LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2110514

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2110514

vendredi 24 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2110514
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET FABIANI, LUC-THALER (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 mai 2021, 2 novembre 2021, 13 décembre 2021 et 12 janvier 2022, M. D, représenté en dernier lieu par la

SCP Fabiani, Luc-Thaler et Pinatel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande du 3 mars 2021 de modifier l'état signalétique de son père décédé, M. M'Bap B, en tant qu'il indique une date d'embarquement sur le navire Circassia fixée à tort au 1er novembre 1944 et non au 4 novembre 1944 ;

2°) d'enjoindre à la ministre de modifier sans délai cette date dans l'état signalétique de son père, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- il a intérêt à agir à l'encontre de cette décision ;

- M. M'Bap B a embarqué sur le navire britannique Circassia le 4 novembre 1944 et non le 1er novembre 1944 et a quitté Morlaix le 5 novembre suivant,

- cette erreur est volontaire et a eu des conséquences pécuniaires pour son père et ses ayants droit,

- il n'y a pas non-lieu à statuer sur les conclusions de sa requête dès lors qu'il est possible de modifier l'état signalétique en litige, ainsi que l'a déjà fait dans le passé l'administration, et que le caractère erroné de la date d'embarquement de son père à Morlaix a bien eu des conséquences pécuniaires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2022, la ministre des armées conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête de M. B et, à titre subsidiaire, à son rejet.

Elle soutient que :

- l'état signalétique de M. M'Bap B est effectivement entaché d'une erreur matérielle en tant qu'il retient une date d'embarquement à Morlaix le 1er novembre 1944,

- toutefois, ce document constituant à la fois une archive publique et un trésor national, au sens du code du patrimoine, il ne peut être modifié, quand bien même il contiendrait des informations erronées,

- par une lettre du 22 décembre 2021, elle a pour ce motif refusé de modifier l'état signalétique de M. M'Bap B mais a reconnu le caractère erroné de la date d'embarquement qui y est mentionnée. Cette lettre a été jointe à son dossier administratif,

- dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B,

- en toute hypothèse, cette erreur n'a entraîné aucun préjudice pour M. M'Bap B et ses ayants droit,

- à titre subsidiaire, la requête de M. B est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 431-8 du code de justice administrative.

Par un courrier en date du 20 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que le refus de la ministre des armées de modifier l'état signalétique de feu M'Bap B, en tant qu'il indique une date d'embarquement sur le navire Circassia fixée à tort au 1er novembre 1944 et non au 4 novembre 1944, n'est pas une décision faisant grief et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

Des réponses à ce moyen d'ordre public ont été présentées pour M. B par

la SCP Fabiani, Luc-Thaler et Pinatel les 26 janvier et 28 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique,

- et les observations de Me Devuèze pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B est le fils de feu M. M'Bap B, né en 1913 à Diakhao (Sénégal). M. M'Bap B a incorporé le 6ème régiment d'artillerie coloniale (RAC) en 1933 comme appelé pour une durée de trois ans. Il a rejoint de nouveau le 6ème RAC le 3 septembre 1939 conformément à l'ordre de mobilisation générale. Il a servi en France au cours de la Seconde Guerre mondiale, a été fait prisonnier de guerre et a été retenu captif au Frontstalag de Rennes jusqu'à la Libération. Embarqué à Morlaix avec plusieurs centaines d'autres tirailleurs sénégalais, il a débarqué à Dakar le 21 novembre 1944. Il a alors été maintenu au camp de Thiaroye, près de Dakar, lequel accueillait ces tirailleurs dans l'attente de leur démobilisation. Il est constant qu'il est décédé le 1er décembre 1944 au camp de Thiaroye, victime de tirs de l'armée française dans le cadre d'une opération plus vaste de répression ayant fait un total de

35 morts selon les rapports officiels de l'époque.

2. Par un courrier du 3 mars 2021, réceptionné le 5 mars suivant, M. A B a demandé à la ministre des armées de modifier l'état signalétique de son père en tant qu'il indique à tort qu'il a embarqué à Morlaix sur le navire Circassia le 1er novembre 1944 et non le 4 novembre 1944. Cette demande a été implicitement rejetée par la ministre du fait du silence gardé sur elle. Par la présente requête, M. A B en demande l'annulation.

Sur le cadre du litige :

3. Quand le silence gardé par l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet, celle-ci peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Toutefois, si une décision explicite de rejet intervient postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, elle se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.

4. En l'espèce, la ministre des armées a expressément refusé le 22 décembre 2021 de procéder à la modification de l'état signalétique de M. M'Bap B en tant qu'il mentionne son embarquement à Morlaix le 1er novembre 1944, au motif de l'impossibilité de modifier l'état signalétique en litige compte tenu de sa nature d'archive publique et de trésor national au sens du code du patrimoine. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A B doivent être regardées comme dirigées contre cette décision expresse de refus en date du 22 décembre 2021.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense aux conclusions de M. B :

5. Ainsi qu'il a été dit, la demande de M. A B en date du 3 mars 2021 visait à ce que l'état signalétique de son père M. M'Bap B soit modifié afin que la date de son embarquement à Morlaix soit fixée par ce document au 4 novembre 1944 et non plus au 1er novembre 1944. Toutefois, par sa décision susmentionnée du 22 décembre 2021, la ministre des armées a refusé de modifier l'état signalétique de M. M'Bap B et a en outre indiqué que " il ressort des travaux de recherche menés depuis de nombreuses années par les historiens que la date d'embarquement des tirailleurs sénégalais à Morlaix sur le navire Circassia est bien le 1er novembre 1944. ".

6. Dans ces conditions, l'administration ne peut être regardée comme ayant fait droit à la demande de M. B à la date du présent jugement, si bien que l'exception de non-lieu à statuer qu'elle oppose à ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte doit être rejetée.

Sur la recevabilité de la requête :

7. Un état signalétique et des services établi par l'autorité militaire ne constitue pas une décision faisant grief. S'il est vrai que le refus du ministre en charge des armées de faire suite à une demande de modification de la durée des services militaires accomplis telle qu'indiquée dans cet état présente le caractère d'une décision administrative individuelle relative à la situation de l'intéressé et lui fait grief dès lors qu'un tel refus a une incidence sur les droits pécuniaires du requérant, tout en se détachant des opérations afférentes à leur liquidation, tel n'est pas le cas en revanche du refus ministériel litigieux de modifier la date d'embarquement à Morlaix de M. M'Bap B indiquée dans son état signalétique. En effet, ledit refus n'a en lui-même aucune incidence sur les droits à traitements, primes et pensions de M. M'Bap B, non plus au demeurant que sur tout autre droit ou obligation qu'il aurait tenu de son statut de militaire, et il ne fait donc pas grief à ses ayants droit.

8. Dans ces conditions et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le ministre et tirée de la méconnaissance par le requérant des dispositions de l'article R. 431-8 du code de justice administrative, la requête de M. A B est irrecevable et doit, pour ce motif, être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 10 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Marino, président,

M. Le Broussois, premier conseiller,

M. Thulard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2024.

Le rapporteur,

V. C

Le président,

Y. Marino Le greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/6-1

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions