LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2108043

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2108043

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2108043
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET GARCIA AVOCATS (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 avril 2021, M. A C, représenté par Me Garcia, demande au tribunal :

1°) d'annuler les arrêtés du ministre de l'intérieur du 15 mars 2021 ordonnant son expulsion du territoire français et fixant le Maroc comme pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, conformément aux dispositions de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de réexaminer sa situation.

Il soutient que :

- les arrêtés attaqués sont entachés de l'incompétence de leur auteur ;

- ils sont insuffisamment motivés ;

- ils sont entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ; le centre de sa vie privée et familiale se situe en France ; il y exerce une activité professionnelle stable ; il a été relaxé de certains des faits qui lui sont reprochés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Par une ordonnance du 30 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 octobre 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les conclusions de Mme Baratin, rapporteure publique.

- les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant marocain né le 9 mars 1987, entré en France le 25 septembre 2008, demande l'annulation des arrêtés du ministre de l'intérieur du 15 mars 2021 ordonnant son expulsion du territoire français et fixant le Maroc comme pays de destination.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / Toutefois, les décisions fondées sur des motifs en lien avec la prévention d'actes de terrorisme sont prises dans des conditions qui préservent l'anonymat de leur signataire. Seule une ampliation de cette décision peut être notifiée à la personne concernée ou communiquée à des tiers, l'original signé, qui seul fait apparaître les nom, prénom et qualité du signataire, étant conservé par l'administration. ". Aux termes de l'article L. 773-9 du code de justice administrative : " Les exigences de la contradiction mentionnées à l'article L. 5 sont adaptées à celles de la protection de la sécurité des auteurs des décisions mentionnées au second alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. /Lorsque dans le cadre d'un recours contre l'une de ces décisions, le moyen tiré de la méconnaissance des formalités prescrites par le même article L. 212-1 ou de l'incompétence de l'auteur de l'acte est invoqué par le requérant ou si le juge entend relever d'office ce dernier moyen, l'original de la décision ainsi que la justification de la compétence du signataire sont communiqués par l'administration à la juridiction qui statue sans soumettre les éléments qui lui ont été communiqués au débat contradictoire ni indiquer l'identité du signataire dans sa décision. ".

3. Il ressort des pièces produites en défense et non soumises au contradictoire en application de l'article L. 773-9 que le signataire des arrêtés attaqués, dont le prénom, nom et signature figurent sur ces actes, est un agent du ministère de l'intérieur et bénéficie d'une délégation de signature de son ministre à l'effet de signer, notamment, de tels actes. Par suite, les moyens tirés du défaut de signature et de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués manquent en fait et doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués énoncent les considérations de droit et de fait sur lesquels ils se fondent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des dispositions des articles L. 521-2, L. 521-3 et L. 521-4, l'expulsion peut être prononcée si la présence en France d'un étranger constitue une menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'expulsion que si cette mesure constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique et sous réserve que les dispositions de l'article L. 521-3 n'y fassent pas obstacle : 1° L'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins un an ; () 4° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ; ".

6. Aucune disposition législative ni aucun principe ne s'oppose à ce que les faits relatés par les " notes blanches " versées au débat contradictoire et qui ne sont pas sérieusement contestés, soient susceptibles d'être pris en considération par le juge administratif.

7. M. C fait valoir, d'une part, qu'il est le père de trois enfants français et, d'autre part, que son expulsion ne saurait constituer une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique dès lors que le tribunal correctionnel de Blois a prononcé sa relaxe pour certains des faits retenus à son encontre par le ministre de l'intérieur. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que les enfants de M. C ont été placés auprès de l'aide sociale à l'enfance par une ordonnance du juge des enfants du 4 octobre 2019 et le requérant n'établit pas contribuer ni à leur entretien ni à leur éducation. D'autre part, M. C a été condamné à plusieurs reprises, les 13 septembre 2011, 2 mars 2017, 17 août 2017, 2 juillet 2018, 9 novembre 2020 et 26 novembre 2020, respectivement à des peines de 8 mois d'emprisonnement pour destruction de bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes, 4 mois d'emprisonnement pour des faits d'outrage et violence à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique, 12 mois d'emprisonnement pour conduite en état d'ivresse manifeste, refus d'obtempérer et menace de mort, 8 mois d'emprisonnement pour récidive de conduite sous l'empire de stupéfiants, 2 mois d'emprisonnement pour usage illicite de stupéfiants et 3 mois d'emprisonnement pour récidive de conduite en état d'ivresse et sous l'empire de stupéfiants. En outre, s'il est constant que le tribunal correctionnel de Blois a relaxé M. C dans le cadre des poursuites pour apologie du terrorisme dont il faisait l'objet, il ressort de la fiche de signalement du 27 octobre 2020 effectué par la travailleuse sociale qui l'accompagnait que M. C aurait fait part de son approbation de la décapitation de l'enseignant Samuel Paty survenu à Conflans Saint-Honorine le 16 octobre 2020. Enfin, la note blanche du ministère de l'intérieur relève que si les propos qu'il a tenus après son interpellation en novembre 2020 ont été en partie incohérents, il a tout de même indiqué, interrogé sur ce qu'il pensait de l'assassinat de Samuel Paty, que " la loi de Dieu est plus importante que celle des hommes " et qu'il était " énervé par les caricatures du Prophète ". Dans ces conditions, en l'absence de tout élément permettant d'établir que le centre de la vie privée et familiale de M. C se situe en France et eu égard aux impératifs de l'ordre public, il ne ressort pas des pièces du dossier que les arrêtés du ministre de l'intérieur seraient entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle. Le moyen ainsi invoqué doit donc être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Rohmer, président,

Mme Berland, conseillère,

M. Perrot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.

Le rapporteur,

V. B

Le président,

B. ROHMER La greffière,

I. SZYMANSKI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions