vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2107410 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | MAAMOURI |
Vu la procédure suivante :
I) Sous le n° 2107410, par une requête, enregistrée le 8 avril 2021 et un mémoire enregistré le 3 février 2023, M. A B, représenté par Me Maamouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision implicite par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle d'Ile-de-France du CNAPS a rejeté sa demande de délivrance d'une carte professionnelle d'agent de sécurité privée ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle repose sur des raisons inconnues de lui et sur lesquelles il n'a pas été invité à faire valoir ses observations ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il répond à toutes les exigences posées par l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II) Sous le n° 2112889, par une requête, enregistrée le 17 juin 2021 et un mémoire enregistré le 3 février 2023, M. A B, représenté par Me Maamouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 juin 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision implicite par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle d'Ile-de-France du CNAPS a rejeté sa demande de délivrance d'une carte professionnelle d'agent de sécurité privée ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un non-respect de la procédure contradictoire préalable ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique,
- et les observations de Me Maamouri, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité auprès de la commission locale d'agrément et de contrôle d'Ile-de-France Est du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) la délivrance d'une carte professionnelle l'autorisant à exercer une activité privée de sécurité. Par courrier du 10 décembre 2020, reçu le 14 décembre suivant, il a formé devant la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS un recours administratif préalable obligatoire contre la décision implicite de rejet de sa demande. Par la requête n° 2107410, M. B demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle que la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a rejeté ledit recours. Par la requête n° 2112889, il demande au tribunal d'annuler la décision expresse du 3 juin 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a rejeté ce même recours. Les requêtes n° 2107410 et 2112889 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire formé par M. B :
2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours administratif fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. Il résulte de ce qui vient d'être dit que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle que la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a rejeté son recours administratif préalable obligatoire doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 3 juin 2021 par laquelle ladite commission a expressément rejeté ce recours, qui s'est substituée à la décision implicite née antérieurement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision expresse du 3 juin 2021 :
4. Aux termes de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure : " I. - Les décisions administratives de recrutement, d'affectation, de titularisation, d'autorisation, d'agrément ou d'habilitation, prévues par des dispositions législatives ou réglementaires, concernant soit les emplois publics participant à l'exercice des missions de souveraineté de l'Etat, soit les emplois publics ou privés relevant du domaine de la sécurité ou de la défense () peuvent être précédées d'enquêtes administratives destinées à vérifier que le comportement des personnes physiques ou morales intéressées n'est pas incompatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées. () ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () Le respect de ces conditions est attesté par la détention d'une carte professionnelle délivrée selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
5. Pour rejeter le recours administratif préalable obligatoire de M. B contre la décision implicite par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle d'Ile-de-France Est du CNAPS avait refusé de lui délivrer une carte professionnelle en vue de l'exercice d'une activité privée de sécurité, la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS s'est fondée sur la circonstance que l'enquête administrative diligentée au sujet de M. B avait fait apparaître que l'intéressé était inscrit au fichier des personnes recherchées pour des faits révélant de la part de celui-ci un comportement susceptible de porter atteinte à la sécurité publique et à la sécurité des personnes et incompatible avec l'exercice des fonctions concernées.
6. Toutefois, alors que M. B conteste avoir commis des faits justifiant son inscription au fichier des personnes recherchées, le CNAPS ne fournit aucune précision sur la nature des agissements au titre desquels l'intéressé serait inscrit dans ce fichier et qui ont été regardés comme étant de nature à porter atteinte à la sécurité publique et la sécurité des personnes et comme incompatibles avec l'exercice d'une activité privée de sécurité, alors au demeurant que les cas d'inscription dans le fichier en cause ne se rapportent pas nécessairement à des comportements tels que ceux visés au 2° de l'article L. 612-20 précité du code de la sécurité intérieure. En outre, si le CNAPS se prévaut d'une note blanche établie par la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris, il ne ressort pas du contenu de cette note qui, si elle fait état de la conversion de M. B à l'islam, de sa relation avec une femme de nationalité algérienne porteuse du voile et du fait qu'il serait " soupçonné de pratiquer un islam rigoriste ", relève par ailleurs que l'intéressé " n'a jamais fait état de velléité, d'apologie ou de soutien au terrorisme et () n'a pas de lien avec des individus connus de la mouvance islamiste radicale ", que le comportement du requérant serait susceptible de porter atteinte à la sécurité publique et à la sécurité des personnes. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée, en l'absence d'éléments de nature à étayer le bien-fondé du motif sur lequel elle repose, doit être regardée comme entachée d'erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de la décision attaquée du 3 juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement implique nécessairement que le CNAPS délivre à M. B la carte professionnelle sollicitée. Il y a lieu de lui enjoindre de procéder à cette délivrance dans un délai de deux mois à compter de la mise à disposition au greffe du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du CNAPS une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 3 juin 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a rejeté le recours administratif préalable obligatoire de M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au CNAPS de délivrer à M. B une carte professionnelle l'autorisant à exercer une activité privée de sécurité, dans un délai de deux mois à compter de la mise à disposition au greffe du présent jugement.
Article 3 : Le CNAPS versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marino, président,
M. Le Broussois, premier conseiller,
M. Thulard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
Le rapporteur,
N. C
Le président,
Y. Marino
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2107410, 211889/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026