mardi 21 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2111247 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | NOMBRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mai 2021, M. A B, représenté par Me Nombret, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 29 mars 2021 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) par laquelle il refuse de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou à son bénéfice dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où aucun entretien de vulnérabilité n'a été mené ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 septembre 2021.
Par une ordonnance du 3 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 octobre 2022.
Un mémoire en défense présenté par l'Office français pour l'immigration et l'intégration a été enregistré le 5 février 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Dubois, rapporteur public, Considérant ce qui suit :
La demande d'asile de M. B, ressortissant afghan, né le 1er janvier 1993 à Nangarhar, a été enregistrée en 2019. Le 21 mai 2019, il a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposé par l'Office français pour l'immigration et l'intégration. Ce bénéfice a été suspendu, par une décision de l'OFII du 24 octobre 2019, au motif que l'intéressé ne s'est pas présenté aux autorités. Ultérieurement, M B a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil et a été convoqué à un entretien de vulnérabilité le 12 février 2021. Par une décision du 29 mars 2021, l'OFII a refusé sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, dont le requérant demande l'annulation par la présente requête.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris en date du 24 septembre 2021, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis provisoirement à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes l'article D. 744-38 du code d'entrée et de séjour des étrangers et des demandeurs d'asile alors en vigueur, dans sa rédaction issue de la loi n°2018- 778 du 10 septembre 2018 : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du 1° de l'article L. 744-8 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. () ".
4. En l'espèce, la décision attaquée précise que le requérant ne s'est pas présenté aux autorités au cours de la période pendant laquelle il était bénéficiaire des conditions matérielles d'accueil. Elle mentionne également le fait que les motifs invoqués par le requérant ne sont pas de nature à justifier le non-respect de son obligation de se présenter aux autorités. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et respecte l'obligation de motivation posée par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".
6. Ainsi que l'a jugé le Conseil d'État dans sa décision Association La Cimade du 31 juillet 2019, n°428530, les demandeurs d'asile faisant l'objet d'une décision de suspension des conditions matérielles d'accueil, fondée sur l'un des cas prévus à l'article L. 744-7 du code d'entrée et de séjour de étrangers et des demandeurs d'asile et prise après le 1er janvier 2019 ont la possibilité de demander le rétablissement de celles-ci. Dans une telle hypothèse, il appartient à l'OFII de statuer sur cette demande de rétablissement en appréciant la situation particulière du requérant, en prenant en compte notamment sa vulnérabilité, ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti en acceptant l'offre de prise en charge de l'OFII.
7. En l'espèce, le requérant fait valoir qu'il n'a pas bénéficié de l'entretien de vulnérabilité prévu par les dispositions précitées au moment de sa prise en charge par l'OFII en 2019. Toutefois, ce défaut d'entretien de vulnérabilité ne saurait être utilement invoqué à l'appui de la présente requête, celle-ci tendant à l'annulation de la décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil et non celle de leur suspension. En outre, il ressort des pièces du dossier que la vulnérabilité a été examinée à l'occasion de sa demande de rétablissement, comme l'atteste la fiche d'évaluation de vulnérabilité fournie par le requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'entretien de vulnérabilité, qui est inopérant, doit être rejeté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ". Lors d'une demande de rétablissement, il appartient à l'OFII de statuer en
appréciant la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
9. Pour suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur, l'OFII s'est fondé sur la circonstance que celui-ci n'a pas respecté ses obligations de se présenter aux autorités. En se bornant à soutenir, sans l'établir, qu'il a respecté les obligations de se présenter aux autorités sans s'y soustraire de manière intentionnelle et systématique, le requérant ne justifie pas ses absences, pourtant établies, ayant motivé la suspension de ses conditions matérielles d'accueil. Par suite, l'OFII a pu refuser le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil du requérant sans entacher sa décision d'une erreur de droit. Le moyen doit ainsi être écarté.
10. En dernier lieu, si M. B produit une ordonnance médicale, établie le
28 octobre 2021, ce document est postérieur à la décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil et l'OFII ne pouvait pas le prendre en compte à la date de la décision. En outre, les autres documents médicaux versés au dossier, notamment la prescription d'antidouleurs et d'une radiographie abdomino-pelvienne ne font pas apparaitre un état de vulnérabilité manifeste du requérant. Par suite, en refusant la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil du requérant, l'OFII n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B, y compris les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et à Me Nombret.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient : Mme Hermann Jager, présidente,
Mme Beuglemans-Lagane, première conseillère, Mme Renvoise, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.
La présidente rapporteure,
V. HERMANN JAGER
L'assesseure la plus ancienne,
N. BEUGELMANS-LAGANE
La greffière,
C. YAHIAOUI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026