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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2112252

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2112252

jeudi 15 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2112252
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantAVENEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés les 8 et 15 juin 2021, M. B E, représenté par Me Avenel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2020 par lequel la maire de Paris a délivré à M. D, représentant l'entreprise Hôtel Bac Saint-Germain, un permis de construire pour la restructuration de l'hôtel situé au 66, rue du Bac, dans le 7ème arrondissement de Paris ;

2°) de mettre à la charge de l'entreprise Hôtel Bac Saint-Germain, représentée par M. D, une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable et il a intérêt à agir ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et les avis des autorités compétentes sont irréguliers ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- il méconnaît les dispositions des articles US1 et US2 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris ;

- il méconnaît les dispositions du paragraphe 2 de l'article US. 2. 2 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris ;

- il méconnaît les dispositions de l'article US 7.1 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris ;

- il méconnaît les dispositions de l'article US 8 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris ;

- il méconnaît les dispositions de l'article US 10.4 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris ;

- il méconnaît les dispositions de l'article US 11 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mai 2022, M. D, représentant l'entreprise Hôtel Bac Saint-Germain, représenté par Me Cofflard, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet et, en tout état de cause, à la condamnation de M. E au paiement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- M. E n'a pas intérêt à agir contre l'arrêté attaqué ;

- les moyens ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 mai 2022, la maire de Paris conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet.

Elle soutient que :

- M. E n'a pas intérêt à agir contre l'arrêté attaqué ;

- les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code du patrimoine ;

- le règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de Mme Baratin, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 15 décembre 2020, la maire de Paris a accordé à la société Hôtel du Bac Saint-Germain, en la personne de son représentant, M. D, un permis de construire pour la restructuration d'un hôtel, situé au 66 rue du Bac dans le 7ème arrondissement de Paris, avec la création d'un ascenseur et création d'un escalier de secours desservant du R-1 au R+6, la modification des ouvertures A les façades intérieures d'ilot et la toiture du bâtiment du fond, l'aménagement intérieur du R-1 au R+2 avec mise aux normes pour personnes à mobilité réduite (PMR) l'affouillement de un mètre au R-1, la mise à niveau des planchers du rez-de-chaussée et la modification de la façade de l'hôtel. Par sa requête, M. E demande l'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2020.

A le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :

2. Par un arrêté du 2 novembre 2020, régulièrement publié au bulletin municipal officiel de la Ville de Paris du 10 novembre suivant, le chef de la circonscription Ouest de la direction de l'urbanisme, signataire de la décision attaquée, a reçu délégation à l'effet de signer notamment les décisions relatives aux permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

A le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire :

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative A la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et des visas de l'arrêté du 15 décembre 2020 que des pièces complémentaires ont été reçues par les services de la Ville de Paris durant l'instruction de la demande de permis de construire. Dès lors, la complétude du dossier s'appréciant à la date où l'autorité compétente a pris sa décision, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire n'était pas complet au moment de son dépôt initial est sans incidence A la légalité de la décision attaquée.

5. En deuxième lieu, s'agissant du formulaire cerfa, d'une part, si celui déposé le 10 septembre 2020 ne comporte pas la signature de l'architecte, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'ensemble des pièces jointes au dossier de demande de permis de construire mentionnant cet architecte et du formulaire cerfa initial complété le 2 mars 2020 comportant le cachet et la signature de l'architecte que le projet a bien été conduit avec le recours à un architecte. Par suite, cette omission n'est pas de nature à avoir faussé l'appréciation de l'autorité administrative. En outre, comme il vient d'être mentionné, il ressort des pièces du dossier que les dates de dépôt des formulaires cerfa sont connues.

6. D'autre part, la circonstance que la date de construction du bâtiment concerné par des démolitions partielles ne soit pas mentionnée dans le formulaire cerfa ne constitue pas non plus une omission de nature à avoir faussé l'appréciation de l'autorité administrative dès lors que les pièces du dossier, en particulier le document photographique PC7, permettaient de renseigner les services instructeurs A la date approximative de construction du bâtiment.

