mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2111209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CHELLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mai 2021, Mme A C, représentée par Me Chelly, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de police sur son recours gracieux formé le 11 mars 2021 contre la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour, ainsi que cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " entrepreneur / profession libérale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai, sous astreinte du même montant ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- la décision de rejet de son recours gracieux méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et, à supposer que le courrier du 19 février 2021 puisse constituer une décision expresse de rejet, celui-ci est dépourvu de signature ;
- elle est entachée d'une absence de motivation ;
- elle résulte d'une absence d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 313-36-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que, par un arrêté du 2 février 2022 qu'il y a lieu de substituer à la décision attaquée, il a refusé de délivrer à l'intéressée le titre de séjour demandé et l'a obligée à quitter le territoire français, et que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de Mme Merino, rapporteure,
- et les observations de Me Chellly représentant Mme C, présente à l'audience
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante tunisienne née le 12 août 1987, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour mention " entrepreneur / profession libérale " le 15 janvier 2020 et a déposé son dossier complet le 26 juin 2020. Par un courriel du 19 février 2021, l'intéressée a été informée que sa demande a été implicitement rejetée au motif qu'elle ne percevait pas de son activité des ressources équivalentes au SMIC correspondant à un emploi à temps plein. Le 11 mars 2021, Mme C a formé un recours gracieux qui a été implicitement rejeté par le préfet de police. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation de l'arrêté du 2 février 2022 du préfet de police en tant qu'il lui refuse expressément le renouvellement de ce titre, intervenu en cours d'instance, lequel s'est substitué à la décision implicite de rejet de sa demande ainsi qu'à la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ". La décision du 2 février 2022 mentionne le prénom, le nom et la qualité de son auteur. Le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait pas les mentions prévues par l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peut donc qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision du 2 février 2022 s'étant substituée à la décision implicite de rejet, le moyen tiré de l'absence de motivation de cette dernière décision est inopérant étant précisé au surplus que le préfet de police a communiqué par courriel à l'intéressée le 19 février 2021 les motifs qui la sous-tendent. Ce moyen ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de l'intéressée. Ce moyen doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui reprend les dispositions du 3° de l'article L. 313-10 de ce code : " L'étranger qui exerce une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur/ profession libérale " ". Enfin, aux termes du point 2-3 du point 3 de l'annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en renouvellement d'une carte de séjour mention " entrepreneur/profession libérale ", l'étranger doit produire tout justificatif des ressources tirées de l'activité au moins équivalente au SMIC à temps plein.
6. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de l'intéressée, le préfet de police a relevé que la viabilité économique de l'activité de Mme C n'était pas démontrée et qu'elle n'en tirait pas des moyens d'existence suffisants puisqu'au titre des revenus des années 2017 et 2018, elle avait déclaré avoir perçu 1 euro et que, par ailleurs, le compte de résultats de la SAS " Natyvis Cosmetics " affichait un chiffre d'affaires de 2 459 euros pour la période allant du 1er janvier 2020 au 31 mai 2020 et une perte de 18 228 euros sur la même période. En se bornant à produire ses relevés bancaires des mois de mars, avril et mai 2020, enregistrant deux virements successifs respectivement de 1 000 euros et de 500 euros, Mme C, qui n'a pas répliqué au mémoire en défense du préfet, n'apporte aucun élément suffisamment probant permettant de contredire l'appréciation ainsi portée par ce dernier sur la viabilité économique de son activité et le caractère suffisant des moyens d'existence qu'elle en tire. C'est, par suite, par une exacte application des dispositions précitées que le préfet de police a refusé de renouveler le titre de séjour de l'intéressée.
7. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure attaquée sur la situation personnelle de l'intéressée. Ce moyen doit également être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il rejette sa demande de renouvellement de titre. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Chelly et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perfettini, présidente,
Mme Merino première conseillère,
M. Guiader, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.
La rapporteure,
M. B
La présidente,
D. PERFETTINILa greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2111209/1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026