lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2110077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2110077, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 10 mai, 28 juillet 2021 et 25 février 2022, M. E G, représenté par Me Komly-Nallier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 mars 2021 par laquelle le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU) l'a révoqué de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre le GHU de le réintégrer dans ses fonctions à compter du 13 mars 2021 ;
3°) de mettre à la charge du GHU la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, faute pour le conseil de discipline d'avoir respecté les dispositions sur les modalités de vote prévues par les dispositions de l'article 9 du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison du défaut d'impartialité d'un des membres ayant siégé lors du conseil de discipline ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont constitutifs d'aucune faute ;
- la sanction de révocation qui a été prononcée à son encontre est disproportionnée.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 18 août 2021 et 11 mars 2022, le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU), représenté par Me Falala conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 mars 2022.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2118440 et deux mémoires en réplique, enregistrés les 30 août 2021, 8 juin et 5 août 2022, M. E G, représenté par Me Komly-Nallier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2021 par laquelle le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU) a prononcé à son encontre une exclusion temporaire de vingt-quatre mois, assortie d'un sursis de quatre mois ;
2°) d'enjoindre au GHU de le réintégrer dans ses fonctions à compter du 2 juillet 2021 ;
3°) à titre subsidiaire, de diligenter une expertise confiée à un psychiatre afin d'apprécier les éventuels troubles du comportement dont il est atteint ;
4°) de mettre à la charge du GHU la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, faute pour le conseil de discipline d'avoir respecté les dispositions sur les modalités de vote prévues par les dispositions de l'article 9 du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison du défaut d'impartialité d'un des membres ayant siégé lors du conseil de discipline ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'au 29 juin 2021, M. G était révoqué de ses fonctions par une décision du 26 mars 2021 ;
- elle méconnaît le principe non bis in idem ;
- elle méconnaît la force exécutoire de l'ordonnance du juge des référés intervenue le 15 juin 2021 ;
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont constitutifs d'aucune faute ;
- la sanction de révocation qui a été prononcée à son encontre est disproportionnée.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 6 mai et 11 juillet 2022, le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU), représenté par Me Falala conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. I,
- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public ;
- les observations de Me Komly-Nallier, représentant Mme G, et celles de Me Gorse, représentant le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences.
Considérant ce qui suit :
1. M. E G a été recruté par un contrat à durée déterminée le 22 octobre 2001 par le centre hospitalier Saint-Anne, aux droits duquel est venu à compter du 1er janvier 2019 le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU), en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié, exerçant les fonctions de brancardier, avant d'être titularisé dans ce corps à compter du 5 janvier 2004. Par une décision du 16 janvier 2020 non contestée et devenue définitive, il a fait l'objet d'une exclusion temporaire de fonctions d'une durée de trente jours assortie d'une période de sursis de quinze jours, motif pris de ce qu'il a eu " depuis plusieurs mois et malgré plusieurs rappels à l'ordre sur le sujet de ses supérieurs hiérarchiques, un comportement inadapté envers des élèves infirmières accueillies en stage au sein de l'établissement ", caractérisé par des gestes et des propos inappropriés ayant mis les intéressées en situation de difficulté. Le GHU, estimant que M. G n'avait pas mis un terme à ce comportement inadapté mais au contraire l'avait accentué, l'a, par une décision du 26 mars 2021, révoqué de ses fonctions. Par une ordonnance n° 2110078 rendue le 15 juin 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a suspendu l'exécution de cette sanction et a enjoint le GHU de réintégrer M. G. En exécution de cette ordonnance, le GHU a réintégré l'intéressé et a réexaminé sa situation. Par une seconde décision du 29 juin 2021, le GHU a prononcé à son encontre une exclusion temporaire pendant vingt-quatre mois, assortie d'un sursis de quatre mois. Par les présentes requêtes, M. G demande l'annulation de ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2110077 et n° 2118440 ont été introduites par le même requérant, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens soulevés contre les deux décisions attaquées :
3. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors applicable : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale () ". Aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors applicables : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Troisième groupe : / La rétrogradation au grade immédiatement inférieur et à l'échelon correspondant à un indice égal ou, à défaut, immédiatement inférieur à celui afférent à l'échelon détenu par l'agent, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans () ".
4. En premier lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. / Aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée au-delà d'un délai de trois ans à compter du jour où l'administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits passibles de sanction. () / Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. "
5. M. G soutient que la procédure n'a pas respecté le principe du contradictoire dès lors que tous les procès-verbaux des auditions qui ont été menées dans le cadre de l'enquête administrative menée par M. D ne lui auraient pas été communiqués, contrairement à ce que prévoient les dispositions précitées de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983. Il fait valoir, d'une part, que le rapport adressé au conseil de discipline ne contient que des extraits anonymes de courriels ne lui ayant pas permis d'assurer utilement sa défense et, d'autre part, que M. D, son auteur, se réfère à un audit et à des échanges verbaux non communiqués. Lorsqu'une enquête administrative a été diligentée sur le comportement d'un agent public ou porte sur des faits qui, s'ils sont établis, sont susceptibles de recevoir une qualification disciplinaire ou de justifier que soit prise une mesure en considération de la personne d'un tel agent, le rapport établi à l'issue de cette enquête, y compris lorsqu'elle a été confiée à des corps d'inspection, ainsi que, lorsqu'ils existent, les procès-verbaux des auditions des personnes entendues sur le comportement de l'agent faisant l'objet de l'enquête font partie des pièces dont ce dernier doit recevoir communication en application des dispositions précitées de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983, sauf si la communication de ces procès-verbaux serait de nature à porter gravement préjudice aux personnes qui ont témoigné. En l'espèce, si les témoignages recueillis par courriel par M. D et mentionnés dans le rapport adressé au conseil de discipline fondent en partie, en plus du témoignage de Mme B, les deux sanctions prononcées à l'encontre de M. G les 26 mars et 29 juin 2021, d'une part, les extraits mentionnés contiennent des éléments relatifs aux agissements de M. G suffisamment précis pour lui permettre d'organiser sa défense et, d'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'audit réalisé par la direction du GHU aurait donné lieu à la rédaction de procès-verbaux. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le rapport de M. D reproduit in extenso la quasi-totalité des témoignages recueillis par courriel. Le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit donc être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes des deuxième et troisième alinéas de l'article 9 du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière : " () le président du conseil de discipline met aux voix la proposition de sanction la plus sévère parmi celles qui ont été exprimées lors du délibéré. Si cette proposition ne recueille pas l'accord de la majorité des membres présents, le président met aux voix les autres sanctions figurant dans l'échelle des sanctions disciplinaires en commençant par la plus sévère après la sanction proposée jusqu'à ce que l'une d'elles recueille un tel accord. / Si aucune proposition de sanction n'est adoptée, le président propose qu'aucune sanction ne soit prononcée. "
7. M. G soutient que la présidente du conseil de discipline qui s'est tenu le 19 mars 2021 ne pouvait régulièrement mettre au vote l'absence de sanction après avoir constaté qu'aucune des propositions de sanctions, de la plus sévère à la moins sévère, ne recueillait la majorité des suffrages. Toutefois, il résulte des dispositions précitées que le président du conseil de discipline met aux voix la proposition de sanction la plus sévère parmi celles qui ont été exprimées lors du délibéré. En cas d'absence de majorité, il propose au vote les autres sanctions moins sévères. Si aucune majorité n'est trouvée sur ces sanctions moins sévères, il peut alors proposer au vote l'absence de toute sanction. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal du conseil de discipline du 19 mars 2021, que la présidente, en mettant d'abord au vote la révocation, qui n'a pas recueilli la majorité des suffrages, puis l'exclusion temporaire, enfin l'absence de sanction, qui ont chacune recueilli un avis défavorable unanime, a respecté la procédure prévue par les dispositions précitées. Le moyen soulevé ne peut donc qu'être écarté.
8. En troisième lieu, M. G soutient que l'une des membres du conseil de discipline n'était pas impartiale dès lors qu'elle a tenu à son encontre des propos diffamatoires voire injurieux. Il fait valoir qu'elle a affirmé, lors du conseil de discipline, qu'il avait adopté un comportement de " prédateur sexuel " et qu'il avait commis des " agressions sexuelles ", et se prévaut de témoignages de son conseil et d'un des membres du conseil de discipline, représentant du personnel et délégué syndical, en date du 30 mars 2021. Toutefois, il ressort du procès-verbal du conseil de discipline du 19 mars 2021, qui a été signé par sa présidente, sa secrétaire de séance et son secrétaire adjoint, que les phrases tenues par la membre du conseil de discipline incriminée par M. G, se bornent à commenter les témoignages des femmes victimes de ses agissements et, à ce titre, ne permettent pas, à elles seules, de caractériser un manque d'impartialité, ni de l'une des membres du conseil de discipline, ni du conseil de discipline lui-même. Le moyen doit donc être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 2° Infligent une sanction (). " Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
10. Les décisions attaquées visent les textes dont elles font application, exposent de façon détaillée les faits retenus par l'administration pour infliger les sanctions successivement prononcées. Dès lors, elles comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement au sens des dispositions précitées de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées doit donc être écarté.
11. En cinquième lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire sont matériellement établis, constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
12. M. G soutient que la matérialité des faits n'est pas établie et fait valoir qu'à l'exception du courrier produit par Mme B, les attitudes, gestes et comportements qui lui sont reprochés et qui motivent les sanctions prononcées ne reposent que sur des accusations vagues, peu détaillées, non datées, qui ne présentent aucun caractère probant. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'administration produit cinq témoignages, dont un rédigé le 13 janvier 2021 par Mme B, alors étudiante infirmière de deuxième année, trois recueillis par courriels auprès de personnels médicaux et consignés dans le rapport de M. D daté du 20 janvier 2021, une attestation du professeur H A en date du 21 janvier 2021 confirmant les faits relatés dans le rapport de M. D, un témoignage de Mme F et une attestation produite par Mme C, cadre supérieure de santé, le 28 juin 2021. Ces témoignages, circonstanciés, nombreux et concordants, permettent d'établir, d'une part, que M. G a adopté, envers de jeunes agentes stagiaires, un comportement tactile à connotation sexuelle, réitéré à plusieurs reprises, caractérisé notamment par des contacts avec les épaules et les bras et un rapprochement physique dans des endroits exigus tel l'ascenseur. Ils permettent d'établir, d'autre part, que M. G a tenu des propos et adressé des messages électroniques répétés et insistants, à caractère privé voire sexuel. En outre, si M. G produit sept témoignages visant à contredire ces faits, d'une part, la seule circonstance qu'il se serait bien comporté avec d'autres femmes ne suffit pas à remettre en cause l'exactitude matérielle des agissements reprochés et, d'autre part, ces témoignages qualifient eux-mêmes l'intéressé et ses attitudes de " lourds " et comme " manquant de finesse " et de " subtilité ". Dans ces conditions, les faits de gestes et de propos répétés à connotation sexuelles imputés à M. G doivent être regardés comme matériellement établis et, fautifs, de nature à entraîner une sanction disciplinaire.
13. M. G soutient que, en tout état de cause, les faits reprochés ne sauraient lui être imputés en raison des troubles psychologiques dont il souffre. Toutefois si, il est vrai, les éléments qu'il produits, à savoir les témoignages de ses sœurs en date du 15 mars 2021, une attestation de son médecin traitant en date du 22 avril 2021 et un certificat de la maison départementale pour personnes handicapées établi au mois de février 2022, font état de troubles psychologiques anciens, ils ne sont pas de nature, à eux seuls, à établir qu'au moment des faits, son discernement aurait été altéré au point de l'empêcher de comprendre la nature de son comportement, ni les conséquences de celui-ci sur les agentes concernées. Par ailleurs, la circonstance que le GHU n'ait pas cherché, préalablement à l'engagement des poursuites disciplinaires ayant donné lieu aux sanctions litigieuses, à comprendre les raisons d'ordre psychologique qui pourraient être à l'origine du comportement de M. G, pour regrettable qu'elle soit, est, par elle-même, et dans les circonstances de l'espèce, sans incidence sur leur légalité. Enfin, M. G n'apporte pas les éléments suffisants de nature à établir que le suivi médical dont il bénéficie depuis l'adoption de ces sanctions serait suffisamment efficace et de nature à prémunir, dans l'intérêt du service, les patientes et ses collègues, en particulier les plus jeunes et plus vulnérables d'entre elles, des agissements qui en sont à l'origine. Il appartient au requérant, qui ne produit dans le cadre de la présente instance aucune pièce sur la teneur précise de son suivi médical et ses résultats thérapeutiques éventuels, s'il s'y croit fondé, d'apporter des éléments suffisamment précis en ce sens dans le cadre de l'exercice des voies de recours ouvertes à l'encontre du présent jugement.
En ce qui concerne la proportionnalité de la sanction de révocation du 26 mars 2021 :
14. M. G soutient que la révocation constitue une sanction disproportionnée par rapport aux faits qui lui sont reprochés. Toutefois, en adoptant, à de nombreuses reprises, des propos, gestes et attitudes à connotation sexuelle à l'encontre de nombreuses femmes en situation de vulnérabilité, soit par leur jeune âge, soit par leur situation professionnelle au sein du GHU, et instaurant à leur encontre une situation pesante et oppressante, M. G a commis des fautes graves, lesquelles s'ajoutent, en outre, à celle qui avait motivé la décision d'exclusion temporaire de fonctions pendant trente jours du 16 janvier 2020 devenue définitive, qui sont de nature à fonder en droit sa révocation du GHU. Dans ces conditions, la révocation n'apparaît pas disproportionnée.
15. Il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 26 mars 2021 par laquelle le GHU l'a révoqué de ses fonctions.
En ce qui concerne la sanction d'exclusion temporaire de fonctions du 29 juin 2021 :
16. Dès lors, ainsi qu'il vient d'être dit, que la décision du 26 mars 2021 par laquelle le GHU a révoqué M. G de ses fonctions n'est entachée d'aucune illégalité, l'intéressé doit être regardé comme ayant été révoqué de ses fonctions à compter du 26 mars 2021. Dans ces conditions, et dès lors que M. G doit être regardé comme radié des cadres du GHU à compter du 26 mars 2021, il n'y a plus lieu à statuer sur la sanction prise le 29 juin 2021.
17. En tout état de cause, il découle du principe général du droit selon lequel une personne ne peut être sanctionnée deux fois à raison des mêmes faits que, notamment, lorsqu'une juridiction a pris une première décision définitive à l'égard d'une personne faisant devant elle l'objet de poursuites à raison de certains faits, la même juridiction devant laquelle seraient engagées de nouvelles poursuites contre cette personne à raison des mêmes faits ne peut lui infliger une sanction, cette règle s'appliquant que la juridiction ait, lors de la première procédure, infligé une sanction ou qu'elle ait décidé ne pas devoir entrer en voie de condamnation contre la personne poursuivie.
18. M. G fait valoir qu'il ne pouvait, en application de ce principe général du droit, être sanctionné à nouveau, le 29 juin, après que l'exécution de la sanction du 26 mars 2021 avait été suspendue par une ordonnance n° 2110078 du juge des référés du tribunal administratif de Paris en date du 15 juin 2021. Toutefois, ainsi qu'il vient d'être rappelé, l'exécution de la sanction de révocation a été suspendue par le juge en raison d'un doute sérieux quant à la proportionnalité de la sanction. Par suite, à compter de la date de l'ordonnance du juge, et jusqu'à ce que le juge se prononce au fond, cette décision n'a produit aucun effet juridique. A cet égard, l'administration a, pour tenir compte de la suspension prononcée, réintégré le requérant rétroactivement, puis a décidé, par l'arrêté querellé du 29 juin 2021, de prononcer son exclusion temporaire de fonctions pour une durée de vingt-quatre mois, assortie d'un sursis de quatre mois, soit une sanction moins sévère que la sanction de révocation suspendue. Il est constant que cette sanction était, dès lors, au jour de son prononcé, la seule susceptible de produire effet, alors qu'au demeurant, ainsi qu'il a été dit au point 17, une telle mesure n'aurait matériellement pas été possible si la sanction de révocation avait porté effet. Par suite, alors qu'il est également constant qu'une décision intervenue pour assurer l'exécution d'une mesure de suspension prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative revêt, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation présenté parallèlement à la demande en référé, le GHU ne peut être regardé comme ayant méconnu le principe général du droit exposé au point précédent. Le moyen doit, dès lors, être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de diligenter une expertise, d'une part, qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête enregistrée sous le n°2118440 et qu'il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, d'autre part, que la requête de M. G enregistrée sous le n°2110077 doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dont elle est assortie et, enfin, qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du GHU présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 29 juin 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Les conclusions du GHU présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E G et au groupe hospitalo-universitaire Paris psychiatrie et neurosciences.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
M. Huin-Morales, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2023.
Le rapporteur,
B. I
Le président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2118440/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026