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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2112199

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2112199

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2112199
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre
Avocat requérantSELLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juin 2021, la société Dundar Family, représentée par Me Sellier, demande au tribunal:

1°) d'annuler la décision du 9 avril 2021 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes d'aide exceptionnelle pour les mois de janvier et février 2021 au titre du premier volet du fonds de solidarité institué pour aider les entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie du covid-19 ;

2°) d'enjoindre à l'administration de lui octroyer l'aide sollicitée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la procédure contradictoire n'a pas été respectée;

- elle remplissait l'ensemble des conditions fixées par les décrets n° 2021-129 du 8 février 2021 pour le mois de janvier 2021 et du décret n° 2021-256 du 9 mars 2021 pour le mois de février 2021 ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Par une ordonnance en date du 17 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;

- le décret n° 2021-129 du 8 février 2021 ;

- le décret n° 2021-256 du 9 mars 2021 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Evgénas,

- et les conclusions de M. Mazeau, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société Dundar Family demande au tribunal d'annuler les décisions du 9 et 14 avril 2021 par lesquelles le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes d'aide exceptionnelle pour les mois de janvier et février 2021 au titre du premier volet du fonds de solidarité institué pour aider les entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie du covid-19.

Sur la légalité externe :

2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ".

3. Si la société Dundar Family, soutient que les décision attaquées n'ont pas fait l'objet d'une procédure contradictoire préalable, les dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sont pas applicables au cas où il est statué, comme en l'espèce, sur une demande de l'intéressée. Dans ces conditions, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.

Sur la légalité interne

4. Il ressort des dispositions des articles 3-19 et 3-22 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié par les décrets n° 2021-129 du 8 février 2021 et n° 2021-256 du 9 mars 2021 que les entreprises n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours des mois de janvier et février 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : " 1° Leur activité principale a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2021 ;2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 janvier 2021 et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes :a) Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 10 février 2021 ;b) Ou elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 dans sa rédaction en vigueur au 10 février 2021 et elles remplissent au moins une des trois conditions suivantes :c) Ou elles n'exercent pas leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 ou à l'annexe 2 du présent décret dans leur rédaction en vigueur au 10 février 2021, et exercent leur activité principale dans le commerce de détail, à l'exception des automobiles et des motocycles, ou la location de biens immobiliers résidentiels, et sont domiciliées dans une commune, mentionnée à l'annexe 3, dans le ressort de laquelle l'activité économique est particulièrement touchée par l'application des dispositions de l'article 18 du décret du 29 octobre 2020 susvisé ;() ".

5. Pour refuser à la société Dundar Family l'aide sollicitée, l'administration a relevé que la société qui avait acquis en décembre 2019, un fonds de commerce de restauration et débuté son activité le 1er juillet 2020 date de son immatriculation au Registre du commerce ne démontrait pas qu'elle exerçait effectivement l'activité de restauration éligible, visée à l'annexe 1 de ce décret, dès lors qu'elle avait produit, pour justifier du montant du chiffre d'affaires réalisé sur la période de référence soit du 1er juillet 2020 au 31 octobre 2020, des factures faisant état de la location de ses locaux équipés.

6. Si la société requérante fait valoir qu'elle doit être regardée comme exerçant une activité de restauration, elle se borne à produire trois factures mentionnant la location de locaux équipés et indique elle-même avoir loué ses locaux de juin à août 2020 pour une activité de " dark kitchen ". Elle ne justifie pas davantage que son activité a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption en janvier et février 2021 dès lors qu'elle ne produit aucun élément de nature à justifier qu'elle aurait effectivement exercé elle-même une activité de restauration. Dans ces conditions, contrairement à ce qu'elle soutient, l'administration pouvait valablement lui refuser le bénéfice de l'aide sollicitée au motif qu'elle exerçait une activité de location de locaux équipés non éligible et non celle de restauration. Les moyens tirés d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation entachant les décisions attaquées doivent donc être écartés.

7. Il résulte de ce qui précède que la société Dundar Family ne peut pas prétendre à l'annulation des décisions attaquées. Sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris ses conclusions en injonction et celles tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante dans cette affaire.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Dundar Family est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Dundar Family et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris, pôle juridictionnel administratif

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

La présidente,

J. EVGENAS

L'assesseure la plus ancienne,

L. LAFORET

La greffière,

M.-C. POCHOT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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