lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2110738 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET RACINE |
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la décision 2013/255/PESC du Conseil de l'Union Européenne du 31 mai 2013 concernant les mesures restrictives à l'encontre de la Syrie ;
- la décision d'exécution PESC du Conseil du 25 septembre 2017 mettant en œuvre la décision 2013/255/PESC du Conseil de l'Union Européenne du 31 mai 2013 concernant les mesures restrictives à l'encontre de la Syrie ;
- le code monétaire et financier ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 janvier 2021, pris sur le fondement des articles L. 562-3 et suivants du code monétaire et financier, le ministre de l'économie, des finances et de la relance a renouvelé le gel des avoirs possédés, détenus ou contrôlés par M. C B pour une durée de six mois et a interdit pour la même durée que des fonds soient mis de manière directe ou indirecte à sa disposition. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 562-3 du code monétaire et financier : " Le ministre chargé de l'économie peut décider, pour une durée de six mois, renouvelable, le gel des fonds et ressources économiques : / 1° Qui appartiennent à, sont possédés, détenus ou contrôlés par des personnes physiques ou morales, ou toute autre entité qui commettent, tentent de commettre, facilitent ou financent des actions sanctionnées ou prohibées par les résolutions adoptées dans le cadre du chapitre VII de la charte des Nations unies ou les actes pris en application de l'article 29 du traité sur l'Union européenne ou de l'article 75 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, y participent ou qui sont désignées sur le fondement de ces résolutions ou ces actes ; / 2° Qui appartiennent à, sont possédés, détenus ou contrôlés par des personnes morales ou toute autre entité elles-mêmes détenues ou contrôlées par les personnes mentionnées au 1° ou agissant sciemment pour le compte ou sur instructions de celles-ci. ".
Sur le moyen tiré de l'insuffisance de motivation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. L'arrêté attaqué vise les articles L. 562-3 et suivants du code monétaire et financier, sur le fondement desquels a été prise la mesure de gel des avoirs, ainsi que la résolution 1540 (2004) du Conseil de sécurité des Nations unies et la décision d'exécution PESC du Conseil du 25 septembre 2017 mettant en œuvre la décision PESC 2013/255/PESC dûment modifiée concernant des mesures restrictives à l'encontre de la Syrie, adoptée sur le fondement de l'article 29 du traité sur l'Union européenne. L'arrêté précise par ailleurs, ainsi qu'il ressort de sa version intégrale communiquée à l'intéressé, que le Centre d'Etudes et de Recherche syriens (CERS), figure sur la liste de l'annexe I de la décision d'exécution PESC du Conseil du 25 septembre 2017 comme faisant l'objet de mesures de gel des fonds et ressources économiques en raison de son " soutien à l'armée syrienne pour l'acquisition de matériel utilisé directement pour la surveillance et la répression des manifestants. Opérant dans le secteur de la prolifération des armes chimiques, il s'agit de l'entité publique chargée du développement et de la production [d'armes] non-conventionnelles, y compris d'armes chimiques, ainsi que de vecteurs balistiques ". La décision indique que M. B est associé de la société Electronic B Trading, qui est devenue depuis plusieurs années, avec ses sociétés affiliées, l'un des principaux réseaux d'entreprises fournisseuses du CERS en précurseurs d'armes chimiques, et que M. B " agit consciemment pour le compte et sur instructions du CERS en fournissant des biens entrant dans la fabrication d'armes de destruction massive ". Elle précise qu'au printemps 2016, la société Electronic B Trading a acheté à des fournisseurs chinois de l'hexamine et de l'isopropanol en vue de les livrer au centre de recherches syrien qui les utilise dans la synthèse de toxiques de guerre. Elle relève que malgré le gel de ses avoirs, le groupe dont fait partie la société Electronic B Trading a poursuivi ses activités en créant ses sociétés-écrans visant à poursuivre ces activités en contournant les mesures et mis progressivement en œuvre une stratégie de dissimulation d'acquisition de biens auprès de fournisseurs étrangers, notamment européens. Ainsi, l'arrêté litigieux, qui comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé.
Sur le moyen tiré de l'erreur de fait :
5. Aucune disposition législative, ni aucun principe ne s'oppose à ce que les faits relatés par les " notes blanches " versées au débat contradictoire et qui ne sont pas sérieusement contestés, soient susceptibles d'être pris en considération par le juge administratif.
6. La note blanche versée au débat contradictoire indique que M. B, ressortissant syrien, a co-fondé avec ses frères la société Electronic B Trading (EKT), officiellement spécialisée dans la vente et la revente de biens électroniques grand public, et que cette société et les sociétés qui lui sont affiliées " sont devenues depuis plusieurs années l'un des principaux réseaux d'entreprises fournisseuses du Centre d'études et de recherches scientifique syrien (CERS) en biens entrant dans la fabrication d'armes de destruction massive ", le CERS ayant fait l'objet de mesures de gel et d'interdiction de mise à disposition de fonds depuis 2011 par le conseil de l'Union européenne. Elle ajoute qu'au printemps 2016, la société EKT a acheté à des fournisseurs chinois, par le biais d'une société affiliée, des produits chimiques interdits à la vente, fourniture, transfert ou export vers la Syrie par le règlement (UE) n°36/2012, tels que l'hexamine et l'isopropanol. Elle précise que M. B, cofondateur et associé de la société EKT, est en contact permanent avec ses frères ainsi qu'avec des directeurs du CERS, qu'il agit consciemment pour le compte de ou sur instruction du CERS, qu'en tant que cadre de l'organisation, il a un niveau d'information correspondant à ses responsabilités, et qu'il contrevient par là-même à la règlementation applicable en matière de sanctions et soutient l'effort de guerre syrien. Elle indique enfin que le groupe EKT a poursuivi ses activités commerciales au bénéfice du CERS malgré les mesures de gel prononcées à son encontre depuis janvier 2018, en créant plusieurs sociétés écrans agissant comme faux consignataires, dont l'une permet au groupe EKT d'effectuer des paiements en dollars, et en mettant en œuvre une stratégie de dissimulation d'acquisition des biens auprès de fournisseurs étrangers, notamment européens.
7. Pour contester les faits figurant dans cette note blanche, M. B se borne à soutenir que l'arrêté attaqué ne fait pas mention de faits, de dates, de précisions matérielles, ni de documents établissant qu'il aurait, depuis la première mesure de gel de ses avoirs, prononcée le 18 janvier 2018, fourni à une entité de l'Etat syrien des biens entrant dans la fabrication d'armes de destruction massive, et qu'il a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse. Toutefois, il ne produit aucun élément permettant de contester les informations contenues dans cette note blanche, en particulier concernant son rôle au sein de la société EKT, ses contacts avec des directeurs du CERS et avec la société ESG, identifiée comme le point de contact du groupe EKT-ESG avec le CERS, qui a continué, depuis juillet 2018, à entretenir des relations commerciales avec le CERS, ainsi que concernant la mise en place, depuis janvier 2019, de sociétés écrans, dont l'une permet à la société EKT d'effectuer des paiement en dollars, en violation des sanctions prononcées par les Etats-Unis. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
Sur le moyen tiré de l'erreur d'appréciation :
8. En dernier lieu, eu égard aux faits lui étant reprochés mentionnés aux points 6 et 7 du présent jugement, et dont l'inexactitude matérielle n'est pas établie, M. B n'est pas fondé à soutenir que le ministre de l'économie, des finances et de la relance, en estimant qu'il devait être regardé comme commettant, tentant de commettre, facilitant ou finançant des actions sanctionnées par la décision PESC du 25 septembre 2017 mettant en œuvre la décision 2013/255/PESC, en mettant à disposition des fonds et ressources économiques au bénéfice du CERS, et en agissant pour son compte ou sur ses instructions, et en prononçant, pour ce motif, le gel de ses avoirs pour une durée de six mois, en application des articles L. 562-3 et suivants du code monétaire et financier, aurait commis une erreur d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2023.
La rapporteure,
F. A
La présidente,
M-O. LE ROUX La greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026