vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2110561 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | VIOLETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 mai 2021 et le 17 décembre 2021, l'association Ethics for Animals, représentée par Me Le Foyer de Costil, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la société d'actions et de promotion vétérinaires (SAPV) a rejeté sa demande de communication de documents extraits du fichier " Identification de la faune sauvage protégée " ;
2°) d'enjoindre à ladite société de lui communiquer les éléments demandés selon le mode de communication choisi par elle et, le cas échéant, de facturer cette communication en conformité avec l'article R. 311-11 du code des relations entre le public et l'administration ;
3°) de mettre à la charge de la société SAPV une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le refus de communication contesté méconnaît l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que les documents sollicités sont communicables en application de ces dispositions ;
- aucune des informations sollicitées n'est protégée par le secret dû à la vie privée ou le secret des affaires ;
- les mémoires en défense de la société SAPV sont irrecevables.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 novembre 2021, le 13 décembre 2021 et le 10 janvier 2022, la société d'actions et de promotion vétérinaires (SAPV), représentée par Me Violette, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors, d'une part, que le président de l'association requérante ne justifie pas de son habilitation à agir en justice au nom de celle-ci et, d'autre part, que l'intérêt à agir de la requérante n'est pas démontré en l'absence de production de ses statuts ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 14 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 14 janvier 2022.
Un mémoire, enregistré le 21 mars 2022, a été présenté pour l'association Ethics for Animals.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coutié pour la société SAPV.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Ethics for Animals a sollicité de la société d'actions et de promotion vétérinaires (SAPV), gestionnaire du fichier national d'identification de la faune sauvage protégée (IFAP), la communication de diverses informations contenues dans ce fichier par courriel du 21 janvier 2021. Le même jour, elle a saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) du refus de communication opposé à cette demande par la société SAPV. La CADA a rendu son avis le 25 mars 2021. Le 28 avril 2021, les services du ministère chargé de l'écologie ont communiqué à l'association requérante certaines des informations sollicitées. Par la présente requête, l'association Ethics for Animals demande au tribunal d'annuler la décision implicite née, en application des articles R. 343-4 et R. 343-5 du code des relations entre le public et l'administration, du silence gardé par la société SAPV pendant plus de deux mois à compter de l'enregistrement de sa saisine de la CADA, confirmant le refus de communiquer les informations précitées.
Sur la recevabilité des mémoires en défense de la société SAPV :
2. La société SAPV, société par actions simplifiée, est valablement représentée par son président en exercice en application de l'article L. 227-6 du code de commerce. L'association requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que ses mémoires en défense seraient irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation et à fin de communication :
3. En l'absence, dans les statuts d'une association, de stipulation réservant expressément à un autre organe la capacité de décider de former une action devant le juge administratif, celle-ci est régulièrement engagée par l'organe tenant des mêmes statuts le pouvoir de représenter en justice cette association. Dans le silence desdits statuts sur ce point, l'action ne peut être régulièrement engagée que par l'assemblée générale.
4. En l'espèce, aucune stipulation des statuts de l'association Ethics for Animals ne confie expressément à un organe le pouvoir de décider d'introduire une action en justice non plus que le pouvoir de représenter l'association en justice. Il en résulte que la présente action ne pouvait être régulièrement engagée que par son assemblée générale. Si l'association requérante fait valoir que son président a été autorisé à agir et à représenter l'association en justice en vertu d'un pouvoir consenti par les membres du conseil d'administration le 5 janvier 2020, elle ne justifie pas, par la production de ce pouvoir, qui n'émane pas de l'assemblée générale de l'association et alors que ses statuts ne confient à son conseil d'administration, dont la composition n'est au demeurant pas précisée, que le pouvoir de prononcer la radiation d'un membre pour non-paiement de la cotisation ou pour motif grave, de sa qualité pour agir dans la présente instance. La fin de non-recevoir opposée par la société SAPV et tirée du défaut de justification de cette qualité doit, par suite, être accueillie.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société SAPV, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par l'association Ethics for Animals au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En outre, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par la société SAPV.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Ethics for Animals est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société SAPV au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Ethics for Animals et à la société d'actions et de promotion vétérinaires.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marino, président,
M. Le Broussois, premier conseiller,
M. Lautard-Mattioli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
Le rapporteur,
N. A
Le président,
Y. Marino
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2110561/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026