jeudi 5 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2110982 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | PINTO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 mai 2021 et 6 avril 2022, Mme B C, représentée par Me Pinto, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2021 par lequel le président de l'université Sorbonne Nouvelle a prononcé sa mise à la retraite d'office à compter du 1er septembre 2021 pour cause de limite d'âge, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 18 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre au président de l'université Sorbonne Nouvelle de réexaminer sa demande de prolongation d'activité et d'ordonner sa réintégration dans son poste à compter du 1er septembre 2021, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'université Sorbonne Nouvelle le versement à son conseil, Me Pinto, une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- cet arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2021, le président de l'université Sorbonne Nouvelle conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 4 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public ;
- le décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 pris pour l'application de l'article 1-3 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public ;
- le décret n° 2011-2103 du 30 décembre 2011 portant relèvement des bornes d'âge de la retraite des fonctionnaires, des militaires et des ouvriers de l'Etat ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A
- les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public,
- et les observations de Me Pinto, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, agente contractuelle de catégorie C en contrat à durée indéterminée au sein du département Langue étrangères appliquées (LEA) de l'université Sorbonne Nouvelle, a fait l'objet d'une décision du 19 février 2021 par laquelle le président de l'université Sorbonne Nouvelle a prononcé sa mise à la retraite d'office à compter du 1er septembre 2021 pour cause de limite d'âge. Mme C demande l'annulation de cette décision, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 18 mars 2021.
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ".
3. Aux termes de l'article 6-1 de la loi du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public, alors en vigueur : " I.- Sous réserve des exceptions légalement prévues par des dispositions spéciales, la limite d'âge des agents contractuels employés par les administrations de l'État () est fixée à soixante-sept ans. / II.- La limite d'âge mentionnée au I est, le cas échéant, reculée conformément aux dispositions de l'article 4 de la loi du 18 août 1936 concernant les mises à la retraite par ancienneté, sans préjudice des règles applicables en matière de recrutement, de renouvellement et de fin de contrat. / III.- Après application, le cas échéant, du II du présent article, les agents contractuels dont la durée d'assurance tous régimes est inférieure à celle définie à l'article 5 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites peuvent sur leur demande, sous réserve de l'intérêt du service et de leur aptitude physique et sans préjudice des règles applicables en matière de recrutement et de fin de contrat, être maintenus en activité. / Cette prolongation d'activité ne peut avoir pour effet de maintenir l'agent concerné en activité au-delà de la durée d'assurance définie au même article 5, ni au-delà d'une durée de dix trimestres. ". Et aux termes de l'article 2 du décret du 30 décembre 2009 pris pour l'application de l'article 1-3 de la loi du 13 septembre 1984 : " La prolongation d'activité régie par le présent décret peut être accordée lorsque le fonctionnaire atteint la limite d'âge statutaire, après application, le cas échéant : () / 2° Du régime de prolongation d'activité des agents ayant une carrière incomplète régi par l'article 1er-1 de la loi du 13 septembre 1984 susvisée. () ".
4. Eu égard à sa portée, la décision par laquelle l'autorité administrative refuse de faire droit à une demande de maintien en activité présentée sur le fondement de l'article 1-1 de la loi du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public doit être regardée comme un refus d'autorisation, au sens des dispositions du 7° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et, par suite, être motivée en application de ce code.
5. Il ressort des pièces du dossier que le président de l'université Sorbonne Nouvelle, après avoir admis la prolongation d'activité de Mme C jusqu'au 31 août 2021, s'est borné dans l'arrêté attaqué à prévoir son admission à la retraite à compter du 1er septembre 2021, alors que la requérante souhaitait bénéficier d'une prolongation d'activité de dix trimestres pour carrière incomplète, ainsi qu'il ressort d'un courriel du 7 décembre 2020 adressé à la direction des ressources humaines de l'université. En l'espèce, l'arrêté attaqué n'apporte aucun élément de fait permettant à Mme C de comprendre les raisons de ce refus, alors que les dispositions précitées de l'article 6-1 de la loi du 13 septembre 1984 prévoient expressément une dérogation à la mise à la retraite pour limite d'âge en cas de carrière incomplète d'un agent contractuel. Il s'ensuit que l'arrêté du 19 février 2021 est insuffisamment motivé et ne peut être regardé comme ayant été pris à l'issue d'un examen complet de la situation personnelle de Mme C.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 19 février 2021 par lequel le président de l'université Sorbonne Nouvelle a prononcé sa mise à la retraite d'office à compter du 1er septembre 2021 pour cause de limite d'âge ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 18 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, il y a uniquement lieu d'enjoindre au président de l'université Sorbonne Nouvelle de réexaminer la demande de prolongation d'activité au-delà de la limite d'âge présentée par Mme C, dans un délai de deux mois à compter de la mise à disposition au greffe du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme C ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pinto renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'université Sorbonne Nouvelle une somme de 1 200 euros à verser à Me Pinto.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 19 février 2021 par lequel le président de l'université Sorbonne Nouvelle a prononcé la mise à la retraite d'office de Mme C à compter du 1er septembre 2021 pour cause de limite d'âge, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 18 mars 2021, sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au président de l'université Sorbonne Nouvelle de réexaminer la demande de prolongation d'activité au-delà de la limite d'âge présentée par Mme C, dans un délai de deux mois à compter de la mise à disposition au greffe du présent jugement.
Article 3 : L'université Sorbonne Nouvelle versera à Me Pinto, avocate de Mme C, une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Pinto renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au président de l'université Sorbonne Nouvelle et à Me Pinto.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2023.
Le rapporteur,
A. A
La présidente,
F. VersolLe greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026