jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2110757 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARENTS, TRENNEC (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 mai 2021 et 13 mars 2023, M. B C, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2021 en tant que, par cette décision, le ministre de l'intérieur ne lui a pas accordé l'indemnité de résidence à l'étranger, le supplément familial, l'indemnité de changement de résidence à l'étranger ni la bonification concernant ses droits à la retraite pendant sa période de mise à disposition de l'agence européenne Frontex, ensemble la décision de refus implicite du recours hiérarchique formé contre l'arrêté du 18 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'adopter un nouvel arrêté de mutation prévoyant le versement de l'indemnité de résidence à l'étranger, le supplément familial, l'indemnité de changement de résidence et la bonification de l'annuité de retraite tous les cinq ans, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée :
- méconnaît les dispositions de l'article 5 du décret n°67-290 du 28 mars 1967 fixant les modalités de calcul des émoluments des personnels de l'Etat et des établissements publics de l'Etat à caractère administratif en service à l'étranger ;
- méconnaît les dispositions de l'article 8 du décret du 28 mars 1967, dès lors qu'il pouvait prétendre aux majorations familiales ;
- méconnaît les dispositions de l'article 20 du décret n°86-416 du 12 mars 1986 fixant les conditions et modalités de prise en charge par l'Etat des frais de voyage et de changement de résidence à l'étranger ou entre la France et l'étranger des agents civils de l'Etat et des établissements publics de l'Etat à caractère administratif ;
- est entaché d'erreur de droit en l'absence de maintien de la bonification d'une annuité de retraite attribuée aux fonctionnaires de police tous les cinq ans de services effectifs ;
- méconnaît le principe d'égalité entre les agents publics, dès lors que les gendarmes mis à disposition de Frontex perçoivent l'indemnité de résidence à l'étranger.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) 2019/1896 du 13 novembre 2019 relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes,
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée,
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984,
- le décret n°67-290 du 28 mars 1967 fixant les modalités de calcul des émoluments des personnels de l'Etat et des établissements publics de l'Etat à caractère administratif en service à l'étranger,
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions,
- le décret n°86-416 du 12 mars 1986 fixant les conditions et modalités de prise en charge par l'Etat des frais de voyage et de changement de résidence à l'étranger ou entre la France et l'étranger des agents civils de l'Etat et des établissements publics de l'Etat à caractère administratif,
- la décision 30/20 du 11 octobre 2020 du conseil d'administration de l'agence Frontex,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, capitaine de police, a été mis à disposition auprès de l'agence européenne Frontex, par arrêté du 18 janvier 2021, en qualité d'expert pour occuper les fonctions de "'border guard officer'" pour une période initiale de deux ans, à compter du 1er janvier 2021 jusqu'au 31 décembre 2022. Le 25 février 2021, M. C a déposé un recours administratif reçu le 8 mars 2021 tendant à l'annulation de cet arrêté en tant qu'il ne prévoit pas l'attribution de l'indemnité de résidence à l'étranger, le supplément familial, l'indemnité de changement de résidence à l'étranger, ni la bonification d'une annuité de retraite attribuée aux fonctionnaires de police tous les cinq ans de services effectifs pendant sa période de mise à disposition. En l'absence de réponse de l'administration, une décision implicite de rejet est née le 8 mai 2021. Par la présente requête, M. C sollicite l'annulation de ces décisions.
2. En vertu des dispositions combinées de l'article 41 de la loi du 11 janvier 1984 et de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 susvisées, applicables au litige, un fonctionnaire placé en situation de mise à disposition est réputé occuper son emploi et continue à percevoir la rémunération correspondante comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 7 du décret du 16 septembre 1985 : " II. -Sans préjudice d'un éventuel complément de rémunération dûment justifié, le fonctionnaire mis à disposition peut être indemnisé par le ou les organismes d'accueil des frais et sujétions auxquels il s'expose dans l'exercice de ses fonctions suivant les règles en vigueur dans ces organismes. () ". Aux termes de l'article 5 du décret n°67-290 du 28 mars 1967 fixant les modalités de calcul des émoluments des personnels de l'Etat et des établissements publics de l'Etat à caractère administratif en service à l'étranger : " L'attribution de l'indemnité de résidence à l'étranger est destinée à compenser forfaitairement les charges liées aux fonctions exercées, aux conditions d'exercice de ces fonctions et aux conditions locales d'existence. Un arrêté conjoint du ministère des affaires étrangères et du ministre chargé du budget fixe, pour chaque pays et par groupe, les montants annuels de l'indemnité de résidence à l'étranger. " Aux termes de l'article 20 du décret n°86-416 du 12 mars 1986 fixant les conditions et modalités de prise en charge par l'Etat des frais de voyage et de changement de résidence à l'étranger ou entre la France et l'étranger des agents civils de l'Etat et des établissements publics de l'Etat à caractère administratif : " L'agent changeant de résidence et régi, dans son affectation de départ et/ou de destination, par les dispositions du décret du 28 mars 1967 susvisé ou du décret n° 2002-22 du 4 janvier 2002 modifié relatif à la situation administrative et financière des personnels des établissements d'enseignement français à l'étranger a droit, s'il n'est pas recruté sur place ou résident au sens des dispositions de ces décrets, à la prise en charge : - du voyage entre son ancienne et sa nouvelle résidence pour lui-même et ses ayants droit, sous réserve de leur installation effective dans la nouvelle résidence, dans les conditions prévues au titre VI du présent décret ; - des autres frais qui en résultent pour lui-même et ses ayants droit dans les conditions prévues aux articles 24 et suivants du présent titre. ". Aux termes du 2 de l'article 56 du règlement (UE) 2019/1896 du 13 novembre 2019 relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes : " Les coûts exposés par le personnel déployé en vertu du présent article sont payés conformément aux règles adoptées en vertu de l'article 95, paragraphe 6. "
4. Il résulte de l'article 10 de la décision 30/20 du 11 octobre 2020 du conseil d'administration de l'agence Frontex que les frais de transport, les frais de voyage entre l'Etat membre d'origine et le lieu de déploiement, et les autres frais pertinents liés au déploiement des agents sont pris en charge par cette agence. En outre, cette agence verse, au début de chaque déploiement, une indemnité de déplacements privés d'un montant de 900 euros. L'agence Frontex verse également une indemnité de séjour. Les sommes perçues à ce titre ne peuvent se cumuler avec l'indemnité de résidence à l'étranger et l'indemnité de changement de résidence prévues par les dispositions précitées des décrets du 28 mars 1967 et du 12 mars 1986.
5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du 18 janvier 2021 a placé M. C en position de mise à disposition, à temps plein, à titre gratuit, auprès de l'agence européenne Frontex, sise à Varsovie (Pologne), en qualité d'expert, pour occuper les fonctions de " border guard officer " du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2022. M. C soutient que l'administration aurait dû lui verser l'indemnité de résidence à l'étranger et l'indemnité de changement de résidence. Toutefois, M. C, qui ne produit d'ailleurs pas ses bulletins de paie, n'allègue pas ne pas avoir perçu, de la part de l'agence Frontex, les indemnités mentionnées au point 4, ni qu'elles seraient, le cas échéant, insuffisantes. Il en résulte que M. C n'est pas fondé à soutenir que le ministre de l'intérieur aurait dû lui verser les indemnités litigieuses.
6. En deuxième lieu, si M. C produit un télégramme de juin 2022 du général de corps d'armée commandant la gendarmerie outre-mer et par ordre, indiquant que les conditions financières des gendarmes placés à disposition de l'agence Frontex inclueraient une indemnité de résidence à l'étranger, cette seule pièce, dont l'objet n'est pas de fixer la rémunération des gendarmes placés dans la même situation que M. C mais constitue un simple appel à candidature, ne permet pas d'établir que le principe d'égalité entre agents publics aurait été rompu.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 du décret n°67-290 du 28 mars 1967 fixant les modalités de calcul des émoluments des personnels de l'Etat et des établissements publics de l'Etat à caractère administratif en service à l'étranger : " L'agent qui a au moins un enfant à charge peut prétendre aux majorations familiales qui lui sont attribuées en lieu et place des avantages familiaux accordés aux personnels en service en métropole et qui tiennent compte en outre des frais de scolarité des établissements français d'enseignement primaire et secondaire de référence au sein du pays ou de la zone d'affectation des agents. () Les majorations familiales sont attribuées, quel que soit le lieu de résidence des enfants, déduction faite des avantages de même nature dont peut bénéficier l'agent, son conjoint ou son partenaire auquel il est lié par un pacte civil de solidarité au titre des mêmes enfants et qui sont dus au titre de la législation ou de la réglementation française ou de tout accord communautaire ou international. ".
8. M. C soutient qu'il assume la charge de ses deux enfants et qu'il peut, par suite, prétendre aux majorations familiales prévues par ces dispositions. Toutefois, il n'établit cette situation par aucune des pièces produites à l'appui de ses écritures. Par suite, il n'établit pas qu'il pouvait bénéficier des majorations familiales prévues à l'article 8 du décret du 28 mars 1967 précité.
9. En quatrième lieu, M. C, qui se borne à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne mentionne pas le maintien de la bonification d'une annuité de retraite tous les cinq ans de services effectifs, n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
Le rapporteur,
R. A
La présidente,
F. Versol La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2110757/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026