LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2112122

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2112122

vendredi 9 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2112122
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantJASLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juin 2021, M. A B, représenté par Me Jaslet, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;

3°) d'annuler la décision du 26 mai 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil ;

4°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir ses conditions matérielles d'accueil à compter de leur suspension, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre respectivement à la charge de l'Etat et de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut, à lui verser s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision refusant d'enregistrer sa demande d'asile est entachée d'incompétence ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'erreur de fait et sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux ;

- elle méconnaît l'article 9 du règlement (UE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003, dès lors que l'Etat responsable n'a pas été informé de la prolongation du délai de transfert ;

- elle méconnaît l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, dès lors qu'il ne s'est pas placé en fuite et qu'en conséquence, le délai de transfert ne pouvait être prolongé ;

- la décision mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle n'a pas été précédée de l'entretien de vulnérabilité prévu à l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la procédure contradictoire prévue à l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas été observée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a respecté l'ensemble des convocations qui lui ont été adressées par les autorités ;

- elle fait une inexacte application de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a respecté l'ensemble des convocations qui lui ont été adressées par les autorités ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2021, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 24 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 février 2023 à 12 heures.

Par un courrier du 24 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du préfet de police refusant d'enregistrer la demande d'asile de M. B en procédure normale, dès lors que cette demande a été enregistrée en procédure accélérée le 5 août 2021.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2023, non communiqué, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Riou ;

- et les conclusions de M. Thulard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant somalien né le 1er janvier 1991, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée en procédure " Dublin " le 20 août 2020 et a accepté, le lendemain, les conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées. Par un jugement n° 2021669 du 21 janvier 2021, le tribunal a rejeté le recours qu'il avait formé à l'encontre de l'arrêté du 8 décembre 2020 par lequel le préfet de police avait décidé son transfert aux autorités allemandes. Par une décision du 26 mai 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil. Parallèlement, il a été informé par un courriel du 4 juin 2021 que, placé en fuite, son délai de transfert avait été prolongé jusqu'au 14 mai 2022 et que, par voie de conséquence, il ne pouvait solliciter l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de la décision du 26 mai 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 octobre 2021. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur le refus d'enregistrement de demande d'asile en procédure normale :

3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police a délivré à M. B une attestation de demande d'asile en procédure accélérée valable du 5 août 2021 au 4 février 2022. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation de la décision refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 26 mai 2021 :

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. / Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. () ".

5. Il ressort des termes de la décision du 26 mai 2021 que, pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. B, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a considéré qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. Toutefois, ces faits ne sont pas corroborés par les mentions figurant sur les deux exemplaires de la convocation pour exécution de la mesure de transfert versés au débat, ni par aucune autre pièce du dossier, alors que l'intéressé soutient avoir respecté l'ensemble des convocations qui lui ont été adressées par la préfecture de police. En outre, d'une part, le requérant n'était pas tenu de se présenter à la convocation du 6 janvier 2021 alors qu'à cette date, son recours contre l'arrêté de transfert était toujours pendant et, d'autre part, il n'est pas établi que la convocation du 16 avril 2021 concernait l'exécution du transfert. Dans ces conditions, M. B n'ayant manqué qu'une seule convocation est fondé à soutenir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a fait une inexacte application de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 26 mai 2021.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

7. Le présent jugement implique que M. B soit rétabli dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de la date à laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration y a mis fin, soit le 26 mai 2021. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à l'Office d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Jaslet, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre respectivement à la charge de l'Etat et de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à Me Jaslet d'une somme totale de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire et les conclusions aux fins d'annulation de la décision refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : La décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 26 mai 2021 est annulée.

Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. B à compter du 26 mai 2021, dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat et l'Office français de l'immigration et de l'intégration verseront à Me Jaslet, avocat de M. B, une somme totale de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Jaslet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de police, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Jaslet.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Riou, présidente,

- Mme Kanté, première conseillère,

- M. Coz, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 juin 2023.

La présidente-rapporteure,

C. RiouL'assesseure la plus ancienne,

C. Kanté

La greffière,

A. Louart

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions