LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2107704

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2107704

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2107704
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3e Section - 2e Chambre
Avocat requérantSCALBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 avril 2021, M. A D, représenté par Me Scalbert, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 mars 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté sa demande tendant au rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Scalbert au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente ;

- elle est dépourvue de base légale dès lors que le Conseil d'Etat a reconnu l'incompatibilité des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018, avec les objectifs de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'erreurs de fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de l'absence d'examen de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2022, l'Office français de l'intégration et de l'immigration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- le requérant a été dépourvu d'attestation de demande d'asile entre le 31 juillet 2019 et le 9 février 2021 ;

- il ne peut, en tout état de cause, pas bénéficier du rétablissement des conditions matérielles d'accueil à compter du rejet par la Cour nationale du droit d'asile de sa demande le 28 décembre 2021.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juin 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de Mme Privet, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant bangladais né le 1er janvier 1997, a présenté une demande de protection internationale en France qui a été initialement enregistrée en procédure dite " Dublin " le 11 février 2019. Par une décision du 4 juillet 2019, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (l'OFII) lui a retiré de plein droit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées le 11 février 2019 au motif qu'il n'avait pas respecté les obligations de se présenter aux autorités. A la suite de l'enregistrement, le 9 février 2021, de sa demande de protection internationale en procédure dite accélérée, en vue de son examen par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, M. D a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil, par une lettre du 15 février 2021. Par une décision du 15 mars 2021, l'OFII a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cette décision.

2. Par sa décision n° 428530, 428564 du 31 juillet 2019, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a jugé que les dispositions des articles L. 744-7 et L.744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui créaient, dans leur rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, des cas de refus et de retrait de plein droit des conditions matérielles d'accueil sans appréciation des circonstances particulières et excluaient, en cas de retrait, toute possibilité de rétablissement de ces conditions, étaient incompatibles avec les objectifs de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale. Il a, par suite, annulé les dispositions réglementaires prises pour leur application. Ainsi, le Conseil d'Etat a, par la même décision, précisé que cette incompatibilité des dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018, avec les objectifs de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, implique notamment que les demandeurs d'asile ayant été privés du bénéfice des conditions matérielles d'accueil en vertu d'une décision, prise après le 1er janvier 2019, y mettant fin dans un cas mentionné à l'article L. 744-7 du code puissent demander le rétablissement de ce bénéfice. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de statuer sur une telle demande de rétablissement en appréciant la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.

3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme E B, directrice territoriale de l'OFII à Paris, qui bénéficiait d'une délégation de signature à cet effet, par une décision du directeur général de l'OFII du 2 octobre 2020, régulièrement publiée sur le site internet de cet établissement public. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne l'article 20, paragraphe 1, de la direction n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 ainsi que l'arrêt du Conseil d'Etat n° 428530 précité. Elle précise en outre que M. D a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII et qu'elles ont été suspendues au motif qu'il n'a pas respecté les obligations de se présenter aux autorités. La décision retient ensuite que les motifs évoqués au soutien de la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil ne permettent pas de justifier des raisons pour lesquelles l'intéressé n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'OFII et que, par ailleurs, l'évaluation de sa situation personnelle et familiale ne fait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité ni de besoin particulier en matière d'accueil. Par suite, cette décision, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, d'une part, dès lors que la décision attaquée de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil du 15 mars 2021 n'a pas été prise en application de la décision de retrait de plein droit du 4 juillet 2019 et que cette dernière décision ne constitue pas la base légale de la décision de refus de rétablissement du 15 mars 2021, le requérant ne peut pas utilement contester, par voie d'exception, la légalité de cette décision de retrait au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision du 15 mars 2021. D'autre part, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de la demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas non plus l'obligation pour l'Office de réexaminer d'office et de plein droit les conditions matérielles d'accueil qui avaient été suspendues ou retirées ni, en tout état de cause, de les rétablir. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que l'OFII, qui a fait bénéficier M. D d'un nouvel entretien de vulnérabilité le 4 mars 2021, a examiné sa situation, y compris au regard de son état de santé que le requérant n'a toutefois étayé ni lors de cet entretien ni au soutien de sa demande de rétablissement. En outre, la contestation par M. D de l'appréciation portée par l'OFII sur les éléments qu'il a fait valoir au soutien de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil est sans incidence sur la réalité de l'examen qui a été effectué à ce titre. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen et des erreurs de fait commises par l'OFII dans le cadre de cet examen doivent, en tout état de cause, être écartés.

8. En dernier lieu, si M. D se prévaut de son état de santé mentale, lié aux sévices qu'il a subis dans son pays d'origine, et de ses conditions de vie précaires, il n'apporte aucune pièce ni aucune précision de nature à établir la situation de vulnérabilité particulière dont il se prévaut. En outre, en se bornant à invoquer la reconnaissance par la France de sa compétence pour examiner sa demande, il n'apporte aucun élément de nature à justifier les raisons pour lesquelles il ne s'est pas présenté aux convocations de la préfecture des 4 et 11 juin 2019. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par l'OFII en refusant de rétablir les conditions matérielles d'accueil doit être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 mars 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais d'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Amat, présidente,

- Mme Armoët, première conseillère,

- M. Broussillon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

La rapporteure,

E. C

La présidente,

N. AmatLa greffière,

P. Tardy-Panit

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions