mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2112005 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | PIEROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juin 2021, M. C A, représenté par Me Pierot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 3 avril 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté sa demande tendant au rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir ses conditions matérielles d'accueil, dans le délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée en méconnaissance des articles L. 744-8 et D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile et à son corollaire, le droit de bénéficier des conditions matérielles d'accueil ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par une décision du 13 août 2021, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Ménéménis, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant afghan né le 18 septembre 1996, a présenté une demande d'asile, enregistrée le 21 septembre 2018 au guichet unique des demandeurs d'asile, en procédure " Dublin ". Il a accepté le 24 septembre 2018 l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par un arrêté du 22 novembre 2018, le préfet de police a décidé son transfert aux autorités suédoises responsables de l'examen de sa demande d'asile. M. A a été déclaré en fuite le 25 juin 2019 et le délai de transfert prolongé jusqu'au 26 septembre 2020. Par une décision du 6 janvier 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a suspendu les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait, au motif qu'il ne s'était pas rendu aux entretiens personnels concernant sa procédure d'asile. A l'expiration du délai de transfert, la demande d'asile de M. A a été enregistrée le 25 janvier 2021 en procédure normale. M. A a demandé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil par un courriel du 3 février 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet, née le 3 avril 2021 du silence gardé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur sa demande.
Sur le cadre juridique applicable au litige :
2. M. A a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 24 septembre 2018. Sa situation relève donc des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur version issue de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile.
Sur la légalité externe de la décision contestée :
3. En premier lieu, le refus implicite opposé à la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. A est réputé avoir été pris par le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, auquel a été adressée la demande. Le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait été prise par une autorité incompétente ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, il ne ressort pas des dispositions des articles L. 744-8 et D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables au litige que la décision refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil doit être écrite. En outre, en vertu de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. M. A n'établit pas, ni même n'allègue avoir sollicité la communication des motifs de la décision implicite contestée. Par suite, le moyen du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
Sur la légalité interne de la décision contestée :
5. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ()/ Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ".
6. Les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
7. M. A fait valoir que sa demande d'asile a été enregistrée le 25 janvier 2021 en procédure normale, la France étant devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile. Cette seule circonstance n'est pas de nature à lui conférer un droit au rétablissement des conditions matérielles d'accueil. M. A ne conteste pas qu'il ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant sa procédure d'asile et ne fait état d'aucun motif pour justifier son absence. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. A était âgé de 24 ans à la date de la décision contestée, célibataire et sans charge de famille. Il a bénéficié le 24 septembre 2018 d'un entretien personnel, avec le concours d'un interprète en langue pachtou, pour l'évaluation de sa vulnérabilité par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'a identifié aucune situation particulière de vulnérabilité nécessitant des besoins particuliers en matière d'accueil. Si M. A soutient qu'il est sans ressources ni logement stable, et risque de se retrouver à la rue, il n'établit pas qu'il se trouvait à la date de la décision contestée dans une situation particulière de vulnérabilité. Dans ces conditions, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu légalement, sans porter atteinte à son droit d'asile ni commettre d'erreur d'appréciation, lui refuser le rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Giraudon, présidente,
- Mme Marcus, première conseillère,
- Mme Castéra, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
La rapporteure,
L. B
La présidente,
M.-C. GIRAUDONLe greffier,
Y. FADEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/3-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026