7. Enfin, aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " () La protection au titre des abords n'est pas applicable aux immeubles ou parties d'immeubles protégés au titre des monuments historiques ou situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable classé en application des articles L. 631-1 et L. 631-2. / () ". Le projet étant situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, contrairement à ce que soutient M. E, il n'était pas nécessaire que le pétitionnaire coche la case indiquant que le projet se situe dans les abords d'un monument historique. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que l'architecte des bâtiments de France a été consulté.

8. En troisième lieu, le projet comporte bien des plans de façade et de toiture figurant les modifications envisagées et leur lecture, complétée des autres pièces du dossier, permettait aux services instructeurs d'apprécier l'ensemble du projet. La circonstance que le dossier ne comporte pas de plan de repérage est à cet égard sans incidence dès lors que par sa modestie et à travers l'ensemble des pièces du dossier le projet était présenté de façon suffisamment exhaustive.

9. En quatrième lieu, d'une part, il n'est pas nécessaire de justifier de l'insertion d'une construction dans son environnement proche lorsqu'elle n'est pas visible depuis l'espace public. Par suite, la production de deux photographies figurant par photomontage la construction projetée suffit à apprécier la partie du projet située en cœur d'îlot. D'autre part, concernant la partie du projet située A la façade côté rue, la production de plans de façade figurant l'état initial et l'état projeté ainsi que les informations données par la notice descriptive ont permis aux services instructeurs, même en l'absence de photomontage, d'apprécier le projet avec suffisamment de précision. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que les perspectives d'insertion sont insuffisamment décrites dans le dossier de permis de construire.

10. En cinquième lieu, la pièce PC 10-1 apporte plusieurs précisions quant aux matériaux utilisés et la pièce PC 4, notice descriptive, apporte quant à elle également de nombreuses indications A les matériaux retenus ainsi que A les modalités d'exécution des travaux, notamment concernant la devanture du rez-de-chaussée. En outre, le formulaire ravalement apporte également des précisions A les procédés retenus. Ainsi, alors qu'au demeurant l'architecte des bâtiments de France a donné, par avis des 7 février et 6 octobre 2020, son accord au projet, assorti de prescriptions qu'il appartiendra à l'attributaire de respecter, les services instructeurs de la Ville de Paris disposaient d'éléments suffisants concernant les matériaux utilisés et les procédés de construction envisagés pour apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable.

11. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la pièce PC 27 " démolitions ", que les démolitions envisagées sont localisables avec précision et que les indications fournies par le dossier de demande de permis de construire ont permis aux services instructeurs de la Ville de Paris de se prononcer A ces démolitions.

12. En dernier lieu, comme il a été dit au point 10, l'architecte des bâtiments de France a donné son accord au projet, y compris s'agissant des démolitions partielles envisagées, qui étaient décrites avec suffisamment de précisions, comme il a été dit au point précédent. Dès lors, la circonstance que le dossier ne comporte pas de description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé, alors qu'au demeurant M. E ne précise pas en quoi les démolitions envisagées seraient susceptibles de lui porter atteinte, n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative A la conformité du projet à la réglementation applicable.

13. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux point 3 à 12 que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.

A le moyen tiré de l'irrégularité des consultations :

14. Si M. E soutient qu'ENEDIS, gestionnaire du réseau de distribution d'électricité, le service régional de l'archéologie et la mairie du 7ème arrondissement auraient dû être de nouveau consultés après le dépôt de pièces complémentaires postérieures à l'avis qu'ils ont rendu, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que les pièces complémentaires ainsi reçues par la Ville de Paris n'ont pas apporté au projet des modifications qui auraient été de nature à exercer une influence A le sens de l'avis émis par ENEDIS et le service régional de l'archéologie. D'autre part, ainsi que le fait valoir la Ville de Paris en défense, il ressort des visas de l'arrêté attaqué que la maire du 7ème arrondissement a de nouveau été saisie du projet en cause après la réception des pièces complémentaires et qu'elle n'a pas émis de nouvel avis à la suite de cette nouvelle consultation. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité des consultations doit être écarté.

A le moyen tiré de la méconnaissance des articles US 1 et US 2 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris :

15. M. E soutient que l'affouillement prévu n'est pas autorisé par les articles US 1 et US 2 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris et que seule l'exception prévue par l'article US 13 du même règlement pourrait permettre un tel affouillement mais que les conditions ne sont pas réunies en l'espèce. Toutefois, d'une part, l'article US 13, qui concerne les affouillements dans les espaces libres, ne trouve pas à s'appliquer au présent litige. D'autre part, si les articles US 1 et US 2 du règlement ne prévoient pas explicitement la possibilité de réaliser de tels affouillements, aucune disposition de ces articles ne l'interdit. Par suite, le moyen doit être écarté.

A le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 2 de l'article US. 2. 2 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris :

16. Aux termes de l'article US. 2.2 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris : " Les règles énoncées ci-après utilisent les définitions suivantes : - La surface de plancher des destinations liées à la fonction résidentielle, notée SPH,

est la surface de plancher globalement destinée à l'habitation et aux CINASPIC* ; / - La surface de plancher des destinations liées à l'activité économique, notée SPE, est la surface de plancher globalement destinée au commerce, à l'artisanat, aux bureaux, à l'hébergement hôtelier, à 'industrie et à la fonction d'entrepôt. / Les surfaces situées en sous-sol et en rez-de-chaussée ne sont pas prises en compte dans les surfaces de plancher susmentionnées. / () En outre, quand la SPH initiale est nulle et lorsque, A le terrain, la surface de plancher

totale après travaux dépasse la surface de plancher initiale, alors la SPE ne doit pas être

augmentée de plus de 10 %. / SPE2 = 1,1 x SPE1 / où SPE est la surface de plancher des destinations liées à l'activité économique définie ci-avant. / Dans les autres cas SPE2 = SPE1. () ".

17. En l'espèce, il ressort du formulaire cerfa que la surface de plancher à destination d'hébergement hôtelier, correspondant pour l'application des dispositions précitées à de la surface de plancher des destinations liées à l'activité économique, passe de 652 m2 à 704 m2, soit une augmentation inférieure à 10 %. Si M. E fait valoir que dans ces calculs, sont intégrées des surfaces de plancher correspondant au rez-de-chaussée et au sous-sol, qui ne devraient pas être comptabilisées pour le calcul de la surface de plancher à destination de l'activité économique, il ressort des pièces du dossier que ce sont à ces deux niveaux que les surfaces de plancher sont essentiellement créées et non aux niveaux R+1 et suivants, très peu concernés par les aménagements intérieurs. Elles n'entrent ainsi pas en compte pour le calcul de l'évolution des surfaces de plancher des destinations liées à l'activité économique. Dès lors, le projet n'est pas susceptible d'augmenter de plus de 10 % ces surfaces. Par suite, le moyen doit être écarté.

A le moyen tiré de la méconnaissance de l'article US 7.1 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris :

18. Aux termes de l'article US 7.1 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris : " Nonobstant les dispositions du présent article US.7 et de l'article US.10.3, l'implantation d'une construction en limite séparative peut être refusée si elle a pour effet de porter gravement atteinte aux conditions d'habitabilité d'un immeuble voisin ou à l'aspect du paysage urbain, et notamment à l'insertion de la construction dans le bâti environnant./ () ".

19. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la note d'un bureau d'étude technique produite par l'attributaire, qu'il n'est pas prévu que l'ascenseur prenne appui A le mur mitoyen appartenant à l'immeuble de M. E. En outre, celui-ci ne précise pas à quel étage son logement est situé ou la nature des pièces de son immeuble qui jouxteraient l'ascenseur projeté. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que des risques tels que ceux envisagés par les dispositions précitées existeraient et le moyen doit être écarté.

