mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2111251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et de mémoire, enregistrés les 27 et 28 mai 2021, M. D B, représenté, par Me Pierre, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du Directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 26 mars 2021 par laquelle il a suspendu le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au Directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou à son bénéfice dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où l'OFII n'a pas respecté le délai de quinze jours à compter de la notification d'intention de suspension des conditions matérielles d'accueil laissé au requérant pour présenter ses observations ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dans la mesure où il n'a jamais refusé d'orientation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'article L. 744-6 du code d'entrée et de séjour des étrangers et demandeurs d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 septembre 2021.
Par une ordonnance du 24 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
14 novembre 2022.
L'Office, qui a produit un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2022, conclut au rejet de la requête.
L'Office soutient, d'une part, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été rétabli pour l'intéressé, en exécution de l'ordonnance du juge des référés en date du
1er juin 2021, abrogeant implicitement, mais nécessairement la décision en litige, que les conditions matérielles d'accueil ont été rétablies et que l'intéressé a bénéficié d'un réexamen de sa vulnérabilité. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur ce point, ni sur les conclusions aux fins d'injonction. D'autre part, l'Office indique que la demande d'asile de ce dernier a été rejetée définitivement par la cour nationale du droit d'asile en avril 2022.
Par un mémoire enregistré le 9 décembre 2022, M. B conclut aux mêmes fins, et soutient que sa requête aux fins d'annulation de la décision en litige n'a pas perdu son objet eu égard à la circonstance que la décision de suspension qui lui avait été opposée a produit des effets et n'a pas été retirée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C A,
- les conclusions de M. Dubois, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur B, ressortissant de nationalité ivoirienne, né le
20 décembre 1977, a déposé une demande d'asile, enregistrée le 2 mars 2021, par les services de la préfecture, en procédure normale. Le 3 mars 2021, il a reçu et accepté une offre de prise en charge de la part de l'OFII lui proposant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ainsi qu'une orientation en région Auvergne Rhône Alpes. Par une décision du 26 mars 2021, après lui avoir notifié, par un courrier du 10 mars 2021, son intention de suspendre ses conditions matérielles d'accueil, le directeur de l'OFII a suspendu ses conditions matérielles d'accueil, dont l'intéressé demande l'annulation au tribunal.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris en date du 24 septembre 2021, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis provisoirement à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur l'exception de non-lieu opposée en défense :
3. S'il ressort des pièces du dossier, que postérieurement à l'enregistrement de la requête aux fins d'annulation, et après que le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision du 26 mars 2021, le directeur général de l'OFII a rétabli le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B, que l'intéressé a fait l'objet le 24 juin 2021 d'un réexamen de sa vulnérabilité et a pu bénéficier, eu égard à son état de santé, d'un hébergement, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requête serait devenue sans objet, la décision en litige n'ayant pas disparu de l'ordonnancement juridique. Par suite, il y a lieu d'y statuer et l'exception opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version en vigueur à la date de la décision en litige : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. () / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. (). ".
5. Il résulte des dispositions précitées que l'évaluation de la vulnérabilité vise notamment à identifier les personnes atteintes de maladies graves. Il ressort des pièces du dossier, notamment du certificat médical, produit par le requérant daté du 8 octobre 2020, que qu'il est atteint d'une une maladie chronique grave, rendant nécessaire un traitement médicamenteux et doit être suivi par un médecin spécialiste en hépato-gastro-entérologie. Ainsi, en ne prenant pas en compte l'état de santé du requérant et sa vulnérabilité, pourtant connue de l'Office, dans la décision de suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a entaché sa décision d'une erreur de droit. Le requérant est ainsi fondé à demander l'annulation de la décision du 26 mars 2021 lui suspendant le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil. Par suite, il y a lieu d'annuler la décision en litige.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation précitée mais également aux éléments relatifs à la demande d'asile présentée par l'intéressé, apportés par l'Office en défense et dont M. B a été destinataire, le présent jugement implique seulement de rétablir pour l'intéressé, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, à titre rétroactif, à compter du 26 mars 2021, date de la décision annulée, jusqu'au 30 juin 2021, dans un délai de vingt et un jours. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 septembre 2021. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Sous réserve de la renonciation de Me Pierre à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement d'une somme de 1000 euros.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision du 26 mars 2021 de l'OFII est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'OFII de verser, au bénéfice de M. B, à titre rétroactif le montant des conditions matérielles d'accueil entre le 26 mars 2021, date de la décision annulée, jusqu'au 30 juin 2021, dans un délai de vingt et un jours.
Article 4 : L'OFII versera la somme de 1 000 (mille) euros à Me Pierre, conseil du requérant, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative sous réserve que Me Pierre renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Pierre.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hermann Jager, présidente,
Mme Beuglemans-Lagane, première conseillère,
Mme Renvoise, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.
La présidente rapporteure,
V. HERMANN-JAGER
L'assesseure la plus ancienne,
N. BEUGELMANS-LAGANE Le greffier,
Y. FADEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/3-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026