée, que les deux écrans numériques installés derrière la vitrine du magasin Monoprix situé au 1, rue de la Boétie/45-47 boulevard Malesherbes, dans le 8ème arrondissement de Paris diffusaient des images relatives à l'activités du magasin Monoprix ainsi que de la publicité pour des marques ou entreprises tierces, notamment la compagnie aérienne Vueling et l'association " Toutes à l'école ", constituant ainsi à la fois une enseigne et une publicité au sens de l'article L. 581-3 du code de l'environnement. Toutefois, il en ressort également que ces écrans étaient fixés derrière la baie vitrée du local et se situaient donc à l'intérieur de celui-ci, lequel est utilisé pour l'activité commerciale du magasin Monoprix et n'est donc pas utilisé principalement comme support de publicité. Il résulte de ce qui a été dit au point 6, qu'un tel dispositif ne peut pas être légalement interdit que ce soit pour son usage d'enseigne ou pour son usage publicitaire, sur le fondement du code de l'environnement ou des dispositions de l'arrêté municipal du 7 juillet 2011, notamment celles, illégales, du b de son article E 2.2.1.1 et celles, inapplicables en l'espèce, de ses articles E 2.1.6 et P 4.1.1.
8. Il résulte de ce qui précède que la société JC Decaux est fondée à demander l'annulation de l'arrêté de la maire de Paris du 30 septembre 2020 et de la décision née du silence conservé par cette autorité sur le recours gracieux notifié le 30 novembre 2020.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la ville de Paris le versement à la société JC Decaux d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la maire de Paris du 30 septembre 2020 et la décision par laquelle cette même autorité a rejeté implicitement le recours gracieux présenté notifé le 30 novembre 2020 sont annulés.
Article 2 : La ville de Paris versera à la société JC Decaux une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société JC Decaux et à la maire de Paris.
Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Simonnot, président,
M. Grandillon, premier conseiller,
M. Paret, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
Le rapporteur,
F. BLe président,
J.-F. SIMONNOT
La greffière,
S. RAHMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2106500
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026