A le moyen tiré de la méconnaissance de l'article US 8 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris :

20. Aux termes de l'article US 8 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris : " Lorsque des façades ou parties de façade de constructions en vis-à-vis A un même Terrain comportent des Baies constituant l'éclairement premier de Pièces principales, elles doivent être édifiées de telle manière que la distance de l'une d'elles au point le plus proche de l'autre soit au moins égale à 6 mètres. / () ".

21. M. E soutient que la réalisation d'une coursive entre la façade nord-ouest du bâtiment A rue et la façade sud-est du bâtiment en fond de parcelle portera la distance entre les deux bâtiments à moins de 6 mètres. Toutefois, les dispositions de l'article US 8 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris précitées ne concernent que les façades en vis-à-vis de bâtiments distincts et non celles en vis-à-vis d'un même bâtiment. Or il ressort des pièces du dossier et notamment des plans de coupe annexés au dossier de demande de permis de construire que la construction projetée consistera en un seul bâtiment en deux parties se faisant face. Dès lors, les dispositions précitées ne s'appliquent pas au projet en litige. Par suite, le moyen doit être écarté.

A le moyen tiré de la méconnaissance de de l'article US 10.4 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris :

22. Aux termes de l'article US 10.4 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris : " Le Gabarit-enveloppe d'une construction ou partie de construction à édifier en vis-à-vis de la façade d'un bâtiment comportant des Baies constituant l'éclairement premier de pièces principales se compose successivement : / - d'une verticale de hauteur H égale au Prospect P mesuré entre les constructions en vis-à-vis augmenté de 4 mètres :/ H = P + 4,00 m / A les Terrains ou dans les Emprises maximales de Construction comportant une Hauteur maximale de façade A les documents graphiques, la verticale ne peut dépasser la cote de hauteur indiquée, mesurée à partir de la surface de nivellement de l'îlot. / - d'une oblique de pente 1/1 élevée au sommet de la verticale et limitée par une horizontale située à 4 mètres au-dessus du sommet de la verticale. Cette pente peut être adaptée afin que la construction s'intègre de façon satisfaisante dans le bâti avoisinant. / La façade ou partie de façade de la construction à édifier ne peut comporter de Baies constituant l'éclairement premier de pièces principales que si le Gabarit-enveloppe défini ci-dessus, appliqué au bâtiment en vis-à-vis, qu'il comporte ou non des baies, est respecté. / () ".

23. M. E soutient que les pièces du dossier de permis de construire ne permettent pas d'établir que les dispositions précitées sont respectées, sans apporter plus de précisions. Toutefois, en tout état de cause, les dispositions de l'article US 10.4 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris précitées ne concernent que les façades de bâtiments distincts. Or, comme il a été dit au point 21, la construction projetée consistera en un seul bâtiment en deux parties se faisant face. Dès lors, les dispositions précitées ne s'appliquent pas au projet en litige. Par suite, le moyen doit être écarté.

A le moyen tiré de la méconnaissance de l'article US 11 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris :

24. En premier lieu, aux termes du 2° de l'article US 11.1.6 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement de Paris : " L'installation d'un ascenseur dans un immeuble doit respecter l'architecture et les décors du bâtiment. Elle doit être réalisée à l'intérieur du bâtiment, sauf impossibilité technique. Elle ne doit pas dénaturer les escaliers principaux. / () ". Aux termes de l'article US 11.5.6 du même règlement : " Les ouvrages d'accès aux étages (gaine d'ascenseur, volées d'escalier et paliers d'accès) implantés à l'extérieur des bâtiments ne doivent pas porter atteinte à la composition architecturale de la façade et ne pas altérer les éléments de modénature existants tels que : chaînes d'angle, chaînages verticaux, piles ou pilastres, bandeaux, corniches et tout élément de décor agrémentant la façade ".

25. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'installation d'un ascenseur à l'intérieur du bâtiment aurait eu pour conséquence d'affecter grandement les structures intérieures d'un bâtiment protégé. Par suite, le pétitionnaire était fondé à chercher l'installation de l'ascenseur projeté à l'extérieur du bâtiment. D'autre part, les choix de matériaux et leur traitement sont volontairement contemporains et permettent à la fois la préservation de l'existant et son respect patrimonial en en permettant aisément la distinction avec les nouveaux éléments construits. Par suite, la branche du moyen doit être écartée.

26. En deuxième lieu, l'article US 11. 1 du même règlement précise les caractéristiques et éléments pouvant présenter un intérêt patrimonial dans les immeubles ou parties d'immeuble de type A et B, et dans quelle mesure ces éléments peuvent être modifiés et dispose que pour les immeubles de type B, comme celui concerné par le présent litige, il s'agit des " structures porteuses de l'immeuble : planchers, façades et murs de refend, charpentes, caves. / parties communes : distributions, escaliers, y compris les éléments d'architecture et de décoration tels que revêtements de sols, menuiseries de portes, fenêtres et volets, lambris, éléments de serrurerie, et autres éléments d'intérêt patrimonial appartenant à l'immeuble. / parties privatives : éléments d'architecture et de décor exceptionnels ". Cet article prévoit que " ces immeubles doivent être maintenus, restaurés ou améliorés, ainsi que l'ensemble des caractéristiques et éléments extérieurs et intérieurs d'intérêt patrimonial. / Les modifications suivantes sont admises : / - des modifications partielles du volume extérieur, si elles vont dans le sens d'une mise en valeur portant A les éventuelles stratifications historiques ou d'une restitution d'un état antérieur ou si elles permettent de mieux organiser la distribution intérieure de l'immeuble des modifications intérieures, en particulier si elles portent A l'adaptation des locaux afin d'intégrer les normes d'habitabilité (hygiène, isolation thermique et phonique), d'accessibilité et de sécurité, sans altérer les éléments d'intérêt patrimonial ; / () ". L'article US. 11.1.6 du même règlement prévoit que : " doivent être conservés et restaurés selon les techniques propres à leur réalisation et s'ils présentent un intérêt patrimonial : les structures des planchers () ; les murs de refend de structure () ; les caves, dans la mesure où elles présentent un intérêt architectural () ".

27. Si M. E soutient que la conformité du projet aux dispositions précitées ne peut être vérifiée, il ressort des pièces du dossier que ledit projet a fait l'objet d'un avis favorable de l'architecte des bâtiments de France. Au demeurant, les dispositions précitées prévoient expressément que des modifications peuvent être admises dans certaines conditions dont il n'est ni démontré ni allégué qu'elles ne sont pas réunies. Par suite, la branche du moyen doit être écartée.

28. En dernier lieu, si M. E soutient que le projet est contraire aux dispositions de l'article US 11 du même règlement, il ne précise ni les dispositions avec lesquelles le projet serait incompatible ni ce qui, dans la nature des ouvertures ou dans les caractéristiques des couronnements, créerait une non-conformité. Dès lors, cette branche du moyen n'étant pas assortie des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, elle doit être écartée ainsi que, par voie de conséquence, le moyen dans son ensemble.

29. Il résulte de toute ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée.

A les frais d'instance :

30. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D, en tant que représentant de la société Hôtel Bac Saint-Germain, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E le versement à M. D, en tant que représentant de la société Hôtel Bac Saint-Germain, d'une somme de 1 500 euros

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : M. E versera à M. D, représentant de la société Hôtel Bac Saint-Germain, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à la maire de Paris et à M. D, en tant que représentant de la Société Hôtel Bac Saint-Germain.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Viard, présidente,

M. Perrot, conseiller,

M. Palla, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.

Le rapporteur,

F. C

La présidente,

M-P. VIARDLa greffière,

L. THOMAS

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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