jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2110563 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | DAIMALLAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 mai 2021, 6 décembre 2021 et 21 juillet 2022, M. E B, représenté par Me Daimallah, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :
1°) d'annuler la décision du 25 mars 2021 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a refusé sa nomination en qualité de stagiaire dans le corps des directeurs de la protection judiciaire de la jeunesse ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de le nommer en qualité de directeur de la protection judiciaire de la jeunesse stagiaire et de l'intégrer à l'école nationale de la protection judiciaire de la jeunesse, ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure substantiel, en ce qu'elle méconnaît le principe du contradictoire, n'a pas été précédée de la mise en œuvre de la procédure contradictoire prévue aux articles L. 121-1 à L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et qu'il n'a pas été mis à même d'obtenir la communication de son dossier personnel ;
- est illégale en raison de l'illégalité de la révocation du 11 janvier 2021 ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un courrier du 12 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des demandes nouvelles présentées sur le fondement de la légalité interne dans le mémoire du 6 décembre 20021, dès lors que dans sa requête enregistrée le 18 mai 2021, le requérant n'a invoqué que des moyens par lesquels il contestait la légalité externe de la décision litigieuse.
M. B a présenté des observations le 17 octobre 2022 en réponse à ce moyen soulevé d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- l'arrêté du 9 juillet 2008 fixant l'organisation en sous-directions de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public,
- et les observations de Me Daimallah, représentant M. B.
Une note en délibéré a été enregistrée le 21 octobre 2022 pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B a été admis au concours interne de directeur des services de la protection judiciaire de la jeunesse par un arrêté du 18 janvier 2021. Toutefois, par une décision du 25 mars 2021, la sous-directrice des ressources humaines et des relations sociales de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse a refusé sa nomination en qualité de stagiaire dans le corps des directeurs de la protection judiciaire de la jeunesse. M. B sollicite l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme C D, sous-directrice des ressources humaines et des relations sociales à la direction de la protection judiciaire de la jeunesse au ministère de la justice, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature au nom du ministre de la justice, en application des dispositions de l'article 1er du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement et de l'arrêté du 28 septembre 2018, régulièrement publié, renouvelant Mme C D dans son emploi pour une période de deux ans à compter du 1er novembre 2018. Contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte des dispositions de l'arrêté du 9 juillet 2008 fixant l'organisation en sous-directions de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse que la sous-direction des ressources humaines et des relations sociales de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse était compétente pour assurer la gestion des carrières et les opérations de recrutement et d'affectation des agents. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ".
4. Si l'article 5 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur, retient comme critère d'appréciation des conditions générales requises pour l'accès à la fonction publique, le fait, le cas échéant, que les mentions portées au bulletin n° 2 du casier judiciaire du candidat ne sont pas incompatibles avec l'exercice des fonctions, ces dispositions ne font pas obstacle à ce que l'autorité compétente pour procéder à la nomination des candidats admis à un concours apprécie, dans l'intérêt du service, compte tenu de la nature des fonctions auxquelles ils postulent et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les intéressés présentent les garanties requises. La décision qui, à l'issue de cette vérification, refuse la nomination d'un candidat reçu à un concours, qui résulte de la candidature de l'intéressé, ne peut être regardée comme étant au nombre des décisions individuelles que mentionne l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Elle n'est pas davantage au nombre des décisions soumises à une obligation de motivation en application de l'article L. 211-2 du même code ni, par suite, au nombre des mesures individuelles qui ne peuvent légalement intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de faire valoir ses observations et n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les autres lois et les règlements, lesquelles ne prévoient pas non plus de telles obligations. Il en résulte que M. B ne peut utilement soutenir que la décision attaquée serait illégale faute d'avoir été précédée de la mise en œuvre d'une procédure contradictoire. Au demeurant, contrairement à ce que soutient M. B, la décision litigieuse comprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle indique notamment que le service des ressources humaines a été informé de la révocation de M. B du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, par arrêté du directeur général de la police nationale du 11 janvier 2021, et que les griefs ayant motivé sa révocation, qui ne pouvaient être ignorés de M. B, constituent des manquements incompatibles avec l'exercice des missions de protection judiciaire de la jeunesse. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, la requête introductive d'instance présentée par M. B ne contenait que des moyens relatifs à la légalité externe de la décision attaquée. S'il a présenté des observations sous un sous-titre " De la légalité interne ", ces observations se bornaient à indiquer que la décision n'étant motivée ni en droit, ni en fait, le fond ne pouvait faire l'objet d'aucun contrôle par le juge administratif. Cette mention ne saurait être regardée comme un moyen de légalité interne. Dans son mémoire complémentaire, enregistré le 6 décembre 2021, M. B a soulevé des moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'illégalité de la décision de révocation du 11 janvier 2021. Toutefois, ces moyens, relatifs à la légalité interne de la décision attaquée et énoncés dans un mémoire enregistré après l'expiration du délai du recours contentieux, sont irrecevables.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
R. A
La présidente,
F. Versol La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026