vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2107119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | COULAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2021, M. et Mme B F, représentés par Me Coulaud, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la direction générale des finances publiques (DGFiP) a confirmé sa décision de rejet de leur demande de communication de documents administratifs présentée le 21 octobre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la DGFiP de leur communiquer l'ensemble des documents administratifs sollicités, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que le refus de communication des documents demandés est illégal dès lors que ces documents sont communicables et que le secret fiscal ne peut leur être opposé en leur qualité d'héritiers de leur mère adoptive.
Par ordonnance du 25 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coulaud pour les requérants
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme F ont sollicité de la direction générale des finances publiques (DGFiP), par courrier en date du 21 octobre 2020, la communication de divers documents administratifs relatifs à la procédure d'établissement des droits de succession auxquels ils ont été assujettis le 13 septembre 2019 en leur qualité d'héritiers de Mme D A, décédée le 27 novembre 2011. Le 7 décembre 2020, les requérants ont saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) du refus implicite de communication opposé à cette demande. La CADA a émis le 21 janvier 2021 un avis favorable à la communication des documents demandés. Le silence gardé par la DGFiP pendant plus de deux mois à compter de l'enregistrement de la saisine de la CADA par les requérants a fait naître, en application des articles R. 343-4 et R. 343-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision implicite confirmant le refus de communiquer les documents en cause. Par courriel du 2 avril 2021, soit postérieurement à la naissance de cette décision implicite, la DGFiP a communiqué à M. et Mme F certains des documents demandés. Par la présente requête, M. et Mme F doivent être regardés comme demandant l'annulation de la décision implicite précitée, en tant qu'elle ne fait pas droit à leur demande de communication des documents autres que ceux ayant été communiqués le 2 avril 2021, à savoir de la ou des lettres de la DGFiP envoyées à M. C préalablement à l'envoi de la lettre du 5 avril 2019 mettant en demeure M. C de produire la déclaration de succession, de l'ensemble des échanges entre la DGFiP et M. C relatifs à la déclaration de succession, de l'ensemble des échanges entre la DGFiP et M. C concernant la régularisation fiscale, des documents concernant le compte W 87834 ouvert à la Banque Pictet, des échanges entre la DGFiP et Me Exertier, notaire de la succession, de la lettre n°751 de l'administration fiscale dont il est fait référence dans la lettre 751-D du 2 avril 2021, des avis de mise en recouvrement des droits de succession de M. F, de Mme F et de M. C pour la succession de Mme D A, des avis de mise en recouvrement relatifs à la régularisation des comptes à l'étranger effectués par M. C pour le compte de la succession de Mme D A, du récapitulatif des sommes payées dans le cadre de la régularisation fiscale par M. C et/ou par la succession ainsi que des dates des paiements, et du récapitulatif des sommes payées dans le cadre de la succession.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. / () ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Aux termes de l'article L. 311-5 du même code : " Ne sont pas communicables : () 2° Les autres documents administratifs dont la consultation ou la communication porterait atteinte : () g) A la recherche et à la prévention, par les services compétents, d'infractions de toute nature ; h) () aux autres secrets protégés par la loi ". Aux termes de l'article L. 311-6 du même code : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée () ". Aux termes de l'article L. 103 du livre des procédures fiscales : " L'obligation du secret professionnel, telle qu'elle est définie aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal, s'applique à toutes les personnes appelées à l'occasion de leurs fonctions ou attributions à intervenir dans l'assiette, le contrôle, le recouvrement ou le contentieux des impôts, droits, taxes et redevances prévus au code général des impôts. / Le secret s'étend à toutes les informations recueillies à l'occasion de ces opérations. () ".
3. Le secret professionnel institué par l'article L. 103 du livre des procédures fiscales n'est pas opposable au débiteur solidaire de l'impôt, dans la mesure où les pièces couvertes par le secret sont utiles à l'exercice de son droit de réclamation, dans la limite de la solidarité prononcée à son encontre. Il ne fait pas davantage obstacle à la communication aux héritiers tenus au paiement d'une dette fiscale de la succession des documents administratifs sur lesquels l'administration fiscale s'est fondée pour établir l'imposition mise à la charge de la succession, dans la mesure où ils sont utiles à l'exercice de leurs droits, y compris lorsque plusieurs personnes sont intéressées par les mêmes documents, sous réserve, le cas échéant, de l'occultation des autres informations mettant en cause la vie privée de tiers qu'ils comporteraient.
4. En l'espèce, l'administration fiscale, qui n'a pas défendu dans la présente instance, ne conteste ni le caractère administratif des documents dont la communication est sollicitée par M. et Mme F tels qu'énumérés au point 1 du présent jugement, ni l'utilité de ces documents pour l'exercice de leur droit à réclamation à l'encontre des droits de succession auxquels ils ont été assujettis de manière solidaire avec M. C. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le refus de leur communiquer lesdits documents est entaché d'illégalité et doit, par suite, être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
5. Le présent jugement implique nécessairement que l'administration fiscale communique à M. et Mme F les documents administratifs énumérés au point 1 du présent jugement, sous réserve de leur existence et, le cas échéant, de l'occultation préalable des mentions susceptibles de porter atteinte à la recherche des infractions en matière fiscale ou de mettre en cause la vie privée de tiers. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à la DGFiP de procéder à cette communication dans un délai de deux mois à compter de la mise à disposition au greffe du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme F et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le directeur général des finances publiques a confirmé son refus de communiquer à M. et Mme F les documents administratifs énumérés au point 1 du présent jugement est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la DGFiP de communiquer à M. et Mme F les documents précités, dans un délai de deux mois à compter de la mise à disposition au greffe du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. et Mme F une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B F, à la direction générale des finances publiques et au ministre de l'économie, des finances et de la relance.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marino, président,
M. Le Broussois, premier conseiller,
M. Lautard-Mattioli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
Le rapporteur,
N. E
Le président,
Y. Marino
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2107119/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026