jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2110288 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | NOMBRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 mai 2021 et 10 février 2023, M. C B, représenté par Me Nombret, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 15 mars 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile, dans un délai de trois jours à compter du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, " même s'il ne devait pas présenter d'attestation de demandeur d'asile " ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Nombret au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, à lui verser directement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas bénéficié de l'entretien de vulnérabilité prévu à l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lors de l'acceptation des conditions matérielles d'accueil au mois d'avril 2019 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 et de la décision du Conseil d'Etat n° 428530 du 31 juillet 2019 dans la mesure où il ne s'est pas présenté à une convocation en raison d'une mauvaise orientation par un travailleur social et il justifie de sa vulnérabilité ;
- il a droit au rétablissement des conditions matérielles d'accueil entre les mois de janvier et juillet 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens dirigés contre la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil sont inopérants ;
- le requérant s'est abstenu de faire renouveler son attestation de demande d'asile entre le 25 octobre 2019 et le 14 décembre 2020 ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- la demande d'asile du requérant ayant été définitivement rejetée le 8 juillet 2022, il ne peut, en tout état de cause, plus prétendre au rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;
- l'ordonnance n° 2110287 du 1er juin 2021 du juge des référés du tribunal.
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Privet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen né le 10 mai 2000, a présenté une demande de protection internationale en France le 4 avril 2019. Sa demande a été initialement enregistrée en procédure dite " Dublin ". Par deux décisions des 30 septembre 2019 et 4 septembre 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (l'OFII) a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en raison de sa non-présentation aux convocations des autorités chargées de l'asile. A la suite de l'enregistrement, le 14 décembre 2020, de sa demande d'asile en procédure dite " normale ", en vue de son examen par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, M. B a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 15 mars 2021, l'OFII a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 15 mars 2021 :
3. Par sa décision n° 428530, 428564 du 31 juillet 2019, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a jugé que les dispositions des articles L. 744-7 et L.744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui créaient, dans leur rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, des cas de refus et de retrait de plein droit des conditions matérielles d'accueil sans appréciation des circonstances particulières et excluaient, en cas de retrait, toute possibilité de rétablissement de ces conditions, étaient incompatibles avec les objectifs de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale. Il a, par suite, annulé les dispositions réglementaires prises pour leur application. Ainsi, le Conseil d'Etat a, par la même décision, précisé que cette incompatibilité des dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018, avec les objectifs de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, implique notamment que les demandeurs d'asile ayant été privés du bénéfice des conditions matérielles d'accueil en vertu d'une décision, prise après le 1er janvier 2019, y mettant fin dans un cas mentionné à l'article L. 744-7 du code puissent demander le rétablissement de ce bénéfice. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de statuer sur une telle demande de rétablissement en appréciant la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
4. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les textes dont elle fait application ainsi que l'arrêt précité du 31 juillet 2019. Elle précise en outre les éléments relatifs à la situation de M. B dont il a été tenu compte pour refuser le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, la décision attaquée, qui énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, si M. B soutient qu'il n'a pas bénéficié de l'entretien de vulnérabilité qui était alors prévu à l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lors de l'acceptation des conditions matérielles d'accueil, il produit, en tout état de cause, la fiche d'évaluation de sa vulnérabilité qui a été établie à la suite de sa demande du 3 avril 2019. En outre, il ressort des pièces du dossier que la vulnérabilité du requérant a fait l'objet d'un nouvel examen par l'OFII le 25 février 2021. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence d'entretien de vulnérabilité ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
6. En dernier lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B ne s'est pas présenté à deux convocations les 20 et 27 août 2019 dans le cadre de la procédure Dublin dont il faisait l'objet puis à une convocation de l'OFII le 6 juillet 2020. Or en se bornant à indiquer qu'il lui a été conseillé par un bénévole de l'association qui l'accompagne de ne pas se rendre au dernier rendez-vous, le requérant ne fait état d'aucune raison valable expliquant le non-respect de ses obligations. D'autre part, si M. B soutient qu'il souffrait de problèmes dentaires et d'un syndrome anxieux à la date de la décision attaquée et qu'il ne disposait ni d'un hébergement ni de ressources propres, il ne produit aucune pièce suffisamment circonstanciée permettant de caractériser une situation de particulière vulnérabilité nécessitant le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'OFII a commis une erreur d'appréciation en refusant de rétablir ses conditions matérielles d'accueil.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais d'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Nombret.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Amat, présidente,
- Mme Armoët, première conseillère,
- Mme Guglielmetti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
N. AmatLa greffière,
C. Yahiaoui
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026