mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2107676 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | OTTOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 13 avril 2021 et le 27 août 2021, Mme B C, représentée par Me Ottou, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, ou de réexaminer sa situation en la munissant dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une absence de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel doit être lu à la lumière des dispositions de l'article 371-2 du code civil et du principe de la personnalisation des peines pénales ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 314-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il viole les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense enregistrés le 6 août 2021 et le 8 octobre 2021, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Pommelet, substituant Me Ottou, avocat de
Mme C, en présence de cette dernière.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, de nationalité ivoirienne, née le 24 août 1990, a été admise au séjour dans le cadre des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile du 25 août 2017 au 24 août 2018, puis du 25 août 2018 au 24 août 2020. Elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 mars 2021 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ; / Lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent, en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, justifie que ce dernier contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du même code, ou produit une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ; () ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () " et aux termes des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 : " dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale ".
3. Il est constant que Mme C est la mère de l'enfant Paris Okpoda Gabriella A, Mingou Mendy, née le 11 juillet 2016, dont le père est M. E A, de nationalité française et que l'enfant a la nationalité française. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de l'intéressée, le préfet de police a considéré que Mme C n'était pas en mesure de justifier que M. A contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil. Certes, Mme C se borne à produire quelques copies d'écran de virements bancaires depuis le compte bancaire de M. A, dont deux seulement au cours de l'année 2020 et trois avant la date de l'arrêté attaqué. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme C, qui exerce plusieurs activités en qualité de salariée depuis au moins le 1er septembre 2017, et a suivi avec assiduité une formation pour l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle " accompagnant éducatif petite enfance " durant trois ans, assure l'entretien et l'éducation de son enfant qui réside exclusivement chez elle et qui est scolarisé. Par conséquent, le refus de renouvellement du titre de séjour en litige, alors même qu'il n'est pas assorti d'une mesure d'éloignement, porte une atteinte disproportionnée au droit de Mme C au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant. Mme C est dès lors fondée à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté par lequel le préfet de police a refusé de renouveler le titre de séjour de Mme C doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
5. L'exécution du présent jugement, compte tenu du motif de l'annulation qu'il prononce, implique que le titre de séjour de Mme C soit renouvelé. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été titulaire d'une carte de séjour temporaire sur le fondement du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile du 25 août 2017 au 24 août 2018, puis du 25 août 2018 au 24 août 2020. La requérante répond ainsi aux conditions du 2° de l'article L. 314-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprises au 2° de l'article L. 423-10 de ce code, et est dès lors en droit de prétendre à l'obtention de la carte de résident d'une durée de dix ans que ces dispositions prévoient. Par suite, il y a lieu, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de l'intéressée, d'enjoindre au préfet de police de délivrer à Mme C une carte de résident sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement, ainsi qu'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de la délivrance de ce titre. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que Mme C réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par conséquent, les conclusions qu'elle présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 mars 2021 du préfet de police est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer une carte de résident à Mme C sur le fondement du 2° de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement, ainsi qu'une autorisation provisoire de séjour autorisant Mme C à travailler dans l'attente de la délivrance de ce titre.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perfettini, présidente,
Mme Merino, première conseillère,
M. Guiader, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2022.
La rapporteure,
M. D
La présidente,
D. PERFETTINI
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies d'exécution de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026