mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2109499 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | PAULHAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mai 2021, Mme C A, représentée par Me Paulhac, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de procéder au retrait de la décision du 2 septembre 2019 portant retrait de ses cartes de séjour temporaire ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au retrait de sa décision du 2 septembre 2019 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Paulhac au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite attaquée est dépourvue de motivation ;
- elle méconnaît l'article L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle justifie notamment d'un élément de droit nouveau tenant au rejet, par le jugement du 6 avril 2020 du tribunal judiciaire de Grenoble, de l'action en contestation de paternité concernant sa fille de nationalité française.
La requête a été communiquée au préfet de police qui n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 8 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 8 décembre 2021 à 12 heures.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante congolaise née le 8 septembre 1980, a bénéficié, à compter du mois de décembre 2013, en qualité de mère d'une enfant de nationalité française née le 9 août 2012, de trois cartes de séjour temporaires valables du 24 décembre 2013 au 23 décembre 2014, du 19 mars 2015 au 18 mars 2016 et du 7 mars 2018 au 6 mars 2019. Par un arrêté du 2 septembre 2019, le préfet de police a, d'une part, refusé de renouveler sa dernière carte de séjour, d'autre part, procédé au retrait, pour fraude, de ses décisions de délivrance à l'intéressée des cartes de séjour temporaire précitées et, enfin, l'a convoquée afin d'examiner son droit au séjour sur le fondement distinct de ses liens privés et familiaux en France. Par une lettre du 24 août 2020, reçue par les services de la préfecture de police le 27 août 2020, Mme A a demandé au préfet de retirer l'arrêté du 2 septembre 2019, compte tenu du rejet, le 6 avril 2020, par le tribunal judiciaire de Grenoble, de l'action en contestation de paternité formée par le procureur de la République concernant sa fille de nationalité française. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par le préfet de police sur cette demande. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration, relatif aux décisions créatrices de droits : " Sur demande du bénéficiaire de la décision, l'administration peut, selon le cas et sans condition de délai, abroger ou retirer une décision créatrice de droits, même légale, si son retrait ou son abrogation n'est pas susceptible de porter atteinte aux droits des tiers et s'il s'agit de la remplacer par une décision plus favorable au bénéficiaire ".
3. Aux termes de l'article L. 243-2 du même code, relatif aux décisions non créatrices de droits : " () L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ". Aux termes de l'article L. 243-3 de ce même code : " L'administration ne peut retirer un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits que s'il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction ".
4. En l'espèce, d'une part, Mme A ne peut pas utilement se prévaloir de l'article L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration, cité au point 2 du présent jugement, à l'encontre de la décision attaquée, portant refus de retirer la décision du 2 septembre 2019 par laquelle le préfet a prononcé le retrait de ses cartes de séjour temporaire, dès lors que cette décision de retrait de ses titres de séjour n'est pas une décision créatrice de droits. D'autre part, il résulte de l'article L. 243-3 du même code, cité au point 3 du présent jugement, que le préfet ne pouvait légalement retirer son arrêté du 2 septembre 2019 que jusqu'au 2 janvier 2020. Par suite, à la date à laquelle la demande de retrait de cet arrêté a été adressée au préfet le 27 août 2020, et à la date à laquelle ce dernier l'a implicitement rejetée, le délai de retrait était expiré. Par suite, le préfet de police, qui était uniquement saisi d'une demande de retrait de sa décision du 9 septembre 2019 et non d'une demande d'abrogation, était, en tout état de cause, tenu de la rejeter. Par suite, Mme A, qui ne peut, en tout état de cause, pas utilement contester l'absence de motivation du refus implicite attaqué dès lors qu'elle n'a pas sollicité la communication des motifs de cette décision en application de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais d'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Amat, présidente,
- Mme Armoët, première conseillère,
- M. Broussillon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
E. B
La présidente,
N. AmatLa greffière,
P. Tardy-Panit
